Edito : l'accueil, un devoir historique

Ils arrivent détruits, meurtris. Ils ont senti la mort rôder, faucher les adultes mais aussi les enfants. Ils sont remplis de craintes, de peurs. Mais aussi d'espoir lorsqu'ils foulent enfin la terre d'accueil. La nôtre. L'exode massif de réfugiés, ce n'est pas une simple histoire qui se déroule. Un édito de La Libre Belgique.

Van de Woestyne Francis
Edito : l'accueil, un devoir historique
©afp

Un édito de La Libre Belgique.

Ils arrivent détruits, meurtris. Ils ont senti la mort rôder, faucher les adultes mais aussi les enfants. Ils sont remplis de craintes, de peurs. Mais aussi d'espoir lorsqu'ils foulent enfin la terre d'accueil. La nôtre.

L'exode massif de réfugiés, ce n'est pas une simple histoire qui se déroule. C'est une page d'Histoire qui s'écoule. Il revient aux nations protégées dans lesquelles nous vivons d'écrire les chapitres de cette Histoire afin que, dans un mois, dans un an, dans dix ans, nos frères puissent saluer ce que nous avons fait : secourir, accueillir, intégrer des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants. Pourquoi ? D'abord, parce qu'on ne peut fermer nos portes à ces réfugiés, poussés sur le chemin de l'exil par des dictateurs sanguinaires ou la furie islamiste. Des conventions internationales déterminent le statut de réfugié. C'est un devoir d'humanité d'y répondre.

Ensuite, parce que l'arrivée massive de réfugiés sur notre continent est, en partie, la conséquence des politiques étrangères que l'Occident a développées dans ces régions. Des opérations ont conduit au renversement ou à l'affaiblissement de dictatures mais ont échoué à mettre en œuvre la transition démocratique. De ce vide est née une instabilité politique dans laquelle se sont engouffrés des islamistes radicaux, comme l'organisation criminelle de l'Etat islamique, jetant sur le chemin de l'exode des millions de civils. Enfin, parce que l'arrivée de ces réfugiés peut constituer une chance, une opportunité pour nos vieilles démocraties. Pour autant que l'intégration soit réelle, que les nouveaux venus soient respectueux de nos modes de vie, de nos convictions, comme nous le sommes des leurs, ces milliers de personnes - une goutte d'eau dans nos pays pourvu qu'ils soient bien répartis - peuvent constituer, à terme, un enrichissement. L'Europe n'a-t-elle pas été, au fil de son histoire brassée, renforcée par ces vagues migratoires successives ? Face à cette situation, certains ont choisi le repli, la fermeture, le poing serré plutôt que la main tendue. Ici et là, des murs se construisent. D'autres, obéissant aux idées nationalistes, envisagent de donner à ces réfugiés des sous-statuts indignes. Nous préférons nous ranger aux côtés de ces milliers de bénévoles qui ont spontanément apporté leur aide aux réfugiés et nous inspirer du message de deux personnalités qui, en ces moments troublés, ont sauvé l'honneur de l'Europe et du monde : Angela Merkel et le pape François.

"La Libre" a décidé de consacrer une part très importante du journal de ce jour à la problématique des réfugiés. C'est aussi une question de devoir, devoir d'informer et de réclamer, haut et fort, au niveau politique belge et européen, des mesures courageuses à la hauteur du drame.


A l'achat de La Libre, découvrez notre supplément (24 pages) sur les réfugiés

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...