Cette application belge ambitionne de prévenir les dépressions et les burn-out
Ils permettent d'analyser objectivement le bien-être mental des collaborateurs.

- Publié le 12-06-2022 à 12h23
- Mis à jour le 12-06-2022 à 12h24

Libre Eco week-end |
Mesurer le niveau de stress et ainsi prédire les dépressions et les burn-out. C'est ce que propose l'application Mindstretch développée par la spin-off louvaniste BioRICS. Grâce à un bracelet, sont enregistrés, jour et nuit, le rythme cardiaque et l'activité physique des utilisateurs. Ensuite, l'algorithme de l'appli analyse comment se répartit la dépense d'énergie. Les efforts physiques sont mesurés mais également les efforts mentaux.
"BioRICS a été lancée par le professeur Daniel Berckmans qui a conçu au départ un algorithme pour le club de football AC Milan, avec un contrat d'exclusivité. Lorsque Silvio Berlusconi, le propriétaire du club, a arrêté le projet, le professeur a continué à développer l'algorithme, profitant aussi d'une amélioration technologique du FitBit, un bracelet propriété de Google. Une app a été mise au point pour permettre de voir les résultats mesurés sur un téléphone", explique Hans Wilmots, CEO de BioRICS. La spin-off propose également une autre application qui permet de détecter les infections avant qu'il n'y ait de symptômes. "Le professeur est toujours actif dans la société. Il s'occupe des développements des algorithmes et a encore plein d'idées", souligne Hans Wilmots.
Une analyse continue
Les utilisateurs de l'appli peuvent donc y consulter à tout moment la composante mentale de leur bilan énergétique et voir dans quelle mesure ils consomment ou restaurent leur énergie. Un aperçu fourni chaque jour, semaine et mois permet aux membres du personnel concernés d'identifier les déséquilibres et d'agir pour les corriger.
L'appli de mesure du stress a pour but ultime d'inciter ses utilisateurs à ajuster à temps (dès que le clignotant est à l'orange) leur vie professionnelle et privée avant qu'il ne soit trop tard.
Jusqu'à présent, 25 entreprises en Belgique ont accepté de participer au projet pilote du Mindstrech en le testant auprès de leurs collaborateurs. Huit ont déjà démarré, parmi lesquelles le cabinet de conseils BDO. Cinquante collaborateurs ont commencé à porter un FitBit le 20 avril pour six mois. "L'annonce du projet a suscité de l'enthousiasme en interne. Nous avons demandé à tous les collaborateurs (nous en comptons 850) qui étaient intéressés par le projet de compléter un formulaire avec leurs motivations. Nous en avons choisi 50, qui représentaient la moyenne de l'entreprise : âge, risque de stress, motivation…" explique Elke Verstraeten, Employe experience&Change Expert chez BDO.
"L'app permet de voir à quels moments on consomme plus d'énergie mentale et à quels moments on récupère. Le collaborateur peut alors vérifier ce qu'il fait quand il consomme beaucoup d'énergie. Cela peut être, par exemple, parce qu'il est excité par un projet, concentré sur un dossier… C'est logique alors d'être dans l'orange à ce moment-là. Mais, par contre, s'il est dans le rouge pendant la nuit, ce n'est pas normal. Il doit vérifier ce qu'il a fait avant de passer cette mauvaise nuit et éventuellement changer les choses", note Elke Verstraeten. Il incombe aux collaborateurs eux-mêmes de prendre les choses en main sur la base des informations fournies par Mindstretch. "C'est vraiment la personne qui doit adapter ses habitudes et comportements. L'employeur peut bien sûr l'y aider. Par exemple, si le travailleur constate qu'il est chaque fois dans l'orange après une journée chargée ou lorsqu'il a travaillé après 20h, il peut en parler avec son manager." L'employeur peut aussi proposer des formations pour une meilleure prévention : sommeil, nourriture saine, déconnexion… "Nous organisons déjà ce type de formations. Nous pouvons aussi proposer des coaches en interne ou en externe si les collaborateurs ont besoin de parler."
Feedback personnalisé
Le collaborateur est libre de partager ou non les informations avec son manager, quelqu'un du département des ressources humaines ou même une personne externe. Si le management n'a aucun accès aux données individuelles, au niveau agrégé, les données peuvent s'avérer utiles. Ainsi, un bilan énergétique fréquemment rouge au niveau d'une équipe ou un département spécifique indiquera l'existence d'un problème. L'employeur peut alors intervenir.
Le projet fait partie d'une politique de bien-être plus large chez BDO. Le cabinet de conseils propose ainsi notamment une autre application, Wenite, qui permet, sur base de réponses à des questions, de recevoir un feedback personnalisé. Et ce, sans attendre une enquête annuelle sur le bien-être. Les collaborateurs sont invités à partager leur ressenti et à donner leur avis sur les répercussions des initiatives de l'entreprise en matière de bien-être. Cette application développée par la start-up gantoise Wenite est accessible depuis fin mai à tous les collaborateurs de BDO. Grâce à plusieurs algorithmes, elle va présenter différentes questions aux utilisateurs et leur proposer des solutions proactives : blogs, vidéos, suivi chez un psychologue… "Les collaborateurs peuvent utiliser ce qu'ils apprennent via le FitBit dans cette autre application", note Elke Verstraeten. "Cela peut être, par exemple, des solutions pour mieux dormir."