"Pour les distributeurs de jouets, ce nouveau confinement c'est juste l'horreur"

- Publié le 07-11-2020 à 10h00
- Mis à jour le 10-11-2020 à 12h48

Libre Eco week-end | Le dossier
"Pour les distributeurs de jouets mais aussi les producteurs qui en dépendent, ce nouveau confinement après celui de mars, c'est vraiment l'horreur." Ce constat sans appel vient de Bert De Smet, responsable de ventes Benelux au sein de la société Smart.
Fondée il y a un peu moins de 30 ans maintenant, Smart est devenu au fil du temps un acteur belge qui compte dans la conception et la production de jeux éducatifs made in Belgium. Au départ plutôt distributeur, la société a commencé à la toute fin des années 90 à concevoir et produire ses propres jeux. Aujourd'hui, elle emploie une trentaine de personnes en Belgique mais gère aussi des filiales en France, en Allemagne, en Angleterre et aux États-Unis. Avec un chiffre d'affaires annuel de l'ordre de 30 millions d'euros (le Benelux n'en représente que 2,5 millions), le producteur belge distribue ses jeux dans une soixantaine de pays : les Russes et les Chinois en seraient, dit-on, particulièrement friands. Dans sa gamme, on retrouve des SmartGames, des jeux éducatifs et de logique à jouer en solo et destinés aux ados et aux adultes, des SmartMax, des jouets de construction magnétiques pour la tranche des 1 à 4 ans et des GeoSmart, toujours dans le segment de la construction magnétique mais ici destinés aux enfants plus grands.
"Avec ce nouveau confinement, et même si les enseignes ont la possibilité de faire du click&collect, nous avons vraiment peur que les consommateurs trouvent le chemin vers des géants comme Amazon pour acheter les jouets et que tout le chiffre d'affaires de ce secteur parte à l'étranger", complète Bert De Smet. Smart dépend en effet fortement des réseaux physiques (magasins spécialisés, Dreamland, Broze, Fnac, Club…) pour écouler ses produits. "Nous sommes en train de voir avec les magasins partenaires ce que nous pouvons faire pour les aider et communiquer au mieux à destination des clients. Nous avons lancé il y a 7 ans notre propre site web mais ce dernier n'a pas le même impact que des sites comme Amazon ou Bol.com qui présentent des assortiments de jouets beaucoup plus larges. Et les magasins physiques restent notre canal de distribution le plus important. Même si des gens achètent sur notre site depuis la France ou l'Allemagne, les ventes qui y sont réalisées représentent moins de 1 % de notre chiffre d'affaires. Cela reste donc très limité et nous ne faisons pas trop de pub pour notre site car nous ne voulons pas concurrencer nos enseignes partenaires."
Le manque à gagner pour Smart ? "C'est compliqué", explique Bert De Smet, "car la plupart des enseignes avaient déjà passé commande dans la perspective de la Saint-Nicolas. Cela signifie que, si ces enseignes ne vendent pas bien, il restera des stocks importants en janvier, février et mars et qu'il n'y aura alors pas de réassortiments. Comme la production est quelque chose que l'on planifie un an à l'avance, notre dépôt restera alors… bien rempli."
Concepteurs et distributeurs ne désespèrent pas que le gouvernement fasse marche arrière au sujet de la fermeture des points de vente. "J'espère que le gouvernement se rendra compte que les jouets remplissent un rôle important dans le développement des enfants, notamment sur le plan cognitif ou social", conclut Bert De Smet.
