Francis Cabrel: "La notoriété est encombrante"
Sa famille, sa jeunesse, sa carrière, son inspiration, ce en quoi il croit. Le chanteur Francis Cabrel se confie à La Libre dans un entretien exceptionnel.

- Publié le 31-10-2021 à 07h59
- Mis à jour le 02-11-2021 à 13h16

Paris, un hôtel chic et discret, près du rond-point de l'Étoile.
J'ai la chance de croiser sa route en octobre. C'est le mois, me confie-t-il, qui lui correspond le mieux. En primaire - après cela s'est gâté -, il était bon élève, premier en rédaction. À chaque rentrée, l'instituteur écrivait au tableau : "C'est l'automne, décrivez…" Déjà, à l'époque, il écrivait de jolis textes. Et quand le monde de la chanson lui a ouvert les bras, il a voulu écrire une belle chanson sur l'automne. Ainsi est née "Octobre".
Son répertoire recèle quelques merveilles. Nous avons tous, caché dans un coin de notre tête, un refrain de Francis Cabrel. "Moi je n'étais rien et voilà qu'aujourd'hui, je suis le gardien du sommeil de ses nuits…" par exemple. Poétique.
L'homme est avare d'interviews, persuadé qu'il n'y a pas assez de matière pour cela. Après deux ans d'attente, il a enfin accepté ma proposition… Est-ce parce qu'un journaliste du Monde considéra, lorsque le troubadour gascon se lança, que son personnage un peu trop timide, était fabriqué et qu'il ne durerait qu'une saison ? Près d'un demi-siècle plus tard, Cabrel est toujours là, au sommet de son art : des textes travaillés pendant des mois, voire des années pour qu'ils collent aux mélodies qui, en permanence, dansent dans sa tête. Accompagné par quatre remarquables musiciens et trois choristes, son concert (*) est un moment de grâce.
Fidèle à ses attaches gasconnes, Francis Cabrel fuit comme la peste le monde du show-biz. Tout ce qu'il cherche, c'est la vie de famille, dans son village d'Astaffort. Une pointe, parfois, jusqu'à Hossegor où il a écrit le sublime Hors-saison.
Sa passion : composer et écrire. Sa volonté, propager les bons sentiments qui l'animent depuis toujours : l'humanité, la fraternité, l'amour des autres. Il se dit toujours "en recherche", mais il est un homme dans la parole duquel il se retrouve pleinement : Jésus-Christ. Voici les États d'âme en chansons d'un grand artiste qui a voulu, et su, rester simple.
Si ce n'est déjà fait, précipitez-vous pour réserver vos places au concert unique qu'il donnera le 5 novembre à Forest national.

Vous avez évoqué la personnalité de vos parents dans deux chansons "Te ressembler" et "Une star à sa façon". Dans quelle famille avez-vous grandi ?
Mes grands-parents sont originaires d'Italie, aux alentours d'Udine. Ils ont quitté leur pays natal pour s'installer dans le Lot, dans le petit village d'Astaffort. Ils cultivaient la terre, ils étaient des paysans. Mes parents étaient donc des gens de la campagne, mais ils ont dû se reconvertir. Quand je suis né, mon père travaillait dans une usine à Astaffort, qui fabriquait des biscuits. Ma mère a été mère au foyer jusqu'à ce que ses trois enfants aient vingt ans. Après elle a travaillé.
Quel enfant étiez-vous ?
Silencieux. Ma mère se désolait, elle ne savait rien de moi. Je ne racontais rien, ni ce qui se passait à l'école, ni après. Elle s'est toujours demandé ce que je faisais de mes journées. Elle se le demande encore… Je n'étais pas très expansif. Mais voilà. Dans ma famille, on ne parle pas beaucoup.
Comment la musique est-elle entrée dans votre vie ?
J'écoutais beaucoup de musique sur mon transistor. Mon père aimait l'accordéon, il jouait de l'harmonica. Tout le monde chantait dans la famille. Les Italiens chantent beaucoup. Vers l'âge de 13, 14 ans, j'ai découvert Bob Dylan, le folksong.
