Un laboratoire Neuralink, d'Elon Musk, accusé de manque de vigilance pour ses tests d'implants cérébraux
La FDA a publié un rapport soulevant des problèmes dans la gestion du laboratoire dans les tests sur animaux, un mois après le début des essais humains.
- Publié le 01-03-2024 à 19h29

Les inspecteurs de la Food and Drug Administration (FDA) se sont intéressés aux tests de la puce cérébrale d'Elon Musk Neuralink sur les animaux, notamment des singes. Dans un rapport, elle met en avant des problèmes dans la tenue des registres et les contrôles de qualité. Les inspecteurs ont identifié des lacunes en matière de contrôle de qualité dans le centre de recherche sur les animaux de l'entreprise en Californie. Pendant, ce temps, la puce cérébrale est testée sur au moins un patient humain, depuis plus d'un mois.
Des souffrances et décès inutiles ?
Déjà depuis 2022, des enquêteurs du ministère américain de l'agriculture (USDA) examinent d'éventuelles violations des règles de protection des animaux de Neuralink, à la suite de plaintes internes du personnel selon lesquelles les essais sur les animaux étaient effectués à la hâte, entraînant des souffrances et des décès inutiles. Un groupe de défense du bien-être des animaux, le Physicians Committee for Responsible Medicine (PCRM), a déposé une plainte officielle auprès de l'USDA et de la FDA au sujet de ces infractions présumées. En juillet, l'USDA a déclaré qu'elle n'avait constaté aucune violation de ses règles en matière de recherche sur les animaux. La FDA, quant à elle, s'est intéressée aux normes des laboratoires de Neuralink.
L'agence constate plusieurs problèmes dans un laboratoire californien. Elle pointe par exemple l'absence de registres d'étalonnage pour des instruments tels qu'un pH-mètre - appareil permettant la mesure du pH d'une solution - utilisé dans l'une des études. Pour une autre étude, sept instruments, dont un "moniteur de signes vitaux", ne présentaient aucune trace de vérification et d'ajustement de leur précision et de leur exactitude."Ces problèmes témoignent d'un manque d'attention aux détails", a déclaré Jerry L. Chapman, expert chez Redica Systems."Il s'agit certainement d'un signal indiquant que l'entreprise doit être vigilante quant à certaines pratiques", a-t-il ajouté.
Selon la base de données de l'agence, la FDA n'a pas délivré de désignation indiquant la gravité des problèmes constatés lors de l'inspection. Bien que les problèmes identifiés soient graves, ils ne semblent pas suffisamment importants pour justifier la prise de mesure de sanctions. Carly Pflaum, porte-parole de la FDA, a déclaré que Neuralink avait "fourni suffisamment d'informations pour justifier l'approbation" de sa demande d'essai sur l'homme.
"La FDA continuera à surveiller la sécurité des participants à l'étude sur l'implant Neuralink par le biais de rapports réguliers et obligatoires", a conclu M. Pflaum. Mais Ryan Merkley, directeur de la recherche au sein de l'association de protection des animaux PCRM, a déclaré que la FDA aurait dû inspecter Neuralink avant l'approbation de l'essai sur l'homme, compte tenu des inquiétudes qui pèsent sur l'implant cérébral.

