Les écoles de codage ciblent maintenant enfants et ados : à partir de 6-7 ans, car "ils doivent savoir lire"
Time2Code, nouvelle académie pour apprendre à coder, se lance à Bruxelles. Son public cible : les 12-18 ans.
- Publié le 19-09-2021 à 13h18

Libre Eco week-end |
Au plus tôt, au mieux ! Telle est la conviction de celles et ceux qui prônent l'apprentissage du codage (programmation informatique). Le parallèle est souvent fait avec l'apprentissage d'une langue étrangère : au plus tôt elle sera enseignée, au mieux elle sera maîtrisée et pratiquée. Certains vont même jusqu'à proposer d'intégrer des cours de codage et d'algorithmique dès l'école primaire. On n'en est pas là, en tout cas pas en Belgique.
Toujours est-il que, depuis quelques années, les coding schools ont poussé comme des champignons (BeCode, Le Wagon, Ecole 19, Switchfully, etc.). Le public cible est généralement celui des jeunes adultes (18-25 ans) ou de leurs aînés qui cherchent du boulot ou sont engagés dans un processus de reconversion professionnelle. Avec une économie et des entreprises de plus en plus numérisées, les perspectives d'emploi pour les as du code et autres développeurs web sont importantes.
Apprendre, mais en s'amusant
Les cours de codage pour les enfants et adolescents sont plus rares (CoderDojo, CodeNPlay, Logiscool…). Un nouvel acteur a décidé de se lancer : Time2Code. On doit cette initiative à deux jeunes entrepreneurs, Marie Servais et Jérémy Halfon. Au-delà des perspectives professionnelles, ces deux ingénieurs diplômés de Solvay sont convaincus par les vertus, en termes de formation à la logique et à la créativité, de l'apprentissage du codage.
Time2Code, qui ouvre ses portes ce 20 septembre dans les locaux du BuzzyNest à Boitsfort (1), se présente comme une académie extrascolaire de codage pour les 12-18 ans. À raison d'une dizaine de séances de deux heures par semaine (mercredi ou dimanche après-midi) et de groupes de 10 élèves, l'approche se veut tout à la fois pédagogique, ludique et interactive.
"Nous voulons mettre en avant l'amusement de l'enfant et l'ambiance décontractée afin qu'il ne se sente pas comme dans une seconde école et qu'il ait envie d'y venir par lui-même", expliquent les deux fondateurs. "Le but n'est pas de faire de nos élèves des programmeurs professionnels mais de leur permettre de comprendre les logiques derrière les appareils qu'ils utilisent et avec lesquels ils travailleront toute leur vie. Il s'agit aussi de stimuler la créativité des participants."
Si l'expérience bruxelloise est concluante, Time2Code envisage d'ouvrir une antenne à La Hulpe.
"Pari enthousiasmant"
Apprendre le codage dès 6 ans, c'est le pari osé des écoles de programmation Logiscool. "Je parlerais plutôt d'un pari enthousiasmant", sourit Nathalie De Mulder, qui, en association avec Denis Detinne et Hugo Cantineau, fondateurs de Promosport, vient d'ouvrir l'antenne uccloise de l'enseigne, troisième du nom en Belgique après celle de Montgomery (Woluwe-Saint-Pierre) et de Waterloo. Une école ouvrira prochainement à Anderlecht. D'autres sont annoncées à Mons et Anvers.
Logiscool a été créée en Hongrie en 2014. Et est entrée en Belgique en 2019. Elle compte aujourd'hui plus de 130 écoles en franchise dans 22 pays. Sa particularité : s'adresser à des enfants et adolescents de 6 à 18 ans. "Même si les petits apprennent les bases de la programmation en mode 'blox', c'est-à-dire avec des blocs de couleurs à assembler, ils doivent savoir lire, détaille Nathalie De Mulder. C'est donc plutôt dès 7 ans qu'on les accueille. Notre cœur de cible, ce sont les 8-15 ans." Logiscool ne se limite toutefois pas au seul apprentissage. "La méthodologie est basée sur une pédagogie active. Après le mode 'blox', ils passeront au mode mixte, puis au texte (Python, Javascript, etc.). Tout en restant ludique, créatif."
Selon la nouvelle administratrice de l'école d'Uccle, ce qui distingue l'offre de Logiscool, c'est qu'il y a une possibilité de progresser au sein de modules évolutifs. "On ne se contente pas d'apprendre les bases. Au fur et à mesure de l'apprentissage, les enfants peuvent choisir des modules spécifiques en fonction de leur préférence (robotique…)."
Comme une langue
Aux parents inquiets, Nathalie De Mulder explique qu'"apprendre la programmation et le codage, ce n'est pas 'encore' se retrouver devant un écran. C'est créer son jeu vidéo, comprendre ce qu'il y a derrière, travailler son imagination, apprendre la logique… On tend vers un monde numérisé. Le fait de pouvoir apprendre ce nouveau langage plus tôt et de manière ludique permettra aux enfants de mieux le maîtriser à l'âge adulte, et peut-être de voir s'ouvrir des portes professionnelles."
"On s'est lancé cet été avec des stages 'sport et codage', raconte-t-elle. On a eu beaucoup de succès. On va d'ailleurs en proposer pendant toutes les vacances scolaires, à raison de modules de cinq jours. Chaque journée sera prise en charge pour une partie par Logiscool, pour l'autre par Promosport, offrant un large choix de disciplines."
L'école proprement dite, répartie en quatre classes de maximum 8 élèves, sera ouverte en semaine à partir de 16 heures (14 heures le mercredi) et le samedi toute la journée. Le programme est prévu à concurrence d'une séance d'une heure et demie par semaine (25 euros, fiscalement déductibles jusqu'à 13 euros puisque Logiscool est immatriculée auprès de l'ONE). Tout le matériel est fourni. Les professeurs sont des étudiants, informaticiens ou ingénieurs en informatique, qui ont envie de partager leur passion avec des enfants. "On est lié au master franchisé belge (Logiscool Montgomery), qui nous apporte le support nécessaire à lancer l'école", précise Nathalie De Mulder, qui ne compte pas s'arrêter à Uccle, envisageant déjà l'ouverture d'autres antennes avec ses associés, notamment dans le Brabant wallon, voire plus loin.
(1) Les inscriptions au premier "batch" (septembre-novembre) se clôturent ce week-end. Informations : www.time2code.org.