Caroline Pauwels: "Je cherche ce qui unit. Je m'intéresse aux différences. Ce qui me guide, c'est l'universalité"
Caroline Pauwels, 58 ans, ancienne rectrice de la VUB, est décédée vendredi 5 août d'un cancer de l'estomac et de l'œsophage. En avril 2020, elle accordait cet entretien à La Libre.

- Publié le 26-04-2020 à 08h25
- Mis à jour le 06-08-2022 à 21h54

Il y a des personnalités qui se distinguent par leur talent artistique, leurs recherches scientifiques, leur art oratoire, leur plume, leur goût d'entreprendre, leur vocation culturelle, sociale ou médicale. Parfois, ces personnes cultivent aussi l'art d'être elle-même. Et grâce à cette précieuse faculté, ces hommes et ces femmes dégagent des ondes particulières. En un mot, ils et elles rayonnent. Et quand, de surcroît, ces personnes développent des projets ambitieux, des carrières au service des autres et transmettent des idées généreuses, solidaires, elles laissent derrière elles des traces d'humanité, des effluves de générosité qu'il est bon de humer.
Caroline Pauwels faisait partie de ces gens. Une enfance heureuse entourée de grands-parents et de parents qui portent au rang des valeurs le sens de la famille, un apprentissage précoce des langues, une générosité sans limites : sa devise pourrait être "le goût des autres". Caroline Pauwels a été baignée dans un environnement fait de lumière et de partage. Sa vie est faite de rencontres, celle avec Karel Van Miert, notamment, lorsqu'il était commissaire européen. Professeure à la Vrije Universiteit Brussel, Caroline Pauwels a aussi occupé la chaire Francqui à l'Université de Gand, a dirigé l'unité de recherches SMIT spécialisée dans les technologies de l'information et a créé le Difference day, qui célèbre chaque année en Belgique la liberté de la presse.
Elle a été, de 2016 à février 2022, la rectrice de la VUB. Flamande à Bruxelles, elle aimait l'unité dans la diversité. Beau programme. Elle a lutté aussi, avec une indomptable énergie, contre un cancer. Cette maladie n'a pas amoindri son optimisme ni son amour immodéré de la vie.
L'interview
Dans quelle famille avez-vous grandi ?
Une famille très unie, qui s'étendait toujours au-delà du noyau habituel. Je garde le souvenir de vacances, dans la petite maison en Zeelande hollandaise, de mon grand-père paternel, Etienne Pauwels, un vrai pater familias. Il était d'une extrême générosité, son expression favorite était "le repas d'un ami est bientôt prêt". Le week-end, il y avait de grandes tables, avec mes oncles, tantes, cousins, cousines. Les valeurs familiales étaient très importantes. Aujourd'hui, la famille est un peu dispersée de par le monde mais nous restons très unis. J'ai été élevée dans le respect des générations antérieures car j'ai pu bénéficier de tout l'amour de mes grands-parents pour leurs petits-enfants.
L'histoire familiale a été marquée, très tôt, par la mort.
Oui, mes grands-parents ont perdu leur premier enfant, Noël. J'ai perdu deux cousins aussi. Cela a beaucoup marqué la famille et sans doute contribué à l'unir encore plus. Nous avons appris très tôt que la vie est fragile et cela nous a sans doute permis d'apprécier plus encore le sens de la vie, de la famille, de l'amitié. Ma grand-mère paternelle était très catholique : je pense bien que cela lui a permis de surmonter ces deuils. Mais voilà, la vie devait continuer.
Votre autre grand-père, maternel, était aussi très généreux…
Les deux familles étaient différentes mais partageaient la même générosité. Mon grand-père paternel dirigeait une agence bancaire. L'autre était boucher. Tous les jeudis midi, nous allions manger des frites avec des boulettes. Et de la crème vanille comme dessert. Il nous disait toujours "De frietjes zijn niet geteld". Sa femme, ma grand-mère maternelle était très créative : pour ses petits-enfants, elle organisait des Saint-Nicolas magnifiques, décorait toute sa maison. Elle bricolait tout elle-même. Pareil à la Noël : c'était magique.
