Revue Boursière : le retour des immobilières et des "Magnificent seven"
Les opérateurs anticipent toujours une baisse des taux d'intérêt dès la fin du printemps.
- Publié le 08-12-2023 à 17h35
- Mis à jour le 08-12-2023 à 18h54

Même si les chiffres publiés vendredi aux États-Unis ont donné l'impression d'un rebond du nombre de créations de postes en novembre, avec un taux de chômage passant de 3,9 % à 3,7 %, il semble que le marché du travail connaisse un ralentissement certain. Les indicateurs statistiques ont d'ailleurs été pollués par le retour au travail de dizaines de milliers de travailleurs dans le secteur automobile après une longue période de grève. En outre, on note que l'écart entre le nombre d'emplois vacants et le nombre de chômeurs se réduit, ce qui pourrait peser sur le mouvement de hausse des salaires, et partant, d'un facteur certain d'inflation. De quoi conforter l'idée bien installée désormais, d'un futur revirement de la politique monétaire agressive de la Réserve fédérale américaine (Fed) dans les mois à venir.
Dans l'attente des réunions de la Fed et de la Banque centrale européenne (BCE), la Banque du Canada a donné le ton cette semaine en maintenant inchangé son taux directeur à 5 %. Chez nous, l'influente Isabel Schnabel, membre des huiles de la BCE, a laissé entendre clairement que de nouveaux relèvements des taux directeurs de l'institut européen étaient peu probables.
Baisse des taux en cours
Si ce scénario n'est pas certain, il est en tout cas alimenté par le repli continu des prix de l'énergie entamé à la fin du mois de septembre, avec un prix du brut américain en repli de 20 dollars, autour de 71 dollars. Les opérateurs sont donc revenus en masse vers le segment actions des marchés financiers, confortés par la baisse des taux d'intérêt à long terme. Là aussi, depuis la mi-octobre, les rendements des bons du Trésor américain à 10 ans qui avaient touché le cap des 5 %, sont revenus cette semaine tout près de 4,12 %. Le contexte a changé, les espoirs des gestionnaires aussi, qui ont plébiscité quelques segments d'activités bien précis ces dernières semaines.
À commencer, aux États-Unis, par le retour en grâce confirmé des "Magnificent seven", les poids lourds de la cote américaine, dont Apple qui a retrouvé une capitalisation boursière supérieure à 3 000 milliards de dollars. Mais surtout, les investisseurs ont recommencé à plébisciter les valeurs liées de près ou de loin à l'intelligence artificielle, dans le cadre des annonces de Google qui a présenté cette semaine de nouvelles évolutions de son offre en la matière.
Immobilières en rebond
En zone euro aussi, les opérateurs ont gardé l'œil sur l'évolution des rendements obligataires, le rendement du Bund allemand à 10 ans tombant à 2,21 % contre 3,026 % il y a deux mois. Les Olos belges à 10 ans ont vu le leur reculer jusqu'à 2,8 % cette semaine. En conséquence, les gestionnaires ont poursuivi le ramassage de valeurs immobilières ciblées, ce qui a avantagé chez nous les valorisations des SIR (Sociétés Immobilières Réglementées) dont les poids lourds de l'indice Bel 20, Aedifica, WDP ou Cofinimmo.

On sera par ailleurs attentif, dès lundi, à l'évolution de Solvay et de Syensqo après division de l'entreprise et la cotation séparée des deux entités, l'une conservant le patronyme original et les activités de chimie classiques, l'autre reprenant les activités plus "high tech" dans les polymères et les matériaux composites. Au passage, le Bel 20 sera pour un temps rebaptisé Bel 21 puisque ces deux entités en feront partie de plein droit. Dans le modèle conceptuel, la somme des deux parties cotées devrait être égale au poids de l'entité avant scission. Mais le marché pourrait en décider autrement.