Votre scolarité a été un peu chahutée…
En primaire, tout allait très bien. Ensuite, la musique a occupé une place importante dans ma vie. Très jeune, je suis devenu chanteur dans un orchestre. J'ai fait partie de plusieurs groupes, dont "Les Gaulois". Je partais le samedi matin, j'allais chanter à deux cents kilomètres de chez moi. Le dimanche, nous chantions dans une autre ville, en matinée et en soirée. À l'époque, les gens dansaient beaucoup dans des bals, sous des chapiteaux. Et le lundi, je rentrais au lycée… J'ai fait cela pendant sept ans, tous les week-ends. Donc, ma scolarité en a souffert, je ne m'y intéressais pas trop. Et je me suis fait renvoyer.
Pour gauchisme… ? Vous vous êtes vengé dans la chanson "Pas trop de peine"…
Moi, je n'avais pas trop d'idées politiques mais j'appartenais à un groupe d'amis qui défendaient quelques idées. Il y avait des trotskistes, des maoïstes. Il y avait des frictions entre les deux. C'était l'extrême gauche, mais moi je ne savais pas trop ce que cela voulait dire. On voulait surtout être généreux, que les gens soient heureux et que tout soit partagé… Je m'intéressais plus à la musique. J'ai commencé à écrire des chansons dans un petit carnet, à les fredonner sur un petit magnétophone. Je les chantais à mes amis. Ils aimaient bien. Mais j'avais envie de savoir ce qu'en pensait quelqu'un de plus professionnel.
La musique vous permettait-elle de vivre ?
Non. J'avais été engagé chez un grossiste en chaussures. J'étais magasinier. J'écoutais beaucoup la radio. Et j'ai entendu que Sud Radio organisait un concours. Je m'y suis inscrit et je l'ai gagné avec "Petite Marie", la chanson que j'avais écrite pour la femme que j'avais rencontrée, Mariette, que je venais juste d'épouser. Un membre du jury, Richard Seff, avait déjà un pied dans le show-biz, il écrivait pour Gérard Lenorman. Richard et son frère Daniel m'ont encouragé à écrire d'autres chansons. Ils ont cherché une maison qui accepterait de m'éditer. Ils ont essuyé beaucoup de refus. Trois ans plus tard, en 1977, Jean-Jacques Souplet, le fils du patron de CBS (qui deviendra Sony, maison dans laquelle je suis toujours), s'est montré intéressé. J'ai enregistré un album, Les murs de poussière qui n'a pas eu beaucoup de succès.
1979 a été un tournant dans votre carrière…
Parmi les chansons que j'avais proposées pour le deuxième album, CBS avait choisi de diffuser un premier extrait "Les chemins de traverse". Cela avait marchoté, sans plus. Dans les bureaux de la maison de disques, qui occupaient quatre étages, il n'y avait pratiquement que des filles. Lorsqu'elles ont écouté les chansons, toutes ont dit que la meilleure était "Je l'aime à mourir". La maison a sorti ce deuxième extrait. Et cela a bien marché.
D'ordinaire, il vous faut des mois, voire des années pour composer une chanson. Là, quelques heures…
Quand je me suis lancé dans ce métier, il a fallu que je quitte ma campagne. Je me suis retrouvé dans un appartement au 9e étage dans le quartier de La Défense. Un jour, des amis de mon village m'ont rendu visite et m'ont fait découvrir une forme de renversement d'accord à la guitare. Quand ils sont partis, je me suis entraîné au "picking à l'envers". Et la chanson est arrivée. C'est assez mystérieux… Ma théorie est que, quand on écrit beaucoup, eh bien, de temps en temps, il y a des phrases qui arrivent toutes faites, comme des récompenses. "Je suis le gardien du sommeil de ses nuits", je l'avais en réserve, je ne savais pas trop où la placer. Je crois qu'il faut être très amoureux pour écrire des chansons d'amour.
Qu'est-ce qui vient d'abord, le texte ou la musique ?
C'est la musique. C'est sur la phrase musicale que je place mes mots avec des accents toniques qui correspondent aux notes importantes.
