Rock Werchter : voici les tops et les flops de l'édition 2023 du festival belge
Le bilan de Rock Werchter 2023: une clôture mémorable des Arctic Monkeys, des vétérans fringants, la relève au rendez-vous et des chapiteaux trop vite complets…

- Publié le 03-07-2023 à 10h09
- Mis à jour le 03-07-2023 à 14h34

Les très attendus Arctic Monkeys n'avaient pas encore joué les dernières notes de leur concert ce dimanche 2 juillet que les organisateurs annonçaient déjà les dates de Rock Werchter 2024. Le festival se déroulera du jeudi 4 au dimanche 7 juillet. En attendant, l'édition 2023 affiche un bilan plus que positif. En amont, on a évoqué l'inflation des prix, l'annulation de Stromae, les embouteillages lors de Werchter Boutique ou du concert de Harry Styles… Mais rien n'y a fait. La plaine du Brabant flamand était complète trois jours sur quatre. L'événement a attiré 88.000 spectateurs par jour (un total cumulé de 352.000 personnes) et aucun incident notoire n'a été relevé. C'est parti pour notre top/flop.
L'apothéose Arctic Monkeys
Un grand festival se doit d'avoir un concert de clôture mémorable. Ce concert mémorable, on l'a eu avec Arctic Monkeys ce dimanche 2 juillet. Quelque part entre le David Bowie de "Young Americans" et le Robert Palmer de "Looking For Clues", Alex Turner est l'élégance incarnée. Il était aussi de très bonne humeur. Alternant chansons pop pour crooners (Sculptures Of Anything Goes servi d'entrée) et brûlots rock (Don't Sit Down 'Cause I've Moved You Chair qui donné lieu à un joli mosh pit dans les premiers ranges), la formation anglaise a livré une prestation flamboyante. Une grande musicalité, une puissance énorme, de la communication avec le public, une fête totale qui n'a oublié aucun classique et s'est terminée par un feu d'artifice pour illuminer une dernière fois les cœurs avant de reprendre la route du retour.
La leçon d'Iggy, la forme des Red Hot
Les vétérans ont tenu leur rang. A 76 ans, Iggy Pop a livré une prestation d'une rare intensité en lever de rideau du festival. Décevants en 2022, les Red Hot Chili Peppers ont fait taire toutes les critiques. Autre habitué de Rock Werchter, Muse a pu se rendre compte que sa popularité était toujours intacte et a sorti le tout gros show. Beaucoup de mélomanes blasés se sont réconciliés samedi avec Matthew Bellamy. Le teigneux Liam Gallagher nous a aussi fait passer un grand moment.
Les femmes au pouvoir à Werchter
Il y a eu bien sûr le phénomène Rosalia ce dimanche qui a suscité des scènes d'hystérie à The Barn. Mais avant elle, la dj/productrice Charlotte de Witte a fait un énorme carton dans la même salle. Tout comme l'Américaine Gayle, Baby Queen, les Australiennes énervées de Body Type, le duo Nova Twins composé d'Amy Love et Georgia South ou encore Kelsy Karter & The Heroines.
La pop flamande au top
Si les artistes pop/rock francophones sont boudés en Fédération Wallonie-Bruxelles, où ils subissent de plein fouet la déferlante urbaine, leurs "collègues" flamands œuvrant dans les mêmes sphères musicales restent au sommet. Vendredi, Tamino et The Haunted Youth ont attiré des dizaines de milliers d'ados et de post-ados devant les scènes où ils se produisaient. Complètement inconnue chez les "franstaligen", Froukje Veenstra, la chanteuse de Rotterdam de 18 ans, a fait reprendre son tube Groter Dan Ik par toute la plaine. Idem pour Oscar and the Wolf, qui n'intéresse plus grand monde en Wallonie. Pour la première fois sur la scène principale (et pour son quatrième passage à Rock Werchter), Max Colombie, son vrai nom, a prouvé qu'il est capable de galvaniser la foule avec sa pop qui se teinte toujours plus de rock. Il peut compter sur une communauté super fidèle et toujours au rendez-vous, malgré les dernières sorties au succès plus mitigé.
Les portes fermées de The Barn
Sans aucun doute le sujet dont ont parlé tous les festivaliers ce week-end. Avec une capacité limitée, 22.000 personnes tout de même, soit plus que le Sportpaleis d'Anvers, la salle s'est retrouvée plusieurs fois complète. Ce fut notamment le cas pour Iggy Pop, Charlotte de Witte, Rosalia, le groupe de metal Amenra ou encore Fred Again. Rançon du succès, du niveau qualitatif de l'affiche, le phénomène s'accentue d'année en année à Werchter. Aujourd'hui, il faut planifier, quitte à se priver d'une partie de l'affiche. Dommage. Soumis au feu des critiques, l'organisateur Herman Schuermans veut pourtant continuer à y mettre "les plus gros noms" mais envisage d'augmenter la jauge à 25.000 personnes l'année prochaine. "Notre ADN, c'est avoir les plus grosses exclusivités de l'été, tant sur la grande scène en plein air qu'à The Barn. On continuera."

Le bad mood de Machine Gun Kelly
L'un des leaders du revival pop-punk inspiré des années 2000 ne semblait pas trop d'humeur à être sur scène ce samedi. L'Américaine a tenté de réveiller son concert en grimpant le long de la régie ou en allant dans le public, mais rien n'y a fait, ça n'est pas passé. Dans un autre genre, Squid est aussi passé à côté de son sujet jeudi avec un show trop cérébral et The Black Keys ne méritaient pas de jouer sur la grande scène.
La réussite de The Slope
Côté indie, les Viagra Boys décrochent sans contestation aucune la palme de la meilleure prestation du week-end. Mais la scène en plein air The Slope a parfaitement joué son rôle en programmant des artistes qu'on a l'habitude de voir en club pendant la saison. C'est là qu'on y a vu notamment Nova Twins, Baby Queen, Dead Poet Society, Sons ou encore la remuante formation de Hastings Kid Kapichi… C'est aussi ça Rock Werchter…

L'organisation 100% pro
On l'a écrit, on le répète… Outre un horaire respecté à la minute près, Rock Werchter se distingue aussi par son organisation irréprochable. Ok, il faut payer 3,50 pour une bière ou un Coke (c'est le tarif du Palais 12, by the way). Mais ici les toilettes sont toujours propres, le site est nettoyé chaque nuit, l'eau potable est gratuite, il y a des tapis de sol sur des centaines de mètres carrés devant les scènes, The Barn est la plus belle salle du pays (et le son est bien meilleur), il y a une armée de bénévoles qui sourient et sont, pour la plupart, trilingues, on ne fait jamais longtemps la file devant les stands, il y a des poubelles avec tri sélectif tous les 30 mètres, ainsi que des dizaines de bus de Lijn qui n'attendent pas le dernier concert pour ramener les gens à la gare… On ne va pas parler de Belgique à deux vitesses, mais il serait intéressant que beaucoup d'organisateurs de festivals wallons viennent en stage d'observation à Werchter pour savoir comment on accueille un public de masse en 2023.

