Sous le Cirque du soleil voilé
Les scènes de rue éparses se succèdent dans "Quidam", dernier spectacle du Cirque du Soleil, présent à Anvers jusqu'au 20 mai après avoir été vu par quatre millions de spectateurs en Amérique du Nord comme en Europe
- Publié le 17-04-2001 à 00h00

Les scènes de rue éparses se succèdent dans "Quidam", dernier spectacle du Cirque du Soleil, présent à Anvers jusqu'au 20 mai après avoir été vu par quatre millions de spectateurs en Amérique du Nord comme en Europe.
Plus sobre, plus dénudé, plus inégal que le féerique "Alegria", ce "Quidam", mis en scène par Franco Dragone et dirigé par Guy Laliberté, est un spectacle à risque qui, sous son immense chapiteau, ose le dépouillement, dans l'occupation de l'espace comme dans les costumes tantôt colorés tantôt en lambeaux, évoque la fin ou le renouveau du monde, se joue en deux temps impartiaux avec une deuxième partition plus dense.
Séduisants débuts cependant dans ce salon improvisé au mobilier prêt à se soulever grâce aux rails supérieurs qui permettront ensuite d'intéressantes pirouettes. Un quidam lit son journal, une jeune fille orangée se met à chanter ou à régler la radio grésillant avant l'arrivée surprenante d'hommes en blanc du troisième type, tels des guerriers atomiques. Premier acte d'un théâtre qui se changera en cirque avec flambée de numéros dont ceux, longuets, de clowns, et belle vision du géant Quidam sans tête mais coiffé d'un immense parapluie. Les protagonistes déambulent en rue, sortent des égouts ou surgissent comme l'acrobate Benjamin Kahan dans un numéro revisité de roue allemande de deux mètres de diamètre au sein de laquelle il effectue crescendo acrobaties et altos.
Vêtues de bronze et de diabolos assortis, quatre très jeunes artistes chinoises envahissent à leur tour le bitume. On n'échappe pas au tissu aérien rouge d'Isabelle Vaudelle dont on attend le déroulé final sans s'étourdir de la fluidité souvent intimement liée à cette discipline propre au cirque contemporain. L'envol réel, après quelques temps morts, se donne alors grâce aux anneaux également aériens investis par de souples acrobates blancs comme les cygnes qu'ils semblent soudain devenir.
Plus intense, la deuxième partie du spectacle se déroule sous une alternance de numéros au ciel ou au sol toujours menacés par la guerre et les bruits d'hélico. Ceux-ci n'empêcheront toutefois ni le vertige des cordes et hommes dans le vide, ni la puissante démonstration d'Yves Decoste et de Marie-Laure Mesnage en vice et versa, ni surtout les prouesses de vingt gymnastes au sol, chaînon humain multipliant les sauts périlleux sans filet et portés par la musique de Benoît Jutras.
Sous parapluie, revient le quidam prêt à siffler la fin de partie, à rassembler pour un salut festif les artistes de rue à l'origine du Cirque du Soleil, comme un clin d'oeil au passé.
Gedempte Zuiderdokken à Anvers. Jusqu'au 20 mai. Réserv.: 0900.00.991 ou Web http://www.ticketclub.be.
© La Libre Belgique 2001
