Le salon Realty s'exile à Knokke, We Are Real Estate prend sa place à Bruxelles

- Publié le 05-09-2018 à 15h00

Derrière le nouveau venu, il y a un grand organisateur de salons professionnels : Matexpo. Et surtout un concept plus… sobre.Pas simple pour un salon immobilier professionnel de faire son trou à Bruxelles.
Après 10 éditions, Realty semblait pourtant avoir réussi à glaner l'intérêt d'exposants et de visiteurs, mais aussi à associer à son nom, un lieu - Tour et Taxis - et, surtout, un moment creux dans le planning très chargé des professionnels de l'immobilier : mi-mai, entre le Mipim (mi-mars, Cannes), Expo Real (mi-octobre, Munich) et le Mapic (mi-novembre, Cannes), sans oublier les séminaires et conférences leur permettant de faire le networking indispensable à leur activité.
Un géant pour partenaire
Mais voilà, au bout de 10 ans, et assez étonnamment, Artexis-EasyFair, l'organisateur de Realty, a considéré que l'événement s'appauvrissait (en nombre d'exposants, passant de 120 en 2017 à 100 en 2018, comme en nombre de visiteurs, de 4 300 à 3 800) et qu'il lui fallait prendre le large, à tout le moins s'offrir de nouveaux horizons.
Ce qu'il a fait en décidant - et en l'annonçant un mois et demi avant la tenue de sa 10e édition - que la prochaine réunion, celle de 2019, se tiendrait à Knokke. Et en septembre. Ceci pour garder ses visiteurs davantage captifs, mais aussi pour ne pas les voir seulement arriver vers 17 heures, pour un networking généralement très, très arrosé.
Il faut dire qu'au fil des années, les exposants à Realty avaient fini par troquer leurs maquettes et autres pupitres pour un comptoir… de bar.
Ce déménagement annoncé à Knokke était d'ailleurs le sujet de discussion numéro un les 16 et 17 mai derniers. Avec un second en filigrane : fallait-il prendre la place vacante et qui allait oser le faire ?
La réponse a été donnée officiellement mardi : Matexpo. Soit l'organisateur de cet énorme salon professionnel de la construction et du génie civil qui se tient à Courtrai en septembre des années impaires, désireux de créer d'autres événements.
Et c'est le directeur de Matexpo, Gregory Olszewski, qui l'a annoncé, lui qui a dirigé… Realty jusqu'en 2014. "Bruxelles doit avoir un événement immobilier professionnel, dit-il. C'est la ville de l'Europe, des lobbyistes, des grands courtiers, des investisseurs étrangers…" Sans cacher que c'est le départ de Realty qui a servi de détonateur.
Catering inclus
Et il prend quasiment le contre-pied total. "En tenant compte de l'avis des professionnels pour qu'il convienne à un maximum de personnes", tempère-t-il. We Are Real Estate - tel est le nom du nouveau venu - se déroulera dans le Palais 7 de Brussels Expo (Heysel), "proche des auditoires et du lounge du Palais 12", précise-t-il.
Les stands seront loués clé sur porte (avec cloisons, tapis, mobilier…) pour une image plus sobre, "mais avec une possibilité de personnalisation", sourit-il. Trois formats sont disponibles (24, 36 et 48 m²) pour ne pas avoir d'excès visuels et de différences trop marquées entre grands et petits acteurs. "C'est suffisant pour installer maquettes, écrans…". Les prix (7 900, 11 900 et 16 900 euros) sont TTC, soit… catering inclus !
C'est sans doute là que We Are Real Estate se démarque de Realty : on ne mange (petit-déjeuner, déjeuner et dîner) que dans les endroits circonscrits comme tels et… on ne boit (d'alcool) qu'à partir de 16 heures.
"Le 'working' d'abord, le 'networking' ensuite, confirme Gregory Olszewski. Les visiteurs doivent apprendre des choses et rester concentrés." Outre les informations données sur les stands, il y aura des conférences et débats à suivre, mais également des mini-sessions présentées par les exposants. "Sur des sujets variés qu'on laisse à leur discrétion." Et ce qui vaut pour les exposants vaut pour les visiteurs : les tarifs (150 euros pour un jour, 225 pour deux) comprennent aussi les repas et collations.
Seule la date est celle de l'ancien Realty, puisque We Are Real Estate se tiendra les 22 et 23 mai, de 10 à 20 heures.
"La première édition est cruciale", ajoute Gregory Olszewski, même si elle n'est pas directement rentable - d'où l'intérêt d'avoir Matexpo derrière. "Je table sur 60 exposants et 2 000 visiteurs", dit-il, indiquant qu'il s'agit d'un minimum modeste. "Si je ne les ai pas, je ne le fais pas."
Pour l'heure, il n'a aucun contrat signé. Et certainement pas avec des villes et communes en pleine période préélectorale. "Mais déjà une vingtaine de contacts." C'est maintenant que l'équipe (4 personnes) va mettre le turbo. Rendez-vous début janvier pour savoir si le quorum est atteint.Charlotte Mikolajczak