Vos parents ?
Ma mère était infirmière mais a arrêté de travailler quand ses enfants sont nés. Nous étions trois. Mon père a occupé plusieurs fonctions chez Esso.
Quel enfant étiez-vous ?
On disait de moi : "Caroline leeft als God in Frankrijk". J'étais une enfant contente de vivre, curieuse, émerveillée, très autonome. J'avais un grand esprit de liberté.
Vous viviez à Saint-Nicolas, en Flandre. Mais vous avez eu une éducation multilingue…
Il y avait une vraie ouverture dans la famille. Mon grand-père paternel parlait cinq ou sept langues. Il nous encourageait et disait : "Chaque langue que tu parles en plus, tu seras un homme ou une femme en plus." J'ai appris très tôt que parler d'autres langues, c'était un moyen d'aller vers l'autre, de créer des ponts. Pour lui, connaître d'autres langues, c'était une valeur en soi. Il a très fortement stimulé le multilinguisme chez ses petits-enfants.
Votre scolarité ?
Des humanités latin grec à Saint-Nicolas. Puis j'ai poursuivi des études de philosophie à l'université d'Anvers et la KUL parce que je voulais disposer d'une bonne base humaniste et ensuite j'ai suivi des cours de communication à la Vrije Universiteit Brussel. En réalité, j'avais toujours rêvé de devenir journaliste. J'ai toujours aimé écrire. Petite, je faisais des reportages sur les vacances, je racontais nos exploits. Plus tard, j'ai créé des petits journaux. J'ai effectué différents stages, chez Knack, notamment. Mais j'ai voulu connaître d'autres expériences professionnelles pour savoir ce qui me plairait. À la fin de mes études, j'ai fait un stage à la Commission européenne au cabinet de Karel Van Miert.
Qu'en avez-vous retenu ?
Une expérience exigeante et extraordinaire qui m'a beaucoup influencé et finalement orienté dans la vie. C'était la Commission de Jacques Delors. J'ai eu la grande chance de travailler avec Karel Van Miert et son chef de cabinet, Michel Vanden Abeele. Karel ne faisait aucune distinction entre les membres du cabinet. En tant que stagiaire puis jeune conseillère, j'ai reçu de grandes responsabilités. Tout était possible. Ce fut une aubaine de pouvoir travailler dans un milieu européen, avec des gens issus de milieux et de cultures très divers. L'équipe était très soudée. Après ma thèse, je suis devenue professeur à la VUB. J'ai eu la chance de diriger et de développer le SMIT, un centre de recherches d'environ 100 personnes qui travaillent sur les aspects économiques, juridiques, sociaux des nouvelles technologies de l'information. Cela m'a beaucoup plu parce que ce centre est multidisciplinaire. J'aime tout ce qui est "multi" : multiculturel, multilingue, multidisciplinaire.
Vous êtes devenue rectrice de la VUB. N'est-ce pas surtout un travail de gestionnaire ?
Non, non, c'est aussi très "multi" : on s'enrichit grâce aux différentes interactions. Je suis en contact avec beaucoup de disciplines, sans forcément les connaître. Bien sûr, il y a aussi beaucoup d'opérationnel.
Quitte à oublier les défis pédagogiques et humains ?
Ah non, bien sûr. Ce qui me fait vivre, c'est l'humain. Je donne encore des cours, c'est essentiel pour moi de garder le contact avec les étudiants. Je suis actuellement trois doctorants. J'y tiens. C'est important de garder les relations avec les jeunes générations.
Vous dirigez la VUB ; Vrije Universiteit Brussel. Quelle est la lettre la plus importante ?
Les trois sont importantes, elles se rejoignent. La liberté, en tant que droit fondamental, est importante. Universitas : nous devons réfléchir au vivre-ensemble et à pousser la recherche qui doit être libre, au service de l'humanité. Et Brussel : il y a une identité bruxelloise. La VUB est une université flamande à Bruxelles, "multi" donc.
