Nyxoah se lie à un centre de recherche américain de référence et lorgne déjà le Nasdaq
La "medtech" wallonne Nyxoah a conclu une licence exclusive avec la Vanderbilt University, une référence pour les traitements des apnées du sommeil.

- Publié le 02-02-2021 à 07h14
- Mis à jour le 02-02-2021 à 07h15

La société wallonne Nyxoah, introduite en Bourse de Bruxelles en septembre, commence l'année sur les chapeaux de roues. Elle doit annoncer ce mardi, juste avant l'ouverture des marchés, la conclusion d'un accord de licence exclusif avec la Vanderbilt University. Basée à Nashville (Tennessee), cette université est mondialement reconnue dans le domaine d'expertise de Nyxoah, à savoir le traitement des troubles respiratoires du sommeil. Plusieurs sociétés concurrentes de Nyxoah étaient sur le coup. "Comme petite société belge, nous sommes ravis d'avoir pu convaincre l'équipe dirigée par le Dr David T.Kent de collaborer avec Nyxoah", se félicite Olivier Taelman, CEO de Nyxoah, dont le siège social se trouve à Mont-Saint-Guibert.
L'accord concerne la prochaine génération des technologies de neurostimulation pour traiter l'apnée obstructive du sommeil (AOS). "Cela va nous ouvrir de nouveaux horizons dans le domaine des technologies de neurostimulation, en améliorant et en élargissant les solutions de traitement actuelles pour les patients atteints de AOS, et renforcera le futur pipeline de Nyxoah", explique Olivier Taelman.
Jusqu'ici, Nyxoah a développé un dispositif médical novateur, le Genio, qui stimule le nerf hypoglosse. Les résultats cliniques ont démontré son efficacité. Il s'agit d'un implant miniature placé sous le menton du patient, moyennant une petite incision, qui permet, grâce à la neurostimulation, de maintenir les voies respiratoires supérieures ouvertes pendant le sommeil. L'équipe de chercheurs de la Vanderbilt University a développé, de son côté, une technologie de stimulation du nerf "ansa cervicalis". Et là aussi, les premiers tests sont très encourageants.
Un scénario de double cotation
Pour bénéficier de cette licence exclusive, Nyxoah payera à Vanderbilt une redevance initiale ainsi que des paiements basés sur les étapes de développement et de commercialisation. Nyxoah payera aussi des royalties sur les futures ventes de produits. Olivier Taelman ne veut pas chiffrer le montant de l'investissement. "Mais nous avons les moyens nécessaires pour financer ce projet et accélérer la R&D de nouveaux dispositifs", assure-t-il, rappelant que, lors de l'IPO sur Euronext Brussels, Nyxoah a récolté 85 millions d'euros au lieu des 60 millions espérés initialement. "Ces moyens doivent nous mener jusqu'au lancement de la commercialisation aux États-Unis, qui est prévue pour mi-2023".
À propos de cotation boursière, il avait été dit que Nyxoah attendrait d'avoir les résultats des études cliniques menées aux États-Unis avant d'envisager une cotation sur le Nasdaq, à New York. Les choses pourraient toutefois s'accélérer, si on croit Olivier Taelman. "Aujourd'hui, on est déjà en train de voir si, compte tenu des conditions de marché, ce ne serait pas le bon moment de le faire. Je ne dis pas que ça va se faire, mais on explore en tout cas les opportunités". Un scénario pourrait être d'avoir une double cotation de Nyxoah, au Nasdaq et sur Euronext à Bruxelles, comme c'est le cas notamment d'Argenx.
