La marque belge Thompson produit chaque année 20.000 vélos en Wallonie : "Même les invendus des années précédentes sont partis"

- Publié le 27-06-2020 à 07h00
- Mis à jour le 28-06-2020 à 09h03

Libre Eco week-end | Le dossier
Thompson. Le nom ne fait pas très belge, mais la marque l'est bel et bien. Et bientôt centenaire, fondée qu'elle fut en 1921 à Grammont (il n'est pas dit que c'était près du célèbre Mur de Grammont) par Hector De Smet. Celui-ci a choisi le nom en référence à l'actrice américaine Duane Thompson, qui obtint son premier rôle la même année 1921. "Sans doute en était-il un grand admirateur, je ne sais pas", sourit Tim De Smet, son arrière-petit-fils, qui dirige aujourd'hui l'entreprise avec sa sœur Isabel. "Ce qui est sûr, c'est que ce nom fonctionne très bien et convient à tous." Quand bien même le gros de la production reste-t-il en Belgique, une petite proportion seulement étant vendue en France, aux Pays-Bas, en Angleterre et au Japon.
On parle pourtant d'une production totale de quelque 20 000 vélos par an (représentant un chiffre d'affaires d'environ 11 millions d'euros) pour une cinquantaine de modèles. "Nous couvrons l'ensemble de l'offre : VTT, cross-country, sportifs, de course (25 % de la production) et, depuis presque une dizaine d'années, les e-bikes (35 % de la production, 60 % du chiffre d'affaires)", poursuit Tim De Smet. "Si on s'est mis à l'assistance électrique sur le tard, c'est qu'on a attendu de trouver des moteurs de qualité offrant un bon service après-vente. 90 % de nos e-bike sont munis de moteurs Bosch, 10 % de moteurs Shimano Steps."
Alors que les vélos Thompson étaient à l'origine entièrement fabriqués en interne, depuis la conception jusqu'au soudage des tubes en acier, à leur laquage et à leur assemblage, les cadres en carbone sont aujourd'hui fabriqués en Asie. Les 25 collaborateurs de l'entreprise, déménagée à Lessines il y a plus de trente ans, se chargent de l'assemblage, parfois de la mise en peinture, jusqu'à l'apposition du petit drapeau noir-jaune-rouge associé à la marque. "On n'assemble ici que les modèles haut de gamme, les plus grandes séries l'étant chez un partenaire, mais en Belgique", précise Tim De Smet.
Des stocks vides, des invendus… vendus
"Nous travaillons avec un réseau de 150 revendeurs de qualité, ce qui nous permet de nous différencier par rapport à la concurrence de plus en plus vive dans le secteur", conclut le co-Ceo de Thompson. Dont les ventes, comme celles d'autres fabricants, ont été boostées par la crise. "Nous n'avons plus de stock. Même les invendus des années précédentes sont partis." Ce qui lui permettra de clôturer l'année sur un bon score. Mais rien ne dit que 2021 sera du même acabit. "Peut-être fera-t-on 10 % de plus, peut-être 20 % de moins. Difficile à prévoir. Compte tenu des délais, les vélos qui seront vendus l'an prochain ont en effet été commandés par les revendeurs avant le confinement…"
