Pharmasimple lève 6 millions d'euros pour s'imposer sur le marché français des produits parapharmaceutiques
La société wallonne, spécialisée dans la vente en ligne de produits parapharmaceutiques, poursuit une stratégie de croissance sur le marché français. Elle vient de boucler, à cette fin, une augmentation de capital de 6 millions d'euros.

- Publié le 26-12-2019 à 17h38
- Mis à jour le 26-12-2019 à 18h37

La société wallonne, spécialisée dans la vente en ligne de produits parapharmaceutiques, poursuit une stratégie de croissance sur le marché français. Elle vient de boucler, à cette fin, une augmentation de capital de 6 millions d'euros.
Moins connue en Belgique que Newpharma ou Farmaline, Pharmasimple, société installée depuis 2018 à La Louvière, est devenue l'un des leaders de la vente en ligne de produits parapharmaceutiques sur le marché français (compléments alimentaires, cosmétiques, produits pour bébés, accessoires médicaux,…).
Créée en 2010 par un couple d'entrepreneurs bruxellois (Michael et Annabelle Willems), Pharmasimple connaît une forte croissance de ses revenus. Cette année, elle devrait pratiquement doubler son chiffre d'affaires grâce à l'impact positif du rachat, en 2018 et 2019, de deux "places de marché" françaises (1001 Pharmacies et Parapharmazen).
Cette semaine, on a appris qu'afin d'alimenter cette croissance à deux chiffres, la société wallonne venait de boucler une augmentation de capital de 6 millions d'euros. L'opération, en préparation depuis quelques mois, a pris plus de temps que prévu. Au final, le succès est toutefois au rendez-vous puisque l'objectif initial de 5 millions a été largement dépassé.
"Nous évoluons sur un marché où, avant de parler de rentabilité, il faut croître pour gagner des parts de marchés, explique Michael Willems, cofondateur et CEO de Pharmasimple. Vu nos investissements pour moderniser l'entreprise et nos acquisitions, il était devenu indispensable de remettre de l'argent dans les caisses".
La SRIW et IMBC réinvestissent dans la société louviéroise
Cette nouvelle augmentation de capital – Pharmasimple, cotée sur Euronext Growth à Paris, avait déjà levé 5 millions d'euros à l'automne 2017 – n'a pas été une partie de plaisir, concède l'entrepreneur bruxellois. Lequel, au passage, tacle le comportement "frileux" des fonds d'investissement privés belges en matière de numérique. "Heureusement que la Région wallonne est là pour soutenir le digital !, tranche M. Willems. L'argent ne manque pas en Belgique mais, quand il s'agit d'investir dans un deuxième ou troisième tour de financement dans un business comme le nôtre, on ne trouve que des clowns !".
Il aura fallu que Michael Willems s'engage lui-même à réinvestir 2,3 millions d'euros dans la société et que deux investisseurs publics wallons, la SRIW et IMBC ("invest" montois), réinjectent aussi environ 1 million d'euros dans Pharmasimple, pour convaincre des fonds privés de souscrire à l'augmentation de capital. Parmi les nouveaux venus dans l'actionnariat, on trouve un groupe d'investisseurs spécialisés dans l'e-commerce réunis autour de Martin Genot (investisseur et "serial entrepreneur" français).
La priorité ? Gagner des parts de marchés !
L'apport de capitaux frais a été mis à profit pour apurer les pertes des derniers exercices et, ainsi, améliorer la structure financière de la société après deux années riches d'une double acquisition et d'investissements dans l'amélioration de la logistique. Une bonne partie des 6 millions servira surtout à gagner des parts de marché en France, qui reste la priorité de Pharmasimple (la société y réalise 90 % de son chiffre d'affaires consolidé).
"Ce gain de parts de marchés se fera à la fois par une croissance organique, grâce au dynamisme de nos plateformes, mais aussi par d'éventuelles acquisitions", précise Michael Willems.
Prévoyant un chiffre d'affaires compris "entre 28 et 30 millions d'euros" cette année (contre 16,8 millions en 2018, exercice qui n'intégrait pas encore la contribution de 1001 Pharmacies), le CEO de Pharmasimple vise une croissance de "30 à 60 %" en 2020.
"C'est un business qui va exploser, martèle Michael Willems. C'est maintenant qu'il faut investir, gagner des parts de marchés et faire grandir le gâteau si, demain, on veut faire partie des leaders en France et ailleurs en Europe". Ce qui est très clairement l'ambition de Pharmasimple, dont l'effectif approche aujourd'hui la cinquantaine de personnes.
