Pourquoi un établissement Horeca sur cinq restera fermé ce lundi ?
Tous les restaurateurs et les cafetiers ne sont pas à la fête. D'après une enquête du Syndicat neutre pour indépendants menée auprès de 1 800 établissements, un sur cinq restera fermé ce lundi.

- Publié le 08-06-2020 à 06h33

Tous les restaurateurs et les cafetiers ne sont pas à la fête. D'après une enquête du Syndicat neutre pour indépendants menée auprès de 1 800 établissements, un sur cinq restera fermé ce lundi.
Après trois mois de fermeture, complète ou partielle, c'est le grand jour pour les restaurants, snacks et cafés, ce lundi 8 juin, date à laquelle entre en application la phase 3 de la procédure de déconfinement (1). Dans l'ensemble, les restaurateurs, dont beaucoup ont adapté leurs activités pendant le confinement, sont évidemment soulagés.
Mais tous ne sont pas à la fête. D'après une enquête du SNI (Syndicat neutre pour indépendants) menée auprès de 1 800 établissements, un sur cinq restera fermé ce lundi.
Le lundi, un mauvais jour
Les raisons sont multiples : certains ne seront pas vraiment prêts ou préfèrent reporter leur ouverture à un jour plus faste qu'un lundi. D'autres pensent que l'affluence en juin, juillet ou août ne leur permettra pas d'atteindre une rentabilité suffisante et reportent l'ouverture à septembre. Et ce même si début juin, 8 Belges sur 10 (interrogés par Edenred Belgium qui gère les Tickets Restaurants) disaient avoir l'intention de retourner dans un café ou un restaurant dès leur ouverture.
Attendre la rentrée
Cela dépend aussi parfois de leur localisation. Un établissement au cœur d'un quartier d'affaires (tel le quartier européen à Bruxelles) ne va sans doute pas rouvrir tout de suite, sachant que ses clients habituels sont en télétravail.
Dans l'expectative, des restaurateurs vont préférer continuer à travailler en "take away". Si certains types de restaurants misaient déjà sur cette formule, avec des commandes au comptoir, d'autres n'y avaient quasiment jamais touché avant le début du confinement. Pour eux, ce fut presque une découverte. En termes de facilité, mais parfois aussi de rentabilité. Avec le risque de se rendre compte qu'on fait parfois un meilleur chiffre seul ou à deux, qu'avec trois ou quatre serveurs ou commis supplémentaires. Selon la Fédération Horeca, le "take away" compte peu dans le chiffre d'affaires global du secteur (quelque 2 %) mais a néanmoins plus que doublé pendant les trois mois du confinement (entre 4 et 5 %). Bien sûr, rien ne dit que quand tous les restaurants auront rouvert, le "take away" sera toujours autant plébiscité. Mais sans doute certains vont-ils attendre, jugeant que l'agoraphobie va encore avoir la vie dure pendant un certain temps.
Horaire peu tardif pour les cafés
Il y a aussi, parmi les établissements qui ne rouvriront pas ce lundi, ceux qui estiment ne pas pouvoir respecter les mesures de sécurité. En termes de difficultés, les membres du SNI ayant répondu à l'enquête pointent, en particulier, la distance de 1,5 mètre entre les tables, les masques obligatoires pour le personnel et le fait qu'ils aient été autorisés à redémarrer plus tard que dans les pays voisins.
Mais c'est sans doute pour les cafés que le déconfinement sera le plus compliqué. Pour eux, c'est aussi une question d'horaires puisqu'ils ne pourront ouvrir au-delà d'une heure du matin. Les cafés du Carré à Liège, par exemple, ont d'ores et déjà annoncé ne pas rouvrir avant le 22 juin.
Extensions de terrasses
Pour les restaurants, c'est plutôt la distanciation entre les tables qui posera problème à certains. S'ils n'ont plus que la moitié des couverts qu'ils avaient avant la crise, ils risquent de ne pas atteindre le seuil de rentabilité. D'où l'importance d'avoir des terrasses. Ce dont les villes et Régions sont conscientes. La Ville de Bruxelles a ainsi donné son feu vert à quelque 280 demandes d'extension de terrasses afin de faciliter la reprise des activités Horeca.
La Région wallonne, elle, a simplifié ses règles urbanistiques, permettant aux établissements Horeca d'étendre temporairement la superficie de leur terrasse. Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas d'autorisation des autorités compétentes, celle-ci restant obligatoire, mais il ne faut pas de permis. Actuellement, le placement sur l'espace public d'une terrasse ouverte saisonnière, c'est-à-dire destinée à rester en place, avec plancher, pare-vent, auvent ou parasol, exige un permis à partir de 50 m². Jusqu'au 3 janvier 2021, le seuil a été augmenté à 100 m².
(1) D'autres mesures de déconfinement entrent ce lundi en vigueur : des contacts plus rapprochés sont désormais autorisés avec 10 personnes par semaine ; plusieurs secteurs d'activité sont autorisés à redémarrer, dont les salles de fitness, les brocantes et les marchés aux puces (tous les deux limités à 50 exposants) ainsi que les bureaux de paris sportifs, les loueurs d'équipements de loisir (VTT, bateaux, etc.) ; la pratique générale du sport (sans contacts), sous conditions, est également autorisée à partir de ce 8 juin.
