Décrocher un nouveau boulot à 55 ans n'est pas utopique (INFOGRAPHIE)

- Publié le 28-05-2019 à 06h40
- Mis à jour le 18-06-2019 à 09h55

7 % des engagements concernent des travailleurs de plus de 55 ans.Décrocher un nouveau boulot à 55 ans, c'est possible. "Certains vont dire que c'est difficile. Et cela crée un climat incertain. Mais c'est faux. L'évolution est positive", note Benoît Caufriez, directeur d'Acerta Consult, qui vient de réaliser une étude dont La Libre a pu prendre connaissance en primeur. On y apprend que dans 7 % des engagements en Belgique en 2018, le choix s'est porté sur un travailleur de plus de 55 ans. "7 % ce n'est pas très parlant. Ce qui est important c'est de voir que c'est 9 % de plus qu'il y a un an, et 71,4 % de plus qu'en 2011. Cette progression est énorme." Seule la Wallonie a connu une petite baisse entre 2017 et 2018. "C'est une inversion de la tendance qu'on constate dans les deux autres régions, mais la progression sur 7 ans est de près de 120 %", constate Benoît Caufriez.
Rajeunir les travailleurs
Cette hausse peut s'expliquer par le fait que la législation et la sensibilisation ont permis de "rajeunir" les travailleurs plus âgés. "L'âge de la pension a reculé. À 55 ans, on a encore pas mal d'années à travailler. Aujourd'hui à 45 ans, on est au milieu de sa carrière. À une époque, on était proche de la pension. De plus, contrairement à ce qui se faisait avant, il devient très rare de faire toute sa carrière chez le même employeur. À 55 ans, un collaborateur va peut-être avoir encore envie de changer et pourra trouver un employeur qui apprécie son expertise. Dans des études précédentes, nous avons remarqué que l'expertise, le professionnalisme, la loyauté, la qualité du travail, la capacité à s'adapter et l'entente avec les collègues étaient des qualités que l'on retrouvait surtout chez les 55 et plus. Les deux points plus négatifs qui les caractérisaient étaient un absentéisme plus long et un manque de rapidité", note Benoît Caufriez qui évoque une précédente étude d'Acerta qui montre que l'intention de changer d'employeur était plus importante chez les plus âgés que chez les plus jeunes.
Plan cafétéria
La question du salaire ne semble pas être un obstacle. "Certains travailleurs n'ont pas envie de rester dans un job qui les embête. Ils vont accepter de changer pour privilégier le contenu au salaire et accepter une diminution de celui-ci. Les entreprises proposent des alternatives, comme un plan cafétéria où les travailleurs pourront faire des choix (salaire, voiture, congés…) et avoir peut-être un salaire moindre mais une rémunération sous d'autres formes et tout aussi motivante."
Engager des travailleurs plus âgés est également une réponse aux problèmes de pénurie de certains profils. "On le voit bien avec les profils techniques. L'étude montre une évolution plus importante chez les ouvriers, +77,8 % en 7 ans à 8,3 %, contre 66,5 % à 6 % pour les employés." Les femmes rattrapent aussi les hommes.
Si la part des plus des 55 augmente dans le nombre d'engagement, celle des moins de 25 ans diminue. "Les jeunes arrivent de plus en plus tard sur le marché du travail", poursuit Benoît Caufriez, qui insiste sur l'importance de la diversité. "C'est la combinaison de profils différents qui va créer une plus-value dans les équipes."
