C'est la Nasa qui le dit : la fatigue des femmes est majoritairement sous-estimée
Ce lundi, c'est la rentrée scolaire. C'est peut-être aussi pour vous le moment du retour au travail. Bien reposé(e) ? Une étude de la Nasa démontre que la fatigue des femmes est moins considérée que celles des hommes. La faute au conditionnement social qui enjoint ces dernières à rester sociables en toutes circonstances.

- Publié le 24-08-2025 à 16h06
- Mis à jour le 25-08-2025 à 11h13

C'est la rentrée des classes pour les élèves francophones. Et, avec elle, le moment pour de nombreux Belges de reprendre le travail. Entre la fin des congés d'été, les valises à défaire, les stages à gérer et les cartables à préparer, avez-vous seulement eu le temps de vous reposer ?
Une étude récente menée par la Nasa relève que la fatigue des femmes est majoritairement sous-estimée tandis que celle des hommes est fréquemment surestimée. L'enquête a été menée dans le but de surveiller le niveau de fatigue des astronautes, principale cause des accidents et des erreurs enregistrés dans l'espace et l'aviation.
Morgan Stosic, chercheuse en psychologie au Centre spatial Johnson de la Nasa à Houston, au Texas, a voulu savoir si le langage corporel des équipages spatiaux pouvait être contrôlé afin de détecter les éventuels signes précurseurs de grand épuisement. Son équipe de laboratoire a ainsi demandé à un groupe de participants d'avoir des conversations de cinq minutes avec des inconnus et d'évaluer leur niveau de fatigue. Les échanges, filmés, ont par la suite été montrés à 71 volontaires sans le son. Ces derniers ont dû estimer le degré de fatigue des participants sur une échelle allant de 0 (pas du tout épuisé) à 10 (complètement exténué). Il en ressort que les volontaires ont en moyenne sous-estimé la fatigue des femmes d'environ 1,3 point et surestimé celle des hommes de 0,9 point.
Fait notable : alors que les femmes déclarent des niveaux de fatigue supérieurs aux hommes, les observateurs les ont systématiquement jugées moins fatiguées que leurs homologues masculins. Selon la chercheuse et son équipe, les conclusions de l'étude démontrent un biais sexiste dans la perception de la fatigue. C'est ici toute la problématique du conditionnement social. Hommes et les femmes n'ont en effet pas appris à se comporter de la même manière en société.
Les chercheurs de l'agence spatiale américaine ont notamment constaté que les femmes qui se sentaient épuisées avaient tendance à faire des efforts pour être sociables, ce que les hommes étaient beaucoup moins enclins à faire. Plusieurs autres recherches ont démontré l'existence pour les femmes d'injonctions en matière d'empathie, de bienveillance et de chaleur humaine. À titre d'exemple, une étude menée en 2023 par l'Université du Kent révélait que les femmes occupant des postes de pouvoir sont sanctionnées, contrairement aux hommes, si elles ne paraissent pas chaleureuses. D'autres travaux indiquent également qu'elles ont tendance à réprimer certaines émotions jugées négatives, comme la colère.
Dans l'étude de la Nasa, les femmes sont donc plus expressives et attentives face aux inconnus. Ces comportements ont dès lors été interprétés par les observateurs comme des signaux positifs indiquant une moindre fatigue. "Cette expressivité n'était pas liée aux niveaux de fatigue réellement déclarés par les cibles, ce qui indique que les normes sociétales encourageant les femmes à afficher un affect positif dans les contextes sociaux ont probablement influencé les jugements des observateurs", conclut l'étude de Morgan Stosic.