Le procès de Dieu se tiendra ce samedi à la cathédrale de Bruxelles
Tsimtsoum, une joute théâtrale entre Dieu et un fidèle devenu athée sera jouée pour la première fois ce samedi à la cathédrale des Saints Michel et Gudule.

- Publié le 03-03-2023 à 09h37

Si Dieu est tout-puissant, s'il est omniscient, s'il est absolument bon, comment peut-il permettre le mal ? Voilà une des plus grandes et graves questions qui traversent la théologie. Voici aussi le principal acte d'accusation qui sera adressé à Dieu ce samedi 4 mars à 20h en la cathédrale de Bruxelles.
Celle-ci accueille en effet ce soir-là une avant-première mondiale : la pièce Tsimtsoum de Jacques Sojcher. L'écrivain bruxellois a imaginé le face-à-face entre Jacques (joué par Bernard Crombey) et Dieu (Jean-Paul Comart). Le premier, juif et athée, et dont le père est mort à Auschwitz, rédige le procès de Dieu, incapable d'éviter le mal. Yahve, le Dieu juif, rend alors visite à son fidèle impie pour tenter de le ramener à la foi. "C'est un Dieu farceur, manipulateur, soucieux d'arriver à ses fins qui apparaît dans ma pièce", raconte Jacques Sojcher qui ne cache pas s'être inspiré des grands prophètes de la Torah qui n'ont jamais hésité à vertement dialoguer avec Dieu. "Je suis un athée mystique, poursuit l'auteur. Je ne crois pas en Dieu, mais je considère qu'il est le personnage le plus important de l'histoire de l'humanité, pour le meilleur et pour le pire. J'admire aussi les textes sacrés pour les messages d'amour qu'ils contiennent."
Il en résulte une pièce pleine d'humour, de colère et de tendresse, une sorte de comédie dramatique qui résonnera donc pour sa première dans une cathédrale.
Un Dieu qui s'efface
"J'ai très régulièrement débattu avec Benoît Lobet, le doyen de la cathédrale qui est devenu un ami, raconte encore Jacques Sojcher. Un jour, je lui ai fait lire cette pièce dans laquelle je fais le procès de Dieu. Était-ce sacrilège ? Il m'a répondu que la pièce, très bonne, contenait sa propre absolution, puis il m'a proposé de la jouer dans la cathédrale." "C'est une pièce très sincère qui parle de Dieu et à Dieu, répond Benoît Lobet. Je suis très heureux que l'on puisse parler de cette question du mal et de Dieu dans la cathédrale. C'est sa vocation, comme c'est aussi le rôle du Carême – que nous vivons pour l'instant – de s'interroger sur sa foi et les questions qui la traversent."
Tsimtsoum, le titre énigmatique de la pièce est tiré du nom d'une notion de la Kabbale : le retrait volontaire et actif de Dieu pour que les hommes et les femmes puissent être libres. Est-ce une réponse totale ou partielle au mystère du mal ? Le public, après la pièce, pourra en débattre avec les comédiens, l'auteur, le metteur en scène, mais aussi avec Thomas Gergely, directeur de l'Institut d'étude du judaïsme à l'ULB, Bernard Pottier, membre de la Commission théologique internationale du Vatican et l'économiste Mohamed El Battiui qui représentera l'islam.
La pièce Trsimtsoum de Jacques Sojcher, mise en scène par Cyril Le Grix sera jouée ce samedi 4 mars à 20h à la cathédrale de Bruxelles. Entrée : 10€ – Étudiants et chômeurs : 5€
Notons que la cathédrale organise également des conférences de Carême sur le thème du conflit en Ukraine. Elles auront lieu les dimanches 12, 19 et 26 mars à 16h (aucune réservation n'est requise).