"De la longueur d'un terrain de football" : Voici à quoi ressemblera le futur plus grand avion au monde qui intéresse l'armée américaine
Le WindRunner devrait détrôner le mythique Antonov An-225, détruit dès les premières heures de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. "On aura douze fois la capacité d'un Boeing 747", annonce fièrement son concepteur américain.

- Publié le 07-08-2025 à 10h36
- Mis à jour le 07-08-2025 à 16h05

C'est un géant du ciel qui s'apprête à voir le jour. De la longueur d'un terrain de football (108 mètres) et d'une envergure de 80 mètres, le WindRunner est annoncé comme "le plus grand avion de tous les temps". Et le mastodonte ne sortira pas des usines de Boeing, d'Airbus ou d'Antonov mais d'une entreprise américaine nommée Radia. Une start-up novice dans le secteur – elle était jusqu'ici active dans l'énergie éolienne- mais qui est particulièrement confiante. "Nous espérons que notre avion verra le jour avant 2030", expliquait ainsi Mark Lundstrom, fondateur et directeur général de Radia lors du salon du Bourget à Paris, en juin dernier. L'homme connaît le secteur, puisqu'il a occupé différents postes dans l'aérospatial et est diplômé du prestigieux MIT de Boston.
"Depuis la fin des années 1980, il n'y a eu aucun nouvel avion conçu pour le cargo lourd"
Selon l'ingénieur, un boulevard s'ouvre pour sa société. "Depuis la fin des années 1980, il n'y a eu aucun nouvel avion conçu pour le cargo lourd" rappelle-t-il. S'il voit le jour, le WindRunner détrônera ainsi l'Antonov An-225, sorti en 1988 et en un unique exemplaire des usines ukrainiennes de l'entreprise éponyme et, à l'époque, encore soviétique. Surnommé "Mriya" (qui signifie "rêve" en ukrainien), le plus grand "et le plus lourd" avion jamais construit a été détruit dès les premières heures de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Mais le mastodonte ukrainien pourrait bientôt revoir le jour, puisqu'il existe des projets pour reconstruire cet exemplaire unique. Notons que si le WindRunner deviendra le plus long avion, le plus large restera l'impressionnant Stratolaunch, avec ses 117 mètres d'envergure, son double fuselage et ses six moteurs.

Si la charge de cargo (72 tonnes contre 230 tonnes pour l'Antonov "Mriya") que pourra embarquer le WindRunner n'a rien d'exceptionnel, c'est surtout le volume en soute qui est hors du commun (7700 m3 contre 1300 m3 pour l'Antonov). "On aura douze fois la capacité d'un Boeing 747 (610 m3, NdLr)"', annonce fièrement l'entreprise du Colorado. Autre gros avantage, le WindRunner pourra atterrir sur des pistes relativement courtes (1800 mètres) et en terres battues. "Notre but est de déplacer les plus gros objets du monde dans les endroits les plus difficiles d'accès".
Des éoliennes "de la taille de la tour Eiffel"
En fait, à la base, l'avion n'a été conçu que pour emporter une seule chose : des pales d'éoliennes terrestres. L'idée du projet est ainsi arrivée, il y a 10 ans, en écoutant les "frustrations" des fabricants d'éoliennes. "Ils savaient comment fabriquer des turbines gigantesques – de la taille de la tour Eiffel, avec des pales plus longues que la taille d'un terrain de football – mais ils ne pouvaient les déployer qu'au large de la mer du Nord", expliquait récemment M. Lundstrom à des médias spécialisés américains.

Les infrastructures routières et ferroviaires n'étant pas adaptées à ce genre de transport, le patron s'est dit qu'il fallait les envoyer directement par les airs "dans des endroits reculés". Selon Radia, ces éoliennes géantes sont "deux fois plus efficaces" que les engins actuels. Le WindRunner a donc été taillé sur mesure pour pouvoir emporter ces pales géantes. Et rien de plus. Mais la donne est en train de changer. M. Lundstrom a confirmé avoir eu des contacts avec d'autres clients intéressés par cette nouvelle possibilité de cargo aérien.
Le secteur militaire regarde aussi le curieux aéronef de près : il y a quelques semaines, le Pentagone a signé un partenariat de recherche avec Radia. Le président Trump est loin d'être un fan d'éoliennes, qu'il considère comme "horribles" et "nocives", mais l'incroyable volume proposé par le WindRunner attirerait n'importe quelle armée. "Notre avion peut accueillir six hélicoptères Chinook, ainsi que plusieurs avions de combat F-16, des satellites et presque toutes les plus grosses fusées du monde", annonce fièrement le patron de la start-up.
Un avion "à 70 % européen"
Selon ce dernier, le projet du WindRunner est d'autant plus réaliste qu'il ne se base que sur des technologies existantes, "mais en plus grand". L'avion sera aussi à "70 % de conception européenne", selon M. Lundstrom, cité par nos confrères de L'Usine Nouvelle. Parmi les partenariats déjà annoncés, on sait ainsi que l'entreprise italienne Leonardo développera le fuselage de l'avion, tandis que l'Espagnole Aernnova s'occupera de l'aile et des pylônes du moteur de l'engin. Quant à l'entreprise qui développera les quatre moteurs, pièces clés de l'avion, elle a déjà été sélectionnée par Radia mais pas encore dévoilée au grand public.

