Les syndicats ont-ils la mainmise sur les centres de formation ?
Selon le président du MR, chaque demandeur d'emploi rapporte de l'argent aux syndicats. Georges-Louis Bouchez estime que les syndicats profitent de centres de formation gérés par les caisses professionnelles pour s'enrichir. Des propos niés par les principaux intéressés, qui dénoncent une méconnaissance du système.
- Publié le 29-09-2022 à 10h44
- Mis à jour le 29-09-2022 à 15h55

"Chaque demandeur d'emploi rapporte de l'argent aux syndicats. Ces derniers touchent de l'argent pour faire de la formation professionnelle", soutenait Georges-Louis Bouchez (MR) dans les colonnes de la DH du 13 septembre. Selon le président du MR, la formation professionnelle rapporterait même gros. Les syndicats "ont toute une série d'organes de formation qui sont gérés par des caisses professionnelles. Et ce sont les syndicats qui se retrouvent à leur tête", assure-t-il à La Source, donnant l'exemple de centre de formations comme Technocampus, Technofutur ou Formelec (devenu Volta).
Du côté des syndicats, c'est l'incompréhension. "Je ne sais pas du tout ce qu'il vise", s'interroge-t-on à la CSC. "Je ne vois pas de quoi il parle, vraiment", réagit Thierry Bodson. "Il y a deux types de centres de formation : ceux qui sont 100% Forem et puis il y en a, comme Technofutur et Volta qui sont plus orientés vers différents secteurs. Mais nous on ne gagne pas d'argent là-dedans", poursuit le président de la FGTB.
Technocampus et Technofutur, deux des centres cités comme exemple par le président du MR, font partie du Réseau des Centres de compétence wallon, dont la coordination est assurée par le Forem (soit la région). Au total, on dénombre 23 de ces centres à travers la Wallonie. Dans le cas de Technocampus, le financement public s'élève à 17.723.473,00€, partagé à parts égales entre la Wallonie et l'Europe (FSE/FEDER/IEJ).
Ce n'est pas le cas de Volta. Sur son site, Volta explique être "une organisation sectorielle (paritaire) au service des sociétés et travailleurs de la sous-commission paritaire 149.01". Volta est dirigée par les partenaires sociaux (fédérations et syndicats) actifs dans le secteur concerné. "Du côté des fédérations, il s'agit d'Eloya, FEE, Nelectra et Techlink. Côté syndical, il s'agit d'ABVV-Metaal, ACV-CSC Metea et MWB-FGTB", précise l'organisation.
Il existe une série de centres créés grâce à des fonds sectoriels de formation (voir ici et ici). Thierry Bodson indique que ces centres sont financés grâce aux fonds sectoriels pour lesquels les employeurs cotisent. "Cela fait partie des négociations, mais ce n'est pas nous", précise Thierry Bodson, ajoutant que le président du MR "confond tout".
"Ce sont des centres de formation paritaires, donc ça veut dire que les travailleurs et les employeurs d'un secteur se mettent d'accord pour mettre ensemble des moyens pour former que ce soit des travailleurs ou des demandeurs d'emploi", explique Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC. "C'est juste une mise en commun de moyens qui ne vont pas directement aller aux travailleurs individuels sur leur fiche de salaire mais qui permettent de créer des dynamiques". "Il y a des livres de comptes, des rapports annuels… Tout ça est contrôlé", ajoute-t-elle.
"Dans son approche, Monsieur Bouchez oublie toujours que quand on parle de gestion paritaire, on vise une gestion qui est faite à la fois par les organisations syndicales et les organisations patronales", ajoute de son côté Olivier Valentin, secrétaire national de la CGSLB. "Ce n'est pas juste quelque chose qui s'est développé historiquement, c'est quelque chose qui s'est développé parce que les représentants des employeurs et des travailleurs sont les plus à même de voir de quoi un secteur a besoin, quelles formations et comment les organiser", conclut-il.

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