Vous êtes une Flamande de Bruxelles. Les francophones ont le sentiment que les Flamands de Bruxelles sont plus ouverts, plus tolérants que les "Flamands de Flandre" ?
La perception de Bruxelles est peu nuancée quand on la regarde de Flandre, mais aussi de Wallonie. Je pense qu'il y a une différence entre des citadins et des gens qui vivent à la campagne. Il y a parfois une tension, que je n'aime pas. Il faut vivre là où on se sent bien. J'aime beaucoup Bruxelles, une ville qui m'a donné énormément et à laquelle je veux aussi rendre quelque chose. Cela ne veut pas dire que je ne me sens pas flamande. J'ai des identités multiples qui, dans ma propre personne, peuvent être aussi en tension. Je ne veux pas choisir. Je suis une femme, mère, scientifique, flamande, bruxelloise, européenne, etc. Parfois, on se sent plus l'une que l'autre. C'est le rythme de la vie, il faut profiter mais aussi gérer ces différentes identités.
La Flandre est-elle aussi "multi" ? N'a-t-elle pas tendance à se replier et à privilégier une seule identité, flamande ? Comment interprétez-vous le fait que les deux premiers partis soient la N-VA et le Belang ?
Je comprends que cela étonne et cela étonne aussi parfois des Flamands. "La" Flandre n'existe pas. "La" Wallonie non plus. Tous les Flamands ne votent pas pour le Belang. Son score électoral est trop élevé. Mais il faut bien analyser les résultats. Il faut surtout essayer de comprendre ce qui se passe, pourquoi certains groupes, personnes se radicalisent. Il y a aussi beaucoup de Flamands qui ne pensent pas comme cela. Toute la Wallonie ne vote pas PS ou PTB. J'ai très peur des généralisations, je n'aime pas que l'on parle de "la" Flandre. J'ai épousé un Français. Mes enfants n'aiment pas non plus quand je parle de "la" France. Il y a surtout des Français, hétérogènes, multiples.
Combien de démocraties y a-t-il en Belgique ?
Il y a une seule démocratie, bien sûr ! Mais il y a deux sphères médiatiques différentes qui présentent deux réalités. Le problème est que les médias ne s'intéressent pas beaucoup à ce qui se passe chez l'autre. Il y a beaucoup de malentendus entre les uns et les autres. La mythification ou l'idéalisation et la polarisation sont deux façons de déshumaniser l'autre. Mais une mère flamande, une mère wallonne, une mère congolaise, une mère indienne ont le même souci de vouloir un monde meilleur pour leurs enfants, une opportunité d'emploi pour eux. On peut diverger sur les façons d'y arriver. Les partis politiques évoluent dans des contextes différents. Les contextes économiques de la Flandre et de la Wallonie ont souvent changé. Il y a aussi des différences économiques et culturelles entre le Limbourg et la Flandre occidentale. Les choix peuvent être, individuellement, différents, mais je ne vois qu'une démocratie. Nous travaillons beaucoup et avons intensifié nos relations avec l'ULB. Nos similitudes et nos différences sont des atouts. Je cherche ce qui unit. Je m'intéresse aux différences. Ce qui me guide c'est l'universalité. Les différences permettent de créer des ponts et d'apprendre quelque chose de nouveau.
"La solution ? Le multilinguisme à tous les étages"
Vous dites chercher ce qui unit. Mais en Belgique, on a construit peu de ponts, surtout des murs. Le pays peine à trouver son point d'équilibre. Est-il possible de le réparer avant de le séparer ?
J'étais un peu pessimiste ces derniers temps… La question est de savoir si les Belges ont encore envie de se retrouver. Moi, je crois que oui, bien sûr. Mais il faut que la masse critique des gens de bonne volonté soit suffisante. La Belgique a un atout extraordinaire, c'est son multilinguisme, ses communautés différentes. Mais lorsque les structures ne fonctionnent pas et que personne ne veut s'asseoir autour de la table pour les faire marcher, il y a en effet un problème et on risque la faillite. Voyez la Suisse qui a aussi trois communautés linguistiques et culturelles et cela fonctionne bien. L'histoire est différente mais pourquoi cela ne fonctionnerait-il pas chez nous ? Il faut retrouver de la confiance. Là aussi les médias ont un rôle positif à jouer. Avant, il y avait des gens qui parvenaient à faire vivre le système. Cela dit, il y a des failles systémiques dans les réformes de l'État qu'il faudrait corriger. Ces réformes n'ont pas été imaginées pour arriver à une séparation. Mais après, certains ont voulu les utiliser pour y parvenir.