Vous avez vécu dix ans à Paris, une souffrance… ?
Au départ, j'étais très intéressé parce que je voulais savoir ce qu'était une ville et tant qu'à faire, autant choisir la plus belle de toutes les villes. Avec Mariette, nous avons vécu très heureux à Paris. Ensuite, nous avons eu deux enfants et je ne voulais pas qu'ils grandissent en ville, qu'ils soient des petits citadins. Quand ma deuxième fille est née, nous sommes rentrés à Astaffort.
Dans "Répondez-moi", "Carte postale", "Ma place dans le trafic" et d'autres chansons, vous criez votre envie de campagne…
J'avais vécu à la campagne, j'avais été au lycée à Agen, je n'étais jamais allé à Bordeaux, un peu à Toulouse. À Paris, il me manquait l'oxygène, l'espace, la lumière, la paix et le silence. Ici à Paris, il y a toujours un bruit de fond. À Astaffort, il y a le silence total. Et, surtout, il y a l'air que l'on respire. J'ai une théorie à ce sujet. Il y a des endroits où l'air vous pénètre jusqu'au plus profond de vos poumons et de votre organisme. Certains airs vous conviennent mieux que d'autres. À chacun de trouver l'air qui lui convient. Le mien est à Astaffort. Et à Hossegor aussi, avec le grand air qui vient de l'océan…
Pour donner le meilleur de soi, il faut être chez soi…
Il faut être chez soi, il faut être en paix, il faut avoir réglé plein de choses. Il faut être extrêmement disponible pour écrire. Quand le succès arrive, l'argent arrive, le confort avec. Mais il faut que cela dure. Il ne faut pas s'endormir sur ses lauriers. J'ai toujours eu l'obsession de la chanson, de la guitare. J'ai toujours cherché à devenir meilleur avec mon instrument. Pour écrire le plus authentiquement possible, il faut être assez apaisé.
Vous avez toujours paru en paix, serein, en harmonie avec vous-même…
Oui, c'est vrai. Je pense. Je n'ai jamais eu d'ambition démesurée. J'étais déjà très content quand j'étais magasinier et que je rangeais les chaussures en écoutant la radio. Je trouvais ça bien, déjà. Je me disais : si mes chansons intéressent quelqu'un, pourquoi pas ? Mais cela n'était pas obsessionnel. Je suis content que mes chansons aient rencontré un certain succès même si la notoriété est encombrante et déforme les caractères. Je n'aime pas trop la compagnie des gens connus.
C'est un luxe de vivre à la campagne…
Oui, c'est un luxe. Soit on y naît, on y travaille et on ne réalise pas toujours que vivre à la campagne est un luxe. Soit on y vient plus tard : il y a des gens qui fuient les villes et s'intéressent de nouveau à la campagne. C'est plutôt bien. Mais il faut qu'ils nous laissent bien tranquilles, quand même…
La tranquillité… Dans "La dame de Haute-Savoie" et "Trop grand maintenant", vous critiquez sévèrement le show-biz. Est-ce une manière de cracher dans la soupe ?
Cracher dans la soupe, non. C'est une manière plutôt de prendre du recul. À chaque sortie d'album, je m'approche du show-business mais pas trop parce que je veux pouvoir rester moi-même. Je ne boude pas, je participe, mais un peu sur la pointe des pieds. C'est un métier très dur. Cela a probablement changé. Mais à l'époque, c'est comme cela que je ressentais les choses.

"L'artiste n'a pas le pouvoir de changer le monde"
Vos chansons ont du contenu, des messages. Dans "Saïd et Mohamed", par exemple, vous dénoncez le racisme. L'artiste a-t-il un vrai pouvoir ?
Non, hélas, non, je ne pense pas. S'il en avait un, le monde serait magnifique, en paix, en fraternité. Non l'artiste n'a pas ce pouvoir de changer le monde. Même pas John Lennon avec "Imagine". "Saïd et Mohamed", c'était d'abord une chanson pour que l'on s'écoute et se respecte. Cela a toujours été mon cheval de bataille, l'humanité. Je regrette beaucoup les cloisonnements, les replis sur soi. Les gens ont tout à gagner à se porter vers l'autre, à essayer d'entendre l'autre et le comprendre.
