La vie privée numérique des enfants
Prendre les enfants au sérieux, c'est aussi prendre leur vie privée au sérieux. Des lois les protègent spécifiquement.
- Publié le 14-09-2019 à 09h00
- Mis à jour le 14-09-2019 à 15h24

Prendre les enfants au sérieux, c'est aussi prendre leur vie privée au sérieux. Des lois les protègent spécifiquement.Alors que les enfants représentent un pourcentage de plus en plus important de l'audience quotidienne d'Internet - 170 000 d'entre eux se connectent pour la première fois à Internet chaque jour -, on s'attend à ce que des lois visant à les protéger soient adoptées avec plus d'urgence.
Ces exigences réglementaires de plus en plus strictes encouragent une réorientation des dépenses vers des acteurs kidtech dédiés, qui fournissent des solutions centrées sur la protection de la vie privée à l'ensemble de l'industrie.
Le rapport 2019 de PwC, qui s'appuie sur des études sur le terrain menées auprès de nombreuses grandes marques pour enfants, estime que le marché mondial de la publicité numérique pour enfants continuera de croître de plus de 20 % par an, grâce à l'augmentation spectaculaire du nombre d'enfants sur Internet : en 2018, plus de 40 % des nouveaux utilisateurs d'Internet dans le monde étaient des enfants.
Commandité par SuperAwesome - une entreprise de technologie basée à Londres qui développe des solutions de protection destinées aux enfants pour d'autres entreprises -, ce rapport est une lecture essentielle pour tous les professionnels opérant dans l'écosystème des médias numériques pour enfants.
Aux États-Unis, il existe une loi spécifique sur la protection de la vie privée numérique des mineurs de moins de 13 ans appelée COPPA. Le règlement général sur la protection des données (RGPD) de l'Union européenne reconnaît que les données personnelles des enfants doivent bénéficier d'une protection spéciale parce qu'ils sont moins conscients des risques et des conséquences du partage des données.
Le GDPR-K, une section spécifique du RGPD pour les services à l'enfance, étend à l'ensemble de l'Europe les exigences de conformité "zéro-données" très similaires à celles de la COPPA. Cela signifie que tous les éditeurs ayant un public potentiel d'enfants devront remplacer de nombreux services de collecte de données standard (mais conçus pour les adultes) par des services équivalents kidtech.
En particulier, à moins que le consentement parental n'ait été obtenu, toute forme de publicité devra être entièrement contextuelle (par opposition au ciblage et au profilage comportemental par défaut).
Elle porte l'âge de l'enfant à 16 ans en Allemagne, aux Pays-Bas et en France (bien que dans la pratique elle sera probablement utilisée par défaut pour tous les éditeurs paneuropéens). Ce nouveau seuil d'âge signifie que de nombreux éditeurs de contenus seront désormais considérés comme des éditeurs pour enfants.
S'y soustraire risque de coûter cher ; YouTube vient d'ailleurs d'en faire très récemment l'expérience en se voyant infliger une amende record de 150 à 200 millions de dollars aux États-Unis pour avoir enfreint la loi en exposant les enfants à des vidéos inappropriées ou en collectant des données personnelles les concernant.