La solution ?
Elle passera par le multilinguisme et le dialogue à tous les étages : on a raté, dans notre histoire, les moments où tous les Belges auraient pu devenir multilingues. Cela aurait été beaucoup mieux. Je vois les bienfaits de ce multilinguisme auprès de mes enfants. Cela est à la portée de tous. Et surtout, la langue n'est pas vue comme un instrument politique, mais un moyen de communication, rien d'autre. La circonscription fédérale est aussi un moyen de rassembler les Belges. Tout comme une sphère médiatique qui s'intéresse davantage à la Belgique. C'est pareil en Europe, il n'y a pas de sphère médiatique européenne. Chacun se replie sur soi, le nationalisme. Mais comme le disait Mitterrand, "le nationalisme c'est la guerre".
Comment vivez-vous ce confinement ?
À vrai dire, assez bien. La gestion d'une université en mode digital, c'est impressionnant. Cela demande énormément d'organisation. Chaque jour, un nouveau casse-tête se pose. Sur le plan personnel, mes deux enfants vivent à l'étranger. Mon fils était de passage à la maison et a pu ou dû rester. Pour moi, c'est un cadeau de l'avoir à la maison. Sur le plan social, c'est évidemment triste. Je me soucie énormément des plus démunis. Je m'inquiète des inégalités actuelles et de celles qui vont suivre ce confinement. Moi, je vis dans un environnement spacieux, proche de la forêt. Ce serait arrogant de me plaindre de ma situation. Nous avons accès à toute la nourriture. Beaucoup sont dans des situations dramatiques et je n'ose penser aux traumatismes qui sortiront de cette période.
La suite ? "Business as usual" ?
Qui sait ? C'est bien trop tôt pour le dire. J'espère qu'au niveau politique, on se rendra compte qu'on ne peut pas continuer comme avant. Mais, à nouveau, les personnes, les structures seront-elles là pour empêcher que ce soit comme avant ? Je ne sais pas. Il faudra que les scientifiques nous aident à sortir. Sur le plan climatique, il y a bien longtemps que les scientifiques tirent la sonnette d'alarme et que rien ne change. Il y a beaucoup de leçons à tirer. Il y a une belle collaboration mondiale entre les scientifiques car le virus est global mais les réponses sont nationales. Je crois plus à la coopération qu'à l'isolationnisme.

"Malgré mon cancer, j'ai cette énergie de vie qui me tient debout et me rend optimiste. Mon moral reste fort."
Vous luttez depuis un an contre un cancer. Où en êtes-vous dans ce combat ?
Je continue la thérapie, toutes les trois semaines. C'est toujours un moment à passer. Mais mon moral reste fort. Mon énergie n'a pas diminué. Elle a pris des coups. Mais j'ai cette énergie de vie qui me tient debout et me rend optimiste. Je suis très aidée par la science, des médecins remarquables et probablement aussi de la chance. Je parviens à vivre de manière positive.
Qu'est-ce qui vous fait tenir ?
On m'a légué l'amour de la vie, même quand cela n'allait pas bien. J'ai toujours aimé la vie, ma vie. Cela ne veut pas dire que de temps en temps, on n'est pas frustré, triste, déçu. J'ai déjà eu une vie très remplie, très belle. J'ai été gâtée par la vie. Pas toujours, à certains moments. Mais j'ai toujours en moi cette grande envie de vivre. Même aujourd'hui, je me dis, en regardant par la fenêtre : quelle chance on a d'être confiné avec ce temps magnifique, il pourrait pleuvoir des cordes et cela nous déprimerait. On ne peut pas beaucoup sortir, mais ce beau temps donne du courage. J'ai toujours eu cette capacité de voir ce qui marche et je sais que cela énerve parfois. Mais voilà, je n'ai pas beaucoup de raisons de me plaindre.
