Une poignée de valeurs du luxe, très rentables, ont porté les indices européens
Comme ce fut le cas ces derniers mois aux États-Unis, quelques valeurs ont porté l'essentiel de la hausse des indices, avant la correction.
- Publié le 03-11-2023 à 08h10
- Mis à jour le 03-11-2023 à 10h42

Les évolutions des marchés boursiers se suivent et se ressemblent souvent. Ainsi évoque-t-on ces derniers mois la corrélation entre la hausse des "Magnificent Seven", ces sept valeurs américaines de l'économie des réseaux, Amazon, Apple, Microsoft, notamment, et la suprématie de l'indice Nasdaq. De fait, les investisseurs se sont retrouvés face à cette poignée de valeurs incontournables, ne fût-ce que par leurs capitalisations boursières supérieures à 1 000 milliards de dollars et leurs résultats insolents. Leur attitude a été de délaisser les valeurs de moindre poids, les petites et moyennes capitalisations, par peur de manquer le prochain bond de ces entreprises cotées. En Europe, à défaut de géants du numérique, les investisseurs se sont donc tournés vers des entreprises bénéficiant de l'explosion des moyens financiers de la classe moyenne supérieure et des milliardaires chinois.
Incontournables poids lourds
Incontournables dans les gros portefeuilles diversifiés, les poids lourds du luxe français (pour l'essentiel), ont donc attiré les investisseurs européens, au détriment des plus faibles capitalisations. LVMH, chef de file du secteur devant Kering, Hermès ou encore L'Oréal, a raflé la mise, notamment en lançant à point nommé en Asie, en Chine surtout, une alternative numérique aux magasins physiques durant la pandémie. Au point de voir ses bénéfices enfler et d'atteindre en Bourse, une capitalisation dépassant les 500 milliards de dollars ou 454 milliards d'euros. Soit, la plus grosse capitalisation boursière européenne. Mais même les arbres gainés de cuir fin ne grimpent pas jusqu'au ciel. Et depuis avril, l'action qui avait plafonné à 904 euros, est redescendue vers les 625 euros, soit un recul de 30 %. Avec une capitalisation boursière revenue à 372 milliards de dollars ou 352 milliards d'euros. LVMH n'est plus pour l'heure la première capitalisation européenne puisque cette place lui a été ravie par le groupe pharmaceutique danois Novo Nordisk (452 milliards de dollars de capitalisation boursière).
La Chine au ralenti
En cause, bien entendu, l'absence de redémarrage de l'économie chinoise malgré la suspension rapide des mesures de confinement anti-Covid. C'est que la Chine connaît un redémarrage poussif, ralenti par l'implosion de son secteur immobilier qui pèse près de 30 % du produit intérieur brut (PIB) chinois. Ce qui conduit les consommateurs, même aisés, à redoubler de prudence et à reporter leurs achats dans le secteur du luxe. Or l'Asie (hors Japon), représentait en 2022, 20 % des ventes du groupe. La consommation chinoise reste pourtant supérieure à celle d'avant la crise sanitaire, mais cette hésitation a pesé sur les attentes des groupes du secteur du luxe, qui ont dû revoir leurs estimations de croissance des ventes. D'où le réajustement des valorisations en Bourse. Début octobre, LVMH a publié des résultats toujours en croissance pour le troisième trimestre. Mais au lieu des 17 % de croissance des ventes du deuxième trimestre, les actionnaires ont trouvé un chiffre de 9 %, ce qui a justifié à leurs yeux, une claque boursière de 11 %.