Audi Brussels : le coup de tonnerre
Un édito de Vincent Slits.

- Publié le 09-07-2024 à 21h20
- Mis à jour le 09-07-2024 à 21h36

Au moment où le tonnerre grondait dans le ciel bruxellois sur le coup de 19 heures, les syndicats d'Audi Brussels ont eux été avertis par la direction de la multinationale allemande que le scénario du pire, celui d'une fermeture pure et simple de l'usine forestoise, était désormais bel et bien sur la table.
Certes, il ne s'agit pas encore d'une décision. Certes encore, Audi entend entamer un dialogue "transparent" et "constructif" avec les 3 000 salariés de son usine bruxelloise. Certes enfin, Audi se dit prêt à envisager différentes solutions avant de trancher.
Mais le choc est rude et la réalité crue : l'avenir d'Audi Brussels ne tient désormais plus qu'à un fil. Plus que ténu. Ce symbole de l'économie bruxelloise, qui est aussi son premier employeur privé, a déjà un genou à terre.
Ces derniers mois, par touches successives, des doutes étaient apparus sur l'avenir d'Audi Brussels. Premier coup de semonce : le site n'avait pas été choisi par la marque aux anneaux pour assurer la production du modèle qui devait succéder au Q8 e-tron à partir de 2027. En mars dernier, une baisse de la production avait été actée, de même que la suppression de plusieurs centaines d'intérimaires. Ce mardi soir, Audi a enfoncé encore un peu plus le clou, en anticipant la fin de la production de son unique modèle, ouvrant la voie à une restructuration qui menace, dans une premier temps, pas moins de 1 410 emplois.
Finalement, les efforts déployés ces derniers mois par les autorités fédérales et régionales (formation, logistique, fiscalité…) semblent avoir peu pesé dans la balance face à un marché de l'électrique haut de gamme qui connaît de très sérieuses déconvenues. Et un modèle Q8 e-tron dont les ventes s'essoufflent depuis un bon moment. Dans ce contexte, Audi a mis en avant mardi soir certaines faiblesses "structurelles" du site de Forest, pointant notamment sa localisation urbaine et des coûts de production plus élevés que sur d'autres sites de production. Refrain déjà entendu en pareilles circonstances et qui ne laisse rien augurer de bon… Encore en gestation, le prochain gouvernement fédéral risque bien, en guise de baptême du feu, de devoir gérer un nouveau choc social de très grande ampleur…