Les organisateurs de croisières ripostent: "Arrêtez de nous accuser de tous les maux !"
Les images du Diamond Princess, le navire de croisière resté en quarantaine près de Yokohama, au large du Japon, et à bord duquel le virus s'est rapidement propagé en février, contaminant plus de 700 personnes et occasionnant une dizaine de décès certifiés, ont fait le tour du monde et atteint le secteur.

- Publié le 19-06-2020 à 23h51
- Mis à jour le 21-06-2020 à 08h08

Les images du Diamond Princess, le navire de croisière resté en quarantaine près de Yokohama, au large du Japon, et à bord duquel le virus s'est rapidement propagé en février, contaminant plus de 700 personnes et occasionnant une dizaine de décès certifiés, ont fait le tour du monde et atteint le secteur.
"C'est un sujet grave, évidemment, déclare Patrick Pourbaix, directeur France, Belgique et Luxembourg de MSC Cruises, mais c'est avant tout aussi une gestion de crise mal organisée par les autorités japonaises, par ignorance de ce qu'il fallait prendre comme mesures efficaces. Comme de s'occuper des gens à terre plutôt que de les garder à bord." Et celui qui est aussi président pour la Belgique de CLIA, l'association internationale des croisiéristes, de défendre son secteur : "Sur l'ensemble des croisiéristes concernés pendant la période, il y a eu des cas et des bateaux atteints mais la situation n'était pas plus grave que dans d'autres types de rassemblements de personnes. Arrêtons l'amalgame ! On veut utiliser le virus pour rendre coupables les grands bateaux de croisière avec leurs nombreux passagers. Chez MSC, nous n'avons pas eu un seul passager atteint par le virus. On avait pris des mesures (vérification des entrées et sorties, prise de température, etc.), respectées et efficaces. Avec un protocole sanitaire adéquat basé sur les connaissances et analyses (masque, mesures de distanciation, etc.), on va pouvoir reprendre la mer dans des conditions de sécurité optimales !" La compagnie espère pouvoir redémarrer ses activités au plus tôt.
Des bateaux plus respectueux de l'environnement
"Le monde des croisières a l'habitude d'être montré du doigt, surtout par des gens qui ne connaissent pas le produit, martèle-t-il. Quand on parle de tourisme de masse, on cible les bateaux de croisière alors que nous représentons moins de 1 % du marché des voyages organisés en Belgique. On vise les paquebots accueillant plus de 3 ou 4 000 passagers, ce qui donne une impression de masse, mais cette image est fausse car le nombre de m2 moyen par passager est largement supérieur à ce qui existe sur les bateaux plus petits, et les mesures sanitaires y sont plus aisées à mettre en œuvre. On dit aussi que la croisière est responsable, par exemple, de tous les maux de Venise alors que nos passagers ne comptent que pour un peu plus d'un million sur les 31 millions de touristes annuels de la ville."
À l'avenir, "on ne va pas arrêter de construire des grands bateaux qui seraient d'office une tare ou un non-sens, dit Patrick Pourbaix. On va continuer à construire des produits de différentes tailles". Des bateaux de plus en plus respectueux de l'environnement. "Nous avons déjà pris beaucoup de mesures - moteurs qui consomment nettement moins, fuel de meilleure qualité (exit, les fuels lourds). Et on continuera à les prendre. Des compagnies ont déjà construit des bateaux qui fonctionnent au LPG, un carburant beaucoup plus propre, une très belle solution. Les acteurs du secteur sont très actifs en la matière. Arrêtez de nous accuser de tous les maux !" conclut Patrick Pourbaix.
