Le conflit entre membres de la famille Van Hool pourrait bien avoir la peau de l'entreprise
Menacée de faillite, Van Hool est entre les mains d'un gestionnaire de crise. Ce dernier menace la famille de mettre fin au plan de redressement si elle ne s'accorde pas sur un litige vieux de près de 50 ans.

- Publié le 20-03-2024 à 14h16
- Mis à jour le 20-03-2024 à 17h28

Dans la tourmente depuis ce début d'année, le constructeur belge Van Hool a annoncé une vague de licenciement au cours des quatre prochaines années. Aussi, le célèbre constructeur de bus pour transports publics, d'autocars ou encore de véhicules industriels est menacé de faillite. Si les réserves financières de Van Hool sont passées de 133 millions d'euros fin 2019 à 6 millions actuellement, ce bilan peu réjouissant n'est pas le seul caillou dans la chaussure de l'entreprise. Un litige lié à une question d'héritage familial pourrait avoir la peau de Van Hool, selon des sources contactées par De Tijd.
Une répartition inégale des actions
La source du litige familial est semblerait-il le décès en 1974 du fondateur de l'entreprise, Bernard Van Hool. À travers son héritage, ce dernier a réparti les actions de l'entreprise entre ses huit fils, mais a laissé ses deux filles à l'écart. Des années après, certaines branches de la famille ont été rachetées, et les deux filles ont intenté une action en justice pour obtenir une compensation. En 2008, les deux tiers des actions du constructeur d'autobus ont été déposés chez un notaire. Depuis lors, l'affaire n'a cessé de s'envenimer sans que la famille ne trouve une solution, et le fait que l'actionnariat soit si divisé n'a rien facilité.
Aujourd'hui, le destin de Van Hool est entre les mains d'un gestionnaire de crise, Marc Zwaaneveld. Ce dernier a posé un ultimatum à la famille qui refuse de s'entendre sur cette question d'héritage. Si ses membres ne parviennent pas à un accord à l'amiable d'ici lundi prochain, Marc Zwaaneveld menace de mettre fin au plan de redressement. L'entreprise risquera la faillite. Pour l'instant, les membres de la famille refusent d'accepter un règlement à l'amiable, risquant de perdre leur mainmise sur l'entreprise.
Une faillite imminente
"L'histoire familiale difficile et les conflits au sein de la famille Van Hool planent comme une ombre sur l'avenir de l'entreprise et de ses employés", déclare Christophe Van Audenhove à De Tijd, du syndicat libéral ACLVB (CGSLB). "Personne ne voudra sauver Van Hool de la faillite si un jugement menace d'obliger l'entreprise, et éventuellement le gouvernement, s'il y participe, à effectuer des paiements." Si aucun accord n'est trouvé, plusieurs sources proches du dossier affirment que la faillite est inévitable. À noter que le stock de liquidités de l'entreprise sera de toute façon épuisé à la fin du mois de mars.
Trois entreprises auraient montré de l'intérêt pour acquérir Van Hool, comme notamment l'entrepreneur flamand Guido Dumarey. Mais la menace de faillite qui pèse sur l'entreprise motive certainement tout acquéreur à patienter. En effet, si Van Hool déclare faillite, son acquéreur serait libéré de toute dette (400 millions d'euros) et ne devrait pas payer les dizaines de millions d'euros d'indemnités de licenciement qui touchera quelque 1 116 postes de travail sur un total de 2 494 emplois dans le projet de restructuration de l'entreprise. Contactée, l'entreprise Van Hool n'a pas donné suite à notre demande de réaction.