Comment vous ressourcez-vous ?
Nature, culture, amis. J'ai toujours cultivé le principe : "Un esprit sain dans un corps sain". Avant ma maladie, je nageais tous les jours. Maintenant je fais beaucoup de yoga. Qu'il fasse beau, qu'il pleuve ou qu'il neige, j'ai besoin de respirer la nature, c'est pour moi un vrai ressourcement. La culture aussi est indispensable. J'aime les livres d'art, la poésie, le théâtre, les films, la musique, beaucoup. Et puis, il y a les amis et la famille. J'aime les repas simples, les longues conversations. J'aime les rituels : on fait toujours une fête à la fin de l'été en famille. J'aime beaucoup cela.
Vous avez suivi votre scolarité dans des écoles catholiques. Puis vous vous en êtes éloigné. Vous affichez aujourd'hui votre appartenance à la franc-maçonnerie. Comment s'est fait ce cheminement ?
Le cheminement a été long. Je garde toujours un grand respect pour toutes les croyances vécues au niveau personnel. J'ai plus de difficultés avec l'institutionnel. La franc-maçonnerie - qu'il m'arrive de critiquer aussi dans certains aspects - m'a beaucoup appris. J'aime beaucoup la notion d'apprenti, le fait que tout au long de sa vie, on doive apprendre. C'est comme cela que je vis ma vie, un peu à la manière de Jean Gabin : "Je sais qu'on ne sait jamais". Il faut avoir cette attitude d'apprentissage. On peut apprendre de tout, de tous, même, peut-être même surtout des gens avec qui on n'est pas d'accord. Cela existe aussi dans les religions même si j'aime moins la notion de "disciple". La franc-maçonnerie encourage un travail sur soi, une recherche personnelle. C'est important. J'aime aussi l'idée de la chaîne fraternelle universelle. L'objectif n'est pas d'évangéliser, mais de créer une fraternité. Nous devons aussi, toujours, présenter des travaux, cela me plaît. Il y a aussi de curieux côtés "cachés" que j'aime moins. Mais il y a des explications historiques.
En qui, en quoi croyez-vous ?
En l'humain. À l'humanisme.
Pensez-vous à la mort, parfois ?
J'y ai toujours pensé. Enfant, j'ai été confrontée à la mort de mes cousins. J'ai appris très tôt que tout est passager. J'aime citer une phrase d'un ami, poète flamand, Jozef Deleu : "Het gaat voorbij. Maar er blijft overschot". Cela se passe mais il y a toujours quelque chose qui reste. Les gens meurent mais d'une certaine manière, ils restent présents. Je pense encore souvent à mes cousins disparus.
Qu'y a-t-il après la mort ?
Pour moi, il n'y aura rien. Mais il restera quelque chose de moi dans mes enfants, ma famille, mes amis.
Du côté de chez Proust
Quelle est votre vertu préférée ? La tolérance.
La qualité que vous préférez chez un homme ? L'intégrité.
Chez une femme ? L'intégrité.
Votre principal défaut ? L'impatience.
Votre principale qualité ? L'enthousiasme.
Quel serait votre plus grand malheur ? La mort de mes enfants.
Votre auteur préféré ? Hannah Arendt.
Votre compositeur préféré ? Bach.
Votre héros dans la fiction ? Il y a des gens "héroïques" mais je ne comprends pas le concept de "héros".
Qu'est-ce que vous détestez par-dessus tout ? L'hypocrisie.
Le don que vous auriez aimé avoir ? Jouer de la musique.
Comment aimeriez-vous mourir ? Entourée.
Quelle est la faute, chez les autres, qui vous inspire le plus d'indulgence ? Commettre des erreurs.
Avez-vous une devise ? La mère de Jean Monnet disait : "À chaque jour suffit sa peine". Son père disait : "Demain est un autre jour". Les deux sont vrais.