Geen commentaar: De la solidité du cordon
- Publié le 22-04-2017 à 18h34
- Mis à jour le 25-04-2022 à 21h23

La banalisation du vote d'extrême droite - qui marque désormais pratiquement tous les scrutins européens - forge la pensée politique de l'opinion publique. Un sondage réalisé pour la VRT et le "Standaard" indique qu'à peine un tiers des Flamands soutient encore le principe du cordon sanitaire - qui, pour rappel, assigne le Vlaams Belang à résidence dans l'opposition jusqu'à la fin des jours.
Selon le même sondage, les électeurs flamands sont encore moins nombreux (23 %) à soutenir un cordon sanitaire autour du PTB. Mais cette précaution n'est plus utile : le parti marxiste a déjà accédé au pouvoir - en l'occurrence dans le district de Borgerhout en coalition avec le SP.A et Groen.
Le résultat du sondage ravit le jeune président du Vlaams Belang, Tom Van Grieken. Lorsque ce dernier a été choisi par ses pairs pour les guider, il a précisément reçu comme ordre de mission de sortir le parti d'extrême droite de son isolement. Tout ce qui peut affaiblir la solidité du cordon sanitaire est donc bon à prendre pour lui.
Tom Van Grieken est persuadé que le Belang décrochera ses premiers échevins en octobre 2018. Le jeune loup de l'extrême droite flamande ne compte pas mettre la barre trop haut d'emblée. "Un seul échevin serait déjà une victoire", clame-t-il. Le début d'une longue série, pense-t-il.
Il sait qu'il n'ira pas chercher cette première participation dans les grandes villes, où les partis traditionnels disposent généralement de structures bien organisées. Mais il espère pouvoir la décrocher dans l'une ou l'autre petite bourgade, où flotte parfois un sentiment tenace d'abandon. Des cibles trop parfaites.
Un premier bourgmestre Belang ?
Le président du Belang prétend avoir identifié 5-6 communes qui pourraient sourire à ses troupes. Parmi ces communes, Ninove, 37 300 habitants, des électeurs dont le cœur bat plutôt à droite, une présence déjà bien établie au conseil communal (9 sièges sur 33). Pour faire bonne mesure, Forza Ninove - la version locale du Vlaams Belang - a annoncé en début d'année son intention de couper les liens avec la maison mère. De quoi convaincre, pense-t-on place Madou, un éventuel partenaire qui pourrait être gêné par un cousinage trop voyant avec le parti d'extrême droite flamand. La ficelle est un peu grosse. Mais elle fait rêver tout haut Guy D'haeseleer, actuel député flamand Belang, qui se voit déjà bourgmestre de Ninove.
Les clés du cordon à la N-VA
Ce qui permet au Belang d'espérer, c'est l'attitude de la N-VA. Le président des nationalistes flamands, Bart De Wever, a toujours montré son attachement au cordon sanitaire. Mais d'autres membres de son parti sont moins enthousiastes. C'est le cas, notamment, de Theo Francken, la gloire montante de la N-VA. C'est apparemment aussi le cas des électeurs du parti. Le sondage VRT/Standaard indique en effet que les partisans de la N-VA sont, et de loin, les moins favorables au cordon sanitaire. Une alliance avec le Belang passerait donc sans doute sans trop d'encombre auprès des militants. Or, l'appui de l'extrême droite viendra immanquablement bien à point lorsqu'il manquera un ou deux sièges à la N-VA pour assurer une majorité. Pourra-t-elle résister à la tentation ?