Temu et ses prix qui font rêver : l'enfer du décor
Temu est une entreprise chinoise d'achats en ligne. Vous l'avez très probablement vue passer dans vos pubs sponsorisées, c'est presque impossible de le manquer. Et ses prix alléchants ne passent pas inaperçus non plus. Voyons ce qui se cache derrière ces tarifs trop beaux pour être sans conséquences.
- Publié le 10-11-2023 à 20h44
- Mis à jour le 20-11-2023 à 16h32

"Shop like a billionaire", c'est son slogan. Eh oui, c'est vrai, au vu des prix incroyablement bas de la marchandise proposée, il est facile d'acheter énormément pour trois fois rien. Mais c'est trop beau pour être vrai. Voici les aléas de la consommation sur Temu.
Une expérience client désastreuse
Via le site original, plus de 700 plaintes ont été publiées. Sur Trustpilot (site web danois regroupant des avis à propos d'entreprises), on compte 36 % de vote à 1 étoile sur 5, parmi 9 682 avis. Ceci sans compter les opinions à travers les réseaux sociaux. Tapez "Temu" sur Instagram ou Tiktok, et vous verrez défiler sans relâche des vidéos d'acheteurs lésés. Et pour les vidéos positives, veillez à vérifier si ce ne sont pas des contenus sponsorisés.
Certains clients réclament leur colis, dont ils n'ont jamais vu la couleur. Pour d'autres, une partie de la commande est manquante. Et on ne compte plus les plaintes pour mauvaise qualité. Le service après-vente est réduit à un chat en ligne. De ce fait, beaucoup de clients déplorent ne jamais avoir pu être remboursés.
Les verdicts de Testachats
Les conclusions ne laissent pas planer de doute. "Notre analyse de 28 articles démontre la mauvaise qualité de ceux-ci ainsi qu'une sécurité menacée pour l'acheteur", pouvons-nous lire sur le site de Testachats. Car oui, de nombreux produits vendus sont interdits sur le marché européen, notamment des jouets non conformes aux règles de sécurité. Les produits cosmétiques sont aussi pointés du doigt : ils ont constaté au moins une non-conformité sur tous les articles testés.
"Le succès mondial de l'application chinoise d'e-commerce Temu s'explique notamment par sa forte présence sur les réseaux sociaux et par un marketing très agressif. Leurs campagnes publicitaires sont partout et la plateforme allie shopping et gaming". Une des techniques de vente passe par des jeux sur téléphone, étant en réalité une façade pour mener le client à l'achat en ligne.
Le gain réside en grande partie dans les données
Selon TF1, l'entreprise perd aux alentours de 30 euros par commande. D'un côté, réside le problème de concurrence. En Europe, la vente à perte est interdite dans certains pays, dont la Belgique. De l'autre, la question brûlante est : comment l'entreprise fait-elle du profit ? Eh bien, grâce à vous. Les données personnelles des acheteurs sont aspirées par la plateforme de vente, et revendues à des fins lucratives. Derrière la façade des jouets, cosmétiques et gadgets en tout genre, se cache un autre marché. Et la façon dont Temu procède laisse perplexe. Régulièrement, lorsque vous surfez sur le site, des questions apparaissent à l'écran. Les éviter, pas si tentant, car en échange de réponses, une réduction est offerte. C'est de cette façon qu'une grande partie des informations personnelles sont récoltées. "La collecte et l'utilisation des informations de localisation et des enregistrements de recherche peuvent être trouvées dans notre politique de confidentialité dans la section "Informations personnelles que nous collectons"", précise Temu.
Et l'éthique, dans tout ça ?
À l'instar de Shein et de nombreuses marques répertoriées sur "le mur de la honte", Temu a recours au trafic forcé pour construire ses produits, notamment celui des Ouïgours. La plateforme dément toutefois ces allégation qu'elle juge "sans fondement". "Nous attachons une grande importance aux accusations de recours au travail forcé. Nos normes et pratiques actuelles ne diffèrent pas de celles des grandes plateformes de commerce électronique américaines, telles qu'Amazon, eBay et Etsy", réagit Temu.
Environnementalement, ce n'est pas la peine de vous faire un dessin. Les produits sont en quasi-totalité envoyés depuis la Chine, donc rien que le voyage coûte gros à la planète. Alors, toujours envie de "shop like a billionnaire" ?

