Que se passe-t-il chez Puilaetco Dewaay ?

- Publié le 03-05-2019 à 08h09

Aux rumeurs de vente et de contrôle de la BNB s'ajoutent des zones d'ombre sur la direction.Dans le (petit) monde belge des banques privées, c'est le branle-bas de combat depuis quelque temps. Il nous revient que la Banque nationale de Belgique fait le tour des institutions pour vérifier que les procédures antiblanchiment sont en ordre de marche. L'examen de la structure interne mise en place chez Degroof Petercam aurait fait ressortir une série de lacunes, la banque ayant été sommée d'élaborer pour la mi-mai un plan d'action et un calendrier pour sa mise en œuvre, indique le Tijd jeudi.
Puilaetco Dewaay aurait aussi été passée au crible par la BNB. Qui n'aurait pas décelé des problèmes de blanchiment à proprement parler mais aurait préconisé une série de mesures essentiellement pour améliorer la gouvernance, entend-on dire. Vrai ? "La Banque nationale de Belgique mène régulièrement des audits sur différents sujets. C'est le cas auprès de toutes les différentes institutions bancaires belges. Il s'agit de procédures de contrôle habituelles. Par contre, notre Banque n'est pas soumise actuellement à une inspection externe sur les procédures antiblanchiment d'argent", explique Stéphanie Meily, Corporate Communication Manager chez Puilaetco Dewaay.
Plus de CEO
Il y a près de deux ans, la banque avait annoncé le départ du CEO Thierry Smet, qui avait été remplacé quelques mois plus tard par Amaury de Laet. Étonnamment, ce dernier ne porte plus le titre de CEO mentionné dans le communiqué publié fin décembre 2017. Pour quelle raison ? La banque fait juste valoir que "Amaury de Laet est le seul administrateur-délégué de la Banque dont la direction est assurée par son Comité de direction agissant en collégialité, conformément au droit des sociétés".
Quant au comité de direction, il est actuellement composé de sept personnes et a été renforcé au cours de ces dernières années. Ingénieur civil de formation, Bart Cornu a quitté l'assureur Euler Hermès pour devenir, en 2016, le Chief Risk Officer chez Puilaetco Dewaay. Le CRO est celui qui chapeaute les services compliance, qui font office de police interne dans une banque. Un département qui "a beaucoup de pouvoir", nous explique un banquier.
Au niveau du conseil d'administration, l'homme clé est Peter Vandekerckhove, le CEO de KBL (maison-mère de Puilaetco Dewaay), et ancien membre du comité de direction de BNP Paribas Fortis. Ce qu'il cherche, nous dit-on, c'est à "stabiliser l'institution", avec comme priorité la digitalisation.
Une tâche loin d'être facile vu les rumeurs qui circulent dans le marché selon lesquelles KBL, dans les mains de la famille qatarie Al-Thani, serait à vendre soit en un seul morceau soit par appartements. Des rumeurs alimentées par la vente de plusieurs entités comme les filiales française et monégasque Richelieu. Et aussi par le fait que le groupe est confronté à la difficulté de faire entrer des capitaux frais et à générer des bénéfices. Ces rumeurs ont toutefois été clairement démenties par Peter Vandekerckhove.
Candidats acquéreurs
Quelles institutions pourraient racheter Puilaetco Dewaay dont les actifs sous gestion tournent autour de 10 milliards d'euros ? Difficile à dire, même s'il ne devrait pas manquer de candidats acquéreurs vu le mouvement de consolidation. La conjoncture actuelle, marquée par des taux d'intérêt négatifs et une forte volatilité des marchés, rend le métier plus difficile. Qui plus est, les coûts liés à la digitalisation mais aussi aux procédures de contrôle sont en constante augmentation. D'où la question : quelle valeur ajoutée le banquier privé peut apporter de manière à justifier des coûts en hausse. "Les banquiers privés ont tendance à vouloir devenir des banques de détail", nous explique un expert du secteur. En clair, elles sont à la recherche d'une plus grande taille et d'économies d'échelle.
