Shein dans le viseur: la France entérine une loi contre l'ultra fast fashion
Deux ans et demi après son dépôt, le Parlement français a définitivement adopté lundi une proposition de loi visant à enrayer l'essor de la mode éphémère, incarnée par le géant asiatique Shein. Mais avec un dispositif resserré autour de l'"ultra fast fashion", pour préserver "l'emploi français".

- Publié le 29-06-2026 à 17h24
- à Paris, France
Pénalités financières, interdiction de publicité... Face à un phénomène en pleine expansion, le texte de la députée Anne-Cécile Violland (Horizons) permet de "viser juste et fort", a salué le ministre du Commerce Serge Papin, favorable à cette initiative.
Les principaux acteurs de la fast fashion sont ciblés, selon le ministre, à savoir "Shein, Temu et AliExpress" et leur "modèle économique fondé sur l'accumulation, la rotation permanente".
Alors que le secteur textile représente près de 10% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, ces plateformes sont accusées d'inonder le marché de produits bas de gamme à prix cassés, générant des montagnes de déchets et une importante pollution.
La réforme vise la "mode ultra-express", définie par deux critères cumulatifs: la largeur de gamme, c'est-à-dire les volumes de vêtements mis sur le marché, et l'incitation à réparer (un coefficient entre le prix du produit, rapporté à ce que coûterait sa réparation). L'objectif étant de cibler les grandes plateformes asiatiques (type Shein et Temu), tout en épargnant les entreprises européennes et françaises (comme Zara ou Kiabi).
Concrètement, le texte instaure un malus financier par produit, qui augmentera dans le temps. Ces pénalités pourront aller jusqu'à 20 euros par pièce en 2030. Avec toujours un plafonnement à 50% du prix hors taxe du produit.
Une partie de ces pénalités ira aux infrastructures de collecte et de recyclage.
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