Ce sont ces valeurs que vous avez transmises à vos enfants. Être père, c'est…
Le grand bonheur de la vie. J'ai eu ma première fille lorsque j'avais 33 ans. Cela a tout changé. Je me suis révélé, je l'espère, un bon père de famille, un père de famille illuminé, convaincu, admiratif. C'était la révélation.
Vous avez écrit trois chansons pour vos trois filles "Sarbacane", "Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerais" et "Mademoiselle l'aventure"…
Oui, j'aime écrire sur mes bonheurs. Je sortirai bientôt une chanson dans laquelle j'évoque ma petite-fille. Le monde des enfants me correspond. Les enfants possèdent encore la pureté, l'humanité, c'est vraiment vivifiant. Cette pureté disparaît lorsque surviennent l'égoïsme, les calculs. J'ai essayé de dire cela dans "Il faudra leur dire". Les enfants chantent : "C'est de l'amour qu'il nous faut". En réalité, c'est ce qu'il faut à tout le monde.
Vous avez été élu au conseil municipal d'Astaffort en tant qu'adjoint au maire, chargé de la culture. Pourtant, dans plusieurs chansons, "Dernière chanson", "Dur comme fer", vous êtes très critique à l'égard du monde politique…
Je n'aime pas les postures, la vanité, le contentement de soi. Or, je pense qu'il y a beaucoup de cela, dans le monde politique. On aimerait que ceux et celles qui font de la politique soient les manches retroussées dans les dossiers. Or ils sont toujours là à parader sur des plateaux de télé ou sur Twitter. J'ai l'impression que pour occuper ces postes-là, il faut pas mal d'orgueil. Pourtant, leur métier, c'est d'être au service et à l'écoute. C'est cela qui est assez paradoxal.
Ils et elles ne sont pas tous et toutes comme cela. Certains, au niveau local, régional ou national, sont de vrais serviteurs…
Bien sûr. Je ne les mets évidemment pas tous et toutes dans le même panier. Il doit y avoir des gens authentiques, réellement investis de leur mission. Mais je ne souhaite pas rencontrer les hommes et les femmes politiques. Quand cela m'est arrivé, j'ai eu le sentiment qu'il y avait quelque chose d'attendu, derrière. Ils ne voulaient pas rencontrer un chanteur pour le plaisir de le saluer mais parce qu'il y avait un retour, un retentissement possible. Je me suis senti utilisé. Donc, je ne m'en approche plus. Terminé.
À écouter les paroles de vos chansons, on pourrait en déduire que vous soutenez toujours les théories de gauche, mais pas les personnes qui les portent ?
Oui, j'ai commencé ma carrière très à gauche. La vie a fait que je me suis recentré. Je suis toujours sensible à l'égalité, la justice. Mais cela peut venir d'ailleurs, ce n'est pas l'apanage de la gauche.

"La parole première de Jésus est assez magnifique et à suivre"
Quelle est votre spiritualité ? Vous levez un coin du voile dans la chanson "Dans chaque cœur"…
C'est en effet dans cette chanson que je me révèle le plus et dévoile mon admiration pour Jésus-Christ. Un moment, j'ai eu des doutes par rapport à mon éducation catholique. Je n'ai jamais été sûr qu'il y avait quelque chose ou qu'il n'y avait rien. Je n'ai jamais dit que c'était le vide total. Je ne l'ai même jamais pensé, j'ai toujours laissé une porte ouverte. La vie de ce bonhomme-là est assez impressionnante. Son enseignement a parfois été mal utilisé. Mais la parole première de Jésus est assez magnifique et à suivre. C'est la foi qui vous illumine ou pas.
En qui, en quoi croyez-vous ?
En l'homme. Le terme est générique, en la femme aussi. En chacun de nous, il y a beaucoup de bonté, d'altruisme. Mais, souvent, il y a une couche dessus qui empêche la bonté de surgir. Et si la parole du Christ, dans ce qu'elle a de plus pur, simple et évident, était appliquée, on s'en porterait tous plutôt mieux.
