Qui sont les violoncellistes finalistes du Concours Reine Elisabeth 2026 ?
De lundi à samedi, les douze rescapés s'affronteront à Bozar. Petit tour d'horizon des concurrents du Concours Reine Elisabeth de violoncelle. Proclamation samedi soir.
- Publié le 25-05-2026 à 08h01

Pour vous accompagner lors des finales, voici une présentation des candidats, leur horaire de passage et le concerto qu'ils ont chacun choisi.
Maria Zaitseva

Russie 15/08/2001
Pur produit de la grande école russe, Maria Zaitseva s'est formée à Moscou, d'abord à la fameuse Haute Ecole Gnessin, puis au non moins prestigieux Conservatoire Tchaïkovski. Couronnée d'un deuxième prix au Concours Tchaïkovski en 2023 puis d'une victoire au concours ARD de Munich l'année suivante, elle dégage un sentiment de maturité et de plénitude tant dans le concerto d'Hofmann que dans la sonate de Debussy, mais aussi une force impressionnante, traduite par une maîtrise technique hallucinante dans la sonate op. 129 d'Alfred Schnittke qu'elle joue avec une poignante noirceur.
Dutilleux, Tout un monde lointain
- Lundi 25 mai, 20h15
Lionel Martin

Allemagne 22/03/2003
Fort d'un Bachelor de l'Université des Arts de Zurich et d'un Master de la Kronberg Academy, une haute école spécialisée dans la formation des jeunes cordes et qui fut même dirigée par Mstislav Rostropovitch, Lionel Martin est un élève de Franz Helmerson, qui fut membre du jury du Concours Reine Elisabeth lors des deux précédentes sessions de violoncelle. Un Caffeine d'une rigueur rythmique implacable, une sonate arpeggione de Schubert empreinte d'une émouvante simplicité mais aussi le redoutable Capriccio pour Siegfried Palm de Penderecki lui ont valu un début de standing ovation, et aussi les faveurs du jury.
Dvořák, Concerto n. 2 en si mineur op. 104
- Lundi 25 mai, 21h45
Yo Kitamura

Japon, 10/04/2004
Formé d'abord dans son Japon natal avec Nobuko Yamazaki puis Tsuyoshi Tsutsumi et ensuite à Berlin avec Jens Peter Maintz, déjà couronné d'une impressionnante collection de premiers prix aux quatre coins de la planète classique, Yo Kitamura semble être le plus heureux des finalistes. Qu'il joue le concerto de Kraft (avec panache), Caffeine de Noben, la sonate de Poulenc ou le très virtuose Scherzo de Julius Klengel, il ne se départit pas d'un même sourire bienveillant et malicieux, qui dit tout à la fois une assurance tranquille, un léger étonnement d'être là et un immense plaisir de faire de la musique.
Prokofiev, Symphonie concertante op. 125
- Mardi 26 mai, 20h15
Ivan Sendetsky

Russie, 04/06/1996
Doyen des finalistes de cette session, Ivan Sendetsky s'est notamment formé auprès de Laurence Lesser au New England Conservatory de Boston. Dans le concerto d'Anton Kraft, il a séduit et convaincu par sa maturité, son intelligence et sa technique souveraine, mais aussi par la sonorité somptueuse de son instrument. Des qualités appréciées à nouveau lors de son récital, où il a notamment joué avec une belle simplicité une sonate de Beethoven, enchaîné avec un Caffeine plein de panache avant de faire chanter les Bois silencieux de Dvorak et de conclure avec intensité par la sonate pour violoncelle seul de György Ligeti.
Chostakovitch, Concerto n. 1 en mi bémol majeur op. 107
- Mardi 26 mai, 21h45
Ettore Pagano

Italie, 25/02/2003
Formé d'abord à Crémone – capitale de la lutherie – puis à l'Academia Santa Cecilia de Rome et enfin à l'Université des Arts de Berlin, Ettore Pagano a notamment eu pour professeur Antonio Meneses et David Geringas. Ses racines italiennes apparaissant dans sa lecture extraordinairement chantante du concerto d'Anton Kraft, devenu cousin d'un Rossini qu'il jouera d'ailleurs dans des Variations de Martinu. Mais Pagano dispose aussi de moyens souverains, qu'on retrouvera dans Caffeine puis dans le tempo hallucinant du mouvement central de la sonate de Schnittke, contrastant avec sa lecture poétique et brumeuse des deux adagios.
Prokofiev, Symphonie concertante op. 125
- Mercredi 27 mai, 20h15
Clara Dietlin

