Épiscène à l'orée de son deuxième été dans le Off d'Avignon
Bilan encourageant et menu éclectique pour le nouveau théâtre belge.
- Publié le 08-05-2019 à 18h56
- Mis à jour le 08-05-2019 à 19h06

Bilan encourageant et menu éclectique pour le nouveau théâtre belge.
Fin 2017, Jeannine Horrion et Patrick Donnay annonçaient l'ouverture, pour le festival 2018, d'une nouvelle vitrine belge dans le Off d'Avignon.
Les artistes de chez nous sont, on le sait, très présents en juillet dans ce grand chaudron mêlant public assidu ou occasionnel, professionnels, programmateurs et vacanciers. Avec ce défi perpétuel : sortir du lot. Le Théâtre des Doms, établi depuis plus de quinze ans comme "pôle sud de la création en Belgique francophone", s'est fait un nom et taillé une crédibilité dans le paysage avignonnais.
Le Théâtre Épiscène, nouveau venu, et jusqu'ici privé, tire un bilan plutôt encourageant de sa première expérience : les huit spectacles de son festival 2018 ont attiré plus de 6000 spectateurs dont 380 programmateurs. Et ceci alors que les Doms connaissaient leur meilleure fréquentation à ce jour. Plus d'émulation que de concurrence, pourrait-on en conclure pour simplifier.
Engagement, humour, classique, insolite
Réaffirmant sa vocation de programmation véritable (ceci n'est, en aucun cas, un énième "hangar" qui lève son volet en juillet), Épiscène a, pour 2019, ajouté un neuvième créneau horaire à ses journées déjà bien remplies.
Résolument éclectique, le menu est marqué par la création mondiale de Zinc, du grand auteur belge David Van Reybrouck, adapté par Michel Bellier et mis en scène par Joëlle Catino. Un questionnement très actuel des nationalités, frontières, identités, à travers l'histoire d'Emil Rixen, héros ordinaire établi sur un confetti de terre, au coeur de l'Europe, ballotté par les vents de l'histoire.
Les plus jeunes, dès 8 ans, pourront découvrir L'Audition, de et par Mohamed Ouachen et Caroline Faust: une plongée en théâtre gestuel dans l'ambiance des années 30.
Patrick Donnay, directeur artistique d'Épiscène, souligne l'étendue de la palette reprise ici. Théâtre engagé (Combat de pauvres par la Cie Art&tça, Je suis une histoire, de et avec Anthony Foladore, coup de coeur de Factory au Festival de Liège, Celui qui se moque du crocodile n'a pas traversé la rivière, et et par François Ebouele et Guy Theunissen), humour - un des piliers du Off (avec Bruno Coppens et son Loverbooké, Cécile Djunga dans Presque célèbre, ou encore Le Grand Foire de Jean-Louis Leclercq en photo ci-dessus), classique revisité (Curé le jour, athée la nuit d'après le Mémoire de Jean Meslier, avec Alexandre von Sivers), sans oublier l'insolite (Maman & Garçon, création franco-belge de Camille de Léobardy et Arnaud Vandermeiren, jouée en anglais). Notons aussi le concert du jeune musicien aux accents néo soul Aprile (22-25/7). Et des lectures d'auteurs belges, chaque lundi du festival.
Le tout dans une atmosphère dont plus d'un a déjà loué la convivialité.
- Théâtre Épiscène, 5 rue Ninon Vallin, Avignon – www.episcene.be – reservation@episcene.be et, dès le 4 juillet, +33-(0)4.90.01.90.54.
- Festival Off à Épiscène, du 5 au 28 juillet – www.avignonleoff.com
Une brochure tirée à 8000 exemplaires
Épiscène entend accentuer son accueil et son soutien aux compagnies, avec notamment une équipe de 11 personnes sur place (accueil, billetterie, intendance, régisseur, chargée de communication...) et une brochure reprenant l'ensemble du programme. Le lieu comprend par ailleurs un appartement dont le vaste séjour est propice aux rencontres et contacts avec les programmateurs.