Voici les centres-villes les plus (et les moins) commercialement attractifs de Wallonie

- Publié le 05-09-2018 à 20h25
- Mis à jour le 06-09-2018 à 10h25

L'AMCV a analysé le pourquoi et le comment de l'attractivité régionale des centres-villes wallons.Mais qu'est-ce qui fait l'attractivité régionale des centres-villes ? Et peut-on seulement les classer, ou aussi voir où tel centre-ville va chercher ses clients, quitte à les "chiper" à un voisin ? Ce défi, l'AMCV, l'Association du management de centre-ville, l'a relevé à l'occasion de son 20e anniversaire.
En prenant les bassins commerciaux ayant une attractivité régionale selon la définition de la Région wallonne et grâce à un logiciel approprié. "Un travail colossal", indique Jean-Luc Calonger, président de l'AMCV, qui présentait, mercredi, le fruit de l'analyse à la presse et à nombre d'acteurs privés du secteur.
"On a principalement repris quatre variables, explique-t-il. La taille du centre-ville, soit le nombre de magasins ouverts, la vocation commerciale, autrement dit la part de commerces au rez des immeubles de la zone analysée, le taux de cellules vides et le type de commerces installés." Ce ne sont pas les seules variables mesurant l'attractivité (il y en a… 170), mais les principales.
On voit bien sûr que le centre-ville de Liège est le plus grand de Wallonie, quasiment deux fois plus que Namur et trois fois plus que Mons ou Tournai. Et l'on parle bien de centres-villes, sans les shoppings centers périphériques. "D'ailleurs, si Charleroi monte dans le classement, c'est grâce notamment à Rive Gauche inscrit dans son centre. Et si Wavre a un bon noyau commercial, son cœur de ville souffre de la proximité géographique de Waterloo et de Louvain-la-Neuve", convient Jean-Luc Calonger.
Et de dégager quantité d'autres particularités. "Louvain-la-Neuve est le centre-ville le plus fourni en commerces, avec ceux de l'Esplanade et de la rue Charlemagne (97,8 % des rez-de-chaussée de la zone sont commerciaux), suivi de Mons et Waterloo. Il est aussi celui où il y a le moins de magasins inoccupés. Si Verviers compte aussi nombre de magasins, beaucoup sont ouverts, mais beaucoup sont vides. Waterloo est le centre-ville qui présente la plus grande proportion de magasins dédiés à l'équipement de la personne et de la maison et peu d'Horeca comme peu de magasins de proximité (alimentaire, coiffeurs, services…). À l'inverse d'un Arlon qui propose peu d'achats plaisirs mais est premier de classe en cafés et restaurants."
En ajoutant, à ce thermomètre mesurant la puissance d'attractivité des centres-villes, l'impact de la localisation géographique, on tombe sur d'autres surprises. "Le cas de La Louvière est à ce titre très symptomatique, poursuit Jean-Luc Calonger. Pour les Louviérois, le pôle commercial le plus attractif, c'est… le centre-ville de Charleroi ! Davantage que les Grands-Prés montois plus proches."

Ces nouveaux commerçants venus du Web
Mais pour le président de l'AMCV, le plus intéressant, c'est l'évolution de la taille des centres-villes. "Certains se réduisent, d'autres sont en expansion", dit-il. Comme Charleroi, avec Rive Gauche, mais aussi avec la rue de Marcinelle qui remplit ses cellules vides. Et surtout comme Liège qui a vu deux rues, Souverain Pont et de la Casquette, venir grossir son centre commercial.
"Avec des commerces de niche aux prix moyens hauts, mais surtout avec de nouveaux commerçants, qui ne cherchent pas à s'installer dans un shopping ou dans une surface classique à proximité d'un Primark, ni d'obtenir un bail 3-6-9, ni même un prêt bancaire, détaille-t-il. Ils viennent du digital et, pour augmenter le nombre de leurs followers et étoffer leur réseau, tâtent le terrain réel, de manière éphémère, voire à plus long terme."
Ces nouveaux commerçants qui remplissent les villes - le taux de vacances est d'ailleurs en recul dans tous les centres-villes wallons - en veulent toutefois pour leur argent. "Ils veulent en tous les cas des espaces publics à la hauteur de leur investissement", conclut Jean-Luc Calonger. Un "enjeu important" et… un appel du pied aux pouvoirs public en cette période électorale.