C'est du Belge... Et même du Wallon !
Les jambes "coupées" de Marion Cotillard dans "De rouille et d'os" ? C'est du Belge et même du Wallon. Les corps "mélangés" de Sophie Marceau et de Monica Bellucci dans "Ne te retourne pas" ? C'est toujours du Belge et même du Wallon (Mikros Image). Les petits hélicoptères (bourrés de technologie dont un logiciel les empêche de tomber en toutes circonstances) qui emmènent les caméras et filment des plans les plus incroyables, les prouesses les plus inimaginables, notamment dans Harry Potter et James Bond ? C'est du Belge et même du Wallon (Flying Cam). La société la plus spécialisée dans la reconnaissance des mouvements en temps réel, qui permet de faire avancer les pages sur un écran sans le toucher ? Elle est belge et même wallonne (SoftKinetic). Les spécialistes de la 3D et bientôt de la 5D reconnus mondialement et notamment à Hollywood ? Ils sont belges et même wallons
- Publié le 05-06-2013 à 04h30
Les jambes "coupées" de Marion Cotillard dans "De rouille et d'os" ? C'est du Belge et même du Wallon. Les corps "mélangés" de Sophie Marceau et de Monica Bellucci dans "Ne te retourne pas" ? C'est toujours du Belge et même du Wallon (Mikros Image). Les petits hélicoptères (bourrés de technologie dont un logiciel les empêche de tomber en toutes circonstances) qui emmènent les caméras et filment des plans les plus incroyables, les prouesses les plus inimaginables, notamment dans Harry Potter et James Bond ? C'est du Belge et même du Wallon (Flying Cam). La société la plus spécialisée dans la reconnaissance des mouvements en temps réel, qui permet de faire avancer les pages sur un écran sans le toucher ? Elle est belge et même wallonne (SoftKinetic). Les spécialistes de la 3D et bientôt de la 5D reconnus mondialement et notamment à Hollywood ? Ils sont belges et même wallons
Des exemples comme cela, les responsables de Wallimage (Philippe Reynaert), du pôle image de Liège (Cédric Iland) en ont détaillé à l'envi, enthousiasmés par les réussites d'un secteur auquel ont cru les autorités politiques wallonnes (aujourd'hui, Jean-Claude Marcourt, hier Serge Kubla). Il était donc normal que dans le cadre de la mission belge qui a emmené près de 400 hommes d'affaires belges en Californie, les spécialistes belges et en particulier wallons du secteur profitent du passage à Los Angeles et à Hollywood pour rappeler les atouts, leurs réalisations, leurs projets.
Pourquoi le cinéma connaît-il ce regain d'intérêt au sud du pays ? Pour plusieurs raisons. La première est fiscale. Le dispositif du tax shelter, qui encourage les sociétés à investir dans un projet de cinéma à certaines conditions - notamment le recours aux sociétés belges et le tournage en Belgique - est le plus souvent cité. C'est un peu comme les intérêts notionnels. Mais ce dispositif national est une loi, un outil. Il a été utilement complété, surtout au sud du pays et timidement encore à Bruxelles et en Flandre, par une vision politique et la mise sur pied d'outils qui font de la Wallonie une (petite) terre de cinéma. Les chiffres ne sont pas gigantesques (4 400 emplois, 1,2 milliard de chiffre d'affaires) mais ils sont en progrès constant et poussent les réalisateurs étrangers à mettre le cap sur le sud de la Belgique, en particulier Liège, Marcinelle, Genval, là où se trouvent ces sociétés hyper-spécialisées et les studios d'animations. Le secteur ne peut que se développer. C'est en tout cas la conviction de Pierre Collin, le responsable du cluster "Twist" (Technologie wallonne de l'image, du son et du texte).
Ecosystème de compétences
Grâce à des conditions fiscales intéressantes, grâce aux aides wallonnes, grâce à ces sociétés hautement spécialisées, développant une technologie de tout premier plan, le savoir-faire wallon est de nature, dit-on au sein de la mission belge aux USA, à apporter un regain d'activités dans ce domaine en Wallonie où les autorités politiques ont créé ce que Jean-Claude Marcourt appelle un "écosystème" à compétences fortes.
Philippe Reynaert explique les raisons de cet engouement. Au départ surtout reconnue pour son cinéma d'auteur (André Delvaux, etc.), la Belgique est peu à peu sortie de son isolement cinématographique avec des films comme "Le maître de musique", "C'est arrivé près de chez vous," "Toto le héros". Mais à l'époque, pas si lointaine, où un talent était découvert chez nous, il s'en allait à l'étranger. Depuis la création de Wallimage, ce mécanisme économique de soutien à la production, et depuis surtout la mise en place du tax shelter, la Wallonie a attiré des spécialistes dans ce domaine pointu. Les deux Palmes d'or des frères Dardenne, l'éclosion de multiples talents, d'acteurs reconnus en Europe et dans le monde entier ont focalisé l'attention sur ce petit pays et ses capacités. La présence d'écoles de cinéma (Insas, IAD) a aussi permis de favoriser cet essor. A Hollywood, les Wallons ne sont pas venus vendre du rêve, mais des projets, des talents, une histoire. Certains en reviennent avec de jolis contrats. Ainsi la société SoftKinetic a signé un contrat avec Intel pour appliquer dans ses ordinateurs la technologie qui permet de faire dérouler l'écran sans le toucher.
