Invineo dévoile sa "machine à vin" au public américain
La jeune pousse namuroise, présente au CES, cherche encore 8 millions d'euros pour se lancer.

- Publié le 08-01-2020 à 18h34
- Mis à jour le 08-01-2020 à 18h42

La jeune pousse namuroise, présente au CES, cherche encore 8 millions d'euros pour se lancer.
Thierry Tacheny, dont la carrière s'est construite dans l'univers de la télé (IP/RTL-TVI, Peaktime, SBS), n'avait probablement pas imaginé qu'il se retrouverait un jour à vanter les mérites d'un smart wine dispenser au CES de Las Vegas ! Depuis mardi, il se démène pourtant comme un beau diable sur le stand Digital Wallonia, situé dans le gigantesque Eureka Park du Sands Expo.
Avec Catherine Klein, l'une des quatre fondatrices de la start-up namuroise Invineo, cet entrepreneur passionné de 60 ans a saisi la perche que lui a tendue l'Awex. À savoir de présenter, au cœur du plus grand rendez-vous mondial de l'électronique grand public, un projet industriel un peu fou consistant à concevoir, fabriquer et commercialiser, en partant de zéro, une machine "intelligente et connectée" pouvant servir du vin de qualité au verre, à sa juste température et avec un service "tout-en-un" (gestion des stocks, suivi d'indicateurs de vente, alertes de réassort…) destiné aux professionnels de la restauration (chaînes d'hôtel, restaurants, espaces d'événements, etc.). Une sorte de "Nespresso du vin" pour les pros.
8 millions d'euros pour amorcer la pompe
Pour M. Tacheny, le CES arrive un peu tôt dans le long processus de recherche et développement initié voici déjà plus de quatre ans. "On a quand même voulu saisir l'opportunité, confie-t-il entre deux démos. Aujourd'hui, nous sommes concentrés sur le marché européen (Belgique, France, Pays-Bas…). Mais, à moyen terme, on sait que le marché américain sera probablement le plus porteur. C'est aussi l'occasion de présenter la dernière version de Invineo (dont une quarantaine d'exemplaires seront livrés très prochainement auprès de clients européens, NdlR), d'expliquer notre valeur ajoutée par rapport à des concurrents, de nouer des contacts, de mieux comprendre la culture et les besoins d'une clientèle internationale pour ce type de produit".
Thierry Tacheny est aussi venu au CES avec l'espoir d'attirer l'attention d'investisseurs. "Les semaines et mois à venir vont être déterminants pour le lancement de la production en série des machines et leur commercialisation. Pour ça, nous avons besoin de faire une nouvelle augmentation de capital". Invineo cherche à lever 8 millions d'euros (dont 4 millions en equity). Les actionnaires historiques, dont la SRIW, Namur Invest et le groupe familial Cinoco-Palais du vin, sont prêts à y contribuer. Mais, à ce stade, c'est insuffisant.
Aujourd'hui, toutes les pièces du puzzle ont été réunies et validées : la machine (assemblée par une entreprise autrichienne), les tubes à vin (intégrant une technologie, brevetée, protégeant le vin de l'oxygène jusqu'à six semaines après ouverture), une offre d'une vingtaine de vins "premium" (pour démarrer), un espace de packaging et de stockage (situé à Gembloux), la connectivité pour les services aux clients, la logistique, des premiers contrats, des accords avec des viticulteurs…
"Nous sommes prêts !, lance Thierry Tacheny avec enthousiasme. Ça devient rare, surtout en Wallonie, de lancer un projet industriel comme le nôtre. Nous pensons que c'est une belle opportunité."
