Après deux saisons difficiles, les domaines skiables français sont dans les starting-blocks
Les acteurs du secteur espèrent un hiver "normal". Le protocole sanitaire s'élabore.

- Publié le 07-09-2021 à 18h38
- Mis à jour le 07-09-2021 à 18h51

"Alors, la grande nouveauté pour cet hiver, c'est un scoop, cela va être le ski, entame, avec le sourire, Jean-Marc Silva, directeur de France Montagnes, venu à Bruxelles ce mardi en compagnie des représentants d'une série de stations françaises. On va pouvoir skier… si tout va bien. On croise les doigts. On prépare un hiver normal. On est confiants."
L'évolution de la situation sanitaire est suivie de près et la campagne de vaccination invite à l'optimisme. Jean-Marc Silva, qui incite "tous les acteurs des stations à être vaccinés", ajoute aussitôt : "Nous nous préparons à vous accueillir dans les meilleures conditions possible. Lundi, nous avions une réunion avec tous les acteurs de la montagne : remontées mécaniques, maires, écoles de ski, hébergeurs, etc. pour proposer, en concertation avec l'État, un protocole sanitaire simple et impeccable pour permettre un parcours client facile et rassurant. Nous espérons avoir ce protocole le plus vite possible." Il est vrai que les premières stations rouvrent à la Toussaint…
Locomotive économique
Certes, les derniers étés ont été favorables (+5 % en 2020 et +7 % en 2021, +20 % même pour les Pyrénées avec la réouverture des spas et des thermes). Mais un hiver "normal", tout le secteur y aspire après avoir dû brutalement arrêter la saison d'hiver 2019-2020 mi-mars… avant les vacances de Pâques. "L'hiver dernier, nous étions prêts, malheureusement, nous n'avons pas pu ouvrir nos remontées mécaniques même si les stations étaient ouvertes", indique le responsable.
Avec un impact économique énorme, évidemment, car "le ski, c'est la locomotive économique de la montagne". "Si le chiffre d'affaires de la montagne française en hiver atteint normalement 10 milliards d'euros environ, le manque à gagner lors de l'hiver 2019-2020 s'est élevé à un milliard d'euros, explique Jean-Marc Silva. Certaines stations avaient déjà quasiment fini leur saison. Ce sont les grandes stations d'altitude, qui ouvrent jusqu'à début mai, qui ont eu le plus gros manque à gagner. Par contre, l'hiver dernier, sans le ski alpin, nous avons perdu 90 % du chiffre d'affaires –qui s'est établi à un milliard d'euros – et 70 % de la fréquentation."
Prix : "pas d'effet de rattrapage"
Certes, le gouvernement français a pris une série de mesures d'aide. "Il a élaboré un plan montagne pour aider les entreprises en supportant 70 % de leurs charges, précise le directeur de France Montagnes (qui promeut la montagne en France et à l'étranger toute l'année). Cela les a aidées à passer l'hiver catastrophique pour pouvoir rebondir cet hiver."
Les prix ne devraient cependant pas être à la hausse cette prochaine saison. "Il n'y aura pas d'effet de rattrapage sur le dos du client. Ce serait une erreur, assure le responsable. Nous sommes face à une concurrence européenne et internationale forte." Reste que les Belges profiteront de vacances "décalées" en fin d'année, avec une semaine de Nouvel An en dehors des vacances françaises.
En attendant, les stations sont prêtes. Avec des offres dans la foulée des nouvelles tendances, de glisse mais aussi de slow tourisme, de bien-être et de ressourcement en famille ou entre amis.
Enfin, "nous estimons qu'il va falloir trois ans à peu près pour revenir à la fréquentation d'avant la crise sanitaire", conclut Jean-Marc Silva.