Il faut plus de poésie dans le monde, c'est-à-dire plus d'humanisme, de gentillesse, de courtoisie, d'écoute de son prochain. C'est tout ce qui manque, aujourd'hui, aux relations humaines : savoir entendre, partager, c'est romantique, tout cela. La poésie, ce n'est pas forcément écrire, c'est une attitude, c'est s'arranger pour que la vie soit plus belle, plus facile. Tout le monde veut cela.
Pensez-vous à la mort ?
Jamais. Cela ne m'obsède pas. Je ne pense jamais à ma mort. Celle des autres me catastropherait et m'a déjà catastrophé.
Qu'est-ce qu'il y a après la mort ?
Cela ne m'intéresse pas beaucoup non plus.
Qu'est-ce qui vous a construit ?
Mes parents ont été un exemple. Ensuite, j'ai dû un peu me faire moi-même.
Vos parents ont eu une vie plus dure que la vôtre.
Comparer les existences, c'est affreux. On passe de la peine à l'oisiveté, que je vis parfois de manière un peu bizarre.
Est-ce culpabilisant ?
Je n'ai pas le sentiment de travailler. Je n'ai fait que des choses récréatives, écrire, jouer de la guitare même si cela demande beaucoup de concentration et de persévérance. Mes grands-parents et mon père ont beaucoup travaillé, très dur. Ma mère a presque 90 ans. Elle est en pleine santé. Mon père est mort très jeune, mais il a vu mes deux premiers albums.
Il devait être très fier de vous…
J'imagine. Mais personne ne parle dans la famille.
Pensez-vous comme Jean-Jacques Goldman : les chansons sont plus belles que ceux qui les chantent ?
Oui, c'est exactement cela. Dans les chansons, on se présente sous son meilleur jour, on est dans l'amour maximum, la fraternité maximale. Mais on est tous pareils. Je ne suis pas meilleur ou pire, j'ai mes défauts, mes irritations, mes humeurs.
Faut-il séparer l'artiste de son œuvre ?
Normalement, non, c'est le même bloc.
Avez-vous peur que l'inspiration ne vienne plus ?
À chaque album, je repars à zéro. Je viens de sortir un album live avec deux chansons qui étaient dans mes tiroirs. Je suis donc, après cela, à zéro, zéro, zéro. C'est cela qui m'intéresse, tout recommencer. Je n'ai pas peur de la feuille blanche. Il y a des journées de tête à tête infructueux avec la feuille blanche. Mais ce n'est pas grave. Cela fait partie de la mise en place. Je m'y mets quand une envie irrépressible me prend. Mais il peut y avoir six mois sans rien.
Si je vous présente un miroir, que voyez-vous ?
Je vois un vieux monsieur… Je n'aime pas trop me regarder.
Comment envisagez-vous l'avenir ?
Je suis à la retraite maintenant. J'en ai l'âge, en tout cas car tous mes amis sont à la retraite. Je me mets dans la peau de quelqu'un qui est en train de ralentir encore plus qu'avant. Je vais occuper ma retraite à écrire différemment, en prose peut-être. Je ne sais pas. Mais je ne vais pas continuer comme cela jusqu'à 95 ans. Et je pense qu'il faut que je ralentisse un peu. Je n'ai encore rien décidé.
Peut-être qu'à 95 ans, vous sortirez une nouvelle version de "Je l'aime à mourir…"
Alors, le mot mourir prendra toute sa signification…
Biographie
1953. Naissance à Agen, le 23 novembre.
1977. Il gagne le concours de Sudradio avec "Petite Marie".
1979. La chanson "Je l'aime à mourir", sur son deuxième album "Les chemins de traverse" remporte un énorme succès.
Depuis lors, tous les 5 ans, il sort un album studio. Le dernier (2020) : "À l'aube revenant".
Son association "Voix du Sud" organise deux fois par an les "Rencontres d'Astaffort" qui accueillent de jeunes compositeurs et interprètes.