Nethys : un sauvetage de l'assureur Integrale semble de plus en plus incertain
Suite au retrait d'Ageas, il reste trois offres mais aucune ne suscite une forte adhésion.

- Publié le 20-12-2020 à 14h50

Les nouvelles ne sont pas bonnes pour l'assureur Integrale, détenu à 71 % par Nethys. Selon nos informations, le désistement d'Ageas (maison-mère d'AG Insurance), a été acté lors du conseil d'administration de ce lundi. Du côté d'Ageas, on ne confirme pas ce retrait mais on nous dit "rester disponible pour trouver une solution pour les clients d'Integrale". Ce qui fait qu'il reste trois candidats : le fonds anglo-saxon River Rock, Athora (ex-Generali) et Monument Re, mais aucune d'eux ne rencontre une forte adhésion ni de la part du régulateur (la Banque nationale) ni de la part de l'actionnaire majoritaire ni du management. "La situation est de plus en plus mauvaise. Il règne une ambiance très pessimiste", nous lâche une source proche du dossier.
Le retrait d'Ageas intervient alors que l'assureur liégeois doit tenir ce mardi une assemblée générale convoquée pour des raisons légales. En effet, une AG doit être convoquée dans un délai de deux mois quand une société anonyme affiche une perte d'au moins la moitié de son capital ; et cela afin de décider une dissolution de la compagnie ou une poursuite des activités sur base du plan de redressement présenté par le conseil d'administration.
Deux hypothèses
On sait que le conseil d'administration a laissé la porte ouverte aux deux hypothèses. D'où la question : que va décider ce mardi l'actionnaire majoritaire ? Nous n'avons pas obtenu de réaction chez Nethys. Mais il n'est pas impossible que le groupe attende le 15 décembre date à laquelle les offres finales doivent être déposées.
Pourrait-on imaginer qu'un candidat repreneur se manifeste encore ces prochains jours ?
Rien n'est moins sûr. En effet, le retrait d'Ageas laisse penser qu'une reprise d'une compagnie axée sur des produits de branche 21 est loin d'attirer les repreneurs vu le contexte de taux d'intérêt proches de zéro. Ce qui toutefois n'exclut pas qu'Ageas manifeste un intérêt pour certains actifs si un processus de démantèlement est lancé. Tout comme d'ailleurs peut-être Ethias.
En attendant, il paraît clair que les récentes fuites sur l'assurance groupe de Stéphane Moreau, l'ex-patron de Nethys, auprès d'Integrale ont terni encore un peu plus l'image de l'assureur liégeois.
Risque de blanchiment
Le Soir et le Vif révélaient en effet la semaine dernière que le 22 mai 2018, soit deux jours avant l'entrée en vigueur du décret gouvernance qui limite les rémunérations des dirigeants d'institutions publiques en Wallonie, Integrale apprenait que l'état civil de M. Moreau avait changé. Domicilié à Ans, avec sa compagne, il avait ainsi obtenu le statut de cohabitant légal. Ce qui lui donnait droit à un complément d'assurance-groupe. Les 437 632,11 euros provisionnés par Nethys étaient donc transférés sur le plan de pension personnel de M. Moreau. Une opération faite de justesse puisque le décret "gouvernance" interdit désormais ce type d'épargne.
Cette révélation suscite beaucoup d'inquiétude au sein d'Integrale dans la mesure où elle fait surgir le risque d'accusation de blanchiment. "Il pourrait même avoir une inculpation d'Integrale en tant que personne morale et l'imposition d'une amende", nous explique un expert.
