Avec Sofindev, le nouveau "Belgian Growth Fund" réalise déjà son troisième investissement
Le Fonds de croissance belge termine l'année sur les chapeaux de roues. Après avoir investi dans Smartfin et Fortino, le "Belgian Growth Fund" (BGF) injecte 20 millions d'euros dans le nouveau fonds de Sofindev.

- Publié le 20-12-2019 à 17h54

Le Fonds de croissance belge ("Belgian Growth Fund" ou "BGF") termine l'année sur les chapeaux de roues. Ce "fonds de fonds", initié par l'ex-ministre fédéral des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) et soutenu par l'actuel Alexander De Croo (Open VLD), vient d'opérer son troisième investissement en l'espace de quelques semaines.
À chaque fois, l'objectif du BGF est le même : renforcer la force de frappe financière de la Belgique en soutenant des investissements dans de jeunes entreprises belges prometteuses, qui ont besoin de capital de croissance pour financer leur expansion internationale. C'est ce qu'on appelle des "scale-up".
Après avoir annoncé, le mois dernier, avoir investi 25 millions d'euros dans le fonds de capital-risque Smartfin Capital II, le nouveau fonds de Jurgen Ingels (l'un des investisseurs privés les plus actifs en Flandre), et 20 millions dans Fortino Capital Growth II, un fonds de même type créé par Duco Sickinghe (ex-CEO de Telenet), BGF a annoncé, vendredi, avoir investi un "ticket" de 20 millions dans le nouveau fonds levé par Sofindev. Fondé en 1991 par Sofina et Colruyt, Sofindev est l'un des plus anciens fonds belges indépendants de "private equity".
Inspiré du modèle danois
La taille de ce Sofindev V s'élève à 170 millions d'euros. Il investira des montants compris entre 5 et 30 millions d'euros dans des entreprises belges qui réalisent un chiffre d'affaires entre 10 et 250 millions d'euros et qui ont un réel potentiel de croissance. Sofindev se concentre sur des investissements de taille moyenne en "buy-out" (MBO) et capital de croissance.
"Le Belgian Growth Fund se félicite de ce nouvel investissement. L'équipe de Sofindev poursuit une stratégie à long terme, en partenariat avec des entrepreneurs, et qui a fait ses preuves au fil des ans. Le Belgian Growth Fund investit dans des fonds "late stage" et des fonds "buy-out". Nous sommes donc heureux d'ajouter un premier fonds "buy-out" à notre portefeuille", se réjouissent Jan Alexander (PMV) et Mireille Kielemoes (BNP Paribas Fortis Private Equity), deux des chevilles ouvrières du BGF.
Inspiré d'un modèle ayant déjà fait ses preuves au Danemark depuis 2010, le projet du BGF avait été mis sur les rails suite aux propositions d'un groupe d'experts créé en 2017 par Johan Van Overtveldt. La proposition visait à créer un "fonds de fonds" dont le rôle serait d'investir dans des fonds de "private equity" et "venture capital" qui, eux, financent en direct des entreprises prometteuses en vue d'accélérer leur croissance en Belgique et à l'international.
Des actionnaires majoritairement privés
Depuis quelques mois, la Société fédérale de participations et d'investissement (SFPI) et ses deux partenaires, à savoir le holding public flamand PMV et BNP Paribas Fortis Private Equity, se sont chargés d'amasser les fonds. À ce jour, 278 millions d'euros ont déjà été levés. BGF ambitionne d'atteindre un montant total compris entre 300 à 400 millions d'euros.
En plus des financements fournis par la SFPI, PMV et BNP Paribas Fortis, le Fonds belge de croissance a attiré des capitaux d'investisseurs institutionnels (compagnies d'assurances, banques, fonds de pension, "family offices"). Parmi les bailleurs du fonds, on peut citer AG Insurance, Belfius Insurance, Ethias, KBC Verzekeringen, Crelan, VDK Bank, KU Leuven et MRBB (holding du Boerenbond). "La majorité des actions du Belgian Growth Fund est tenue par des investisseurs institutionnels privés", insiste Pierre Demaerel, président du comité de direction du BGF.
Garder les "scale-up" en Belgique
L'objectif du BGF est de remédier à une problématique à laquelle sont confrontées de nombreuses scale-up belges. Si les start-up n'ont généralement pas trop de mal à lever des fonds lors de leur premier tour de financement ("Seed"), elles rencontrent davantage de difficultés quand il s'agit de "scaler" et de lever des montants de plusieurs millions d'euros (Séries A, B, C,…). Pratiquement, à partir de 15 à 20 millions d'euros, très peu de fonds de capital-risque belges sont en mesure d'intervenir. Résultat : les scale-up les plus prometteuses se tournent vers des fonds "VC" étrangers, c'est-à-dire des investisseurs qui n'ont pas de véritable lien avec la Belgique. Le risque est alors que ces sociétés en forte croissance quittent la Belgique.
Le Belgian Gowth Fund se donne un horizon de cinq ans pour investir dans différents fonds de capital à risque. Moyennant des investissements de l'ordre de 20 à 25 millions, BGF devrait intervenir dans 10 à 15 fonds.