France, 26/09/2001
Après une licence et un master au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, dans la classe de Michel Strauss, la jeune Française poursuit aujourd'hui sa formation avec Jeroen Reuiling et Gary Hoffman à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth. Lors de ce concours, ses prestations furent inégales : après un premier tour prometteur, elle sembla mal à l'aise dans le Concerto (assez ingrat…) de Michael Haydn, peinant à se connecter à la musique et au public. Elle reprit du galon lors d'un récital à la fois brillant et raffiné, avec Caffeine de Noben donné de mémoire (elle fut la seule !) et une lecture lumineuse de la Sonate de Franck.
Prokofiev, Symphonie concertante op. 125
- Mercredi 27 mai, 21h45
Dilshod Narzillaev

Ouzbékistan, 22/09/1997
Il reçut sa première formation musicale dans la classe de Djakhongir Ibragimov, à la Haute École de musique de Tachkent avant d'aller se perfectionner au Missouri Park University, au New England Conservatory et à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth où il obtint son diplôme en 2025 dans la classe de Gary Hofman. Depuis le premier tour, il s'est imposé tout naturellement par son tempérament solaire, ses riches sonorités, sa souplesse stylistique. Donné en connivence jouissive avec l'orchestre, son concerto (Hofmann) fut un des plus aboutis de la série, et son récital le révéla en osmose avec Noben et Ligeti.
Chostakovitch, Concerto n°1, op.107
- Jeudi 28 mai, 20h15
Alvaro Lozano Cames

Espagne, 04/04/2006
Cadet de la session, Alvaro a fêté ses 20 ans le 4 avril, et sa jeunesse explose à tous les tournants… Sa biographie officielle ne mentionne qu'un seul diplôme (bachelier), obtenu en 2023 à l'Escuela Superior de Música Reine Sofia, à Madrid. Par contre, entre 2020 et 2024, sept concours internationaux l'ont élu parmi leurs lauréats, dont cinq avec un Premier Prix. À Bruxelles, son récital fut brillant quoique dépourvu de lyrisme et d'intériorité ; dommage pour la sonate de Britten, parfait pour les courtes pièces de Davidov. Et le concerto de Kraft, mené en mode combat, fut tout bouillonnant de vie et de drôlerie.
Chostakovitch, Concerto n°1, op. 107
- Jeudi 28 mai, 21h45
Leland Ko

États-Unis/Canada, 27/05/1998
On ne recense pas moins de dix professeurs successifs dans la biographie officielle de Leland Ko, titulaire successivement d'un Bachelor of Arts de l'Université de Princeton, d'un Master of Music de la Juilliard School et d'un Artist Diploma du New England Conservatory. Cet élégant candidat d'une grande maturité avait témoigné en récital de sa capacité expressive dans Bois silencieux, de Dvorak, mais aussi de sa virtuosité intense dans la sonate de Kabalevski. Des qualités confirmées dans sa lecture du concerto de Kraft, joué en symbiose parfaite avec l'orchestre et avec quelques jolies ornementations.
Barber, Concerto en la mineur op. 22
- Vendredi 29 mai, 20h15
Krzysztof Michalski

Pologne, 11/03/2003
Ancien élève du regretté Aleksandr Khramouchin, Krzysztof Michalski obtint un premier diplôme à la Musica Mundi School (Waterloo) en 2021, dans la classe de Jérôme Pernaud. Il entreprit ensuite des études au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, dans la classe d'Edgar Moreau où il obtint son master en 2024. Lors de cette session 2026, il se distingua à chaque étape par un mélange idéal de maîtrise, de naturel et de créativité. D'essence romantique et intimiste, son récital échappa à tout effet de virtuosité, contrairement à son concerto de Kraft, débridé et débordant de juste théâtralité.
Chostakovitch, Concerto n°1, op. 107
- Vendredi 29 mai, 21h45
Andrew Ilhoon Byun

Canada, 12/04/1998
Diplômé de la North-Western Université, dans la classe de Hans Jorgen Jensen, le finaliste Canadien obtint son master à la Juilliard School avant de se perfectionner au New England Conservatory, ainsi qu'à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, avec Jeroen Reuling et Gary Hofman. Extrême concentration, sonorités puissantes et chaleureuses, sens du drame, rien ne laisse indifférent chez ce musicien dont la manière penchera vers les effusions romantiques plus que vers les audaces futuristes. À cet égard, il osa une version lyrique et arrondie de Caffeine, option alternative conforme à la nostalgie baignant son récital.
Henri Dutilleux, Tout un monde lointain
- Samedi 29 mai, 20h15
Tae-Yeon Kim

Corée, 14/03/2006
Comme Michalski, Tae-Yeon Kim vient de fêter ses 20 ans. Elle fit ses études au Curtis Institute of Music, à Philadelphie, et travailla avec Christine Lee, Yumi Kendall et Nick Canellakis. Lauréate de nombreux concours – dont le Young Tchaïkovski Competition en 2021, et le Concours Lutoslawski en 2024 – elle dispose aussi d'une large expérience de concert. Chacune de ses apparitions à Bruxelles fut marquée par une autorité et une maîtrise sans faille, mises au service d'une impressionnante puissance expressive. Si son récital, articulé autour de Martinu, