"Le marché mondial du bois est très perturbé, les délais sont plus longs et les prix sont à la hausse"
Le Panorabois Wallonie 2021 vient de sortir, véritable état des lieux du secteur. La forêt wallonne s'étend sur environ 563.000 hectares. C'est 5.000 de plus qu'il y a deux ans.
- Publié le 30-09-2021 à 17h52
- Mis à jour le 30-09-2021 à 17h54

"À l'inverse des forêts tropicales, il y a, dans les forêts d'Europe, moins de prélèvements de bois que d'accroissements"
, insiste Eugène Bays, responsable "veille" stratégique de l'Office économique wallon du bois en présentant jeudi la version 2021 du bisannuel Panorabois Wallonie. Pas plus que ses homologues européennes, la forêt wallonne ne meurt.
Mieux, depuis 2001, elle grandit de plusieurs centaines d'hectares par an. En 2019, elle s'étendait sur 558 000 ha. Deux ans plus tard, elle affiche 5 000 ha de plus : 563 000 ha, soit 33 % du territoire wallon.
Pour moitié, la forêt wallonne est publique (49 %), pour moitié privée (51 %). "On dénombre près de 84 000 propriétés privées, ajoute Eugène Bays, d'une surface moyenne de 3,4 ha, ce qui est relativement petit en termes de gestion. Seul 1 % des propriétés s'étend sur plus de 100 ha, raflant 30 % de la surface. Plus de 90 % ont une taille inférieure à 5 ha et se partagent 24 % de la surface." C'est d'ailleurs à leur intention que l'Office économique wallon du bois a créé une cellule d'accompagnement en son sein.
L'écart entre feuillus et résineux s'amplifie
Si la forêt wallonne grandit, c'est en feuillus plus qu'en résineux : à ce jour, 43 % de ses 563 000 ha portent des résineux, 57 % des feuillus.
"Et l'écart va en augmentant"
, note l'expert. C'est que, dans la filière belge, il y a plus de demandes de résineux et, dès lors, davantage de prélèvements (soit un taux de 122 %). Surtout dans les épicéas, l'expert parlant même de
"surexploitation"
(138 %) et d'un risque de
"générer un 'trou'dans la production."
Trou impossible à mesurer à ce jour sachant que les derniers chiffres disponibles datent de 2017, avant la crise des scolytes. Dans les feuillus, c'est l'inverse (avec un ratio prélèvement/accroissement de 65 %), ce qui rééquilibre le calcul.
La forêt wallonne n'en reste pas moins un petit joueur. Certainement au niveau mondial, mais également au niveau européen, face aux Scandinaves ou aux Allemands. Si elle exporte son chêne, il ne se retrouve pas pour autant aux États-Unis, d'où émane le gros des demandes actuelles.
Un marché mondial et local perturbé
Elle n'en subit pas moins les conséquences. "Le marché mondial du bois est très perturbé, les délais sont plus longs et les prix sont à la hausse, répond Eugène Bays. La matière première ne manque pas. Par contre, la demande a explosé durant la crise sanitaire et la production ne suit pas. Très certainement dans les résineux. Les scieries belges ont puisé dans leurs stocks. Aujourd'hui, elles les reconstituent, mais avec prudence, tablant sur un recul de la demande." Recul qui s'est concrétisé début septembre, impactant les prix. "On a passé un pic début septembre. Depuis, une amorce de baisse s'est enclenchée, mais personne ne peut prédire jusqu'où elle ira."
À noter que la filière bois représente, en Wallonie, pas moins de 8 171 entreprises et 18 431 emplois directs. Si elle a suscité des vocations ces dernières années, c'est surtout d'indépendants (dans l'exploitation des forêts, le travail du bois, la menuiserie, les meubles). "Le nombre d'emplois salariés a, par contre, diminué", conclut Eugène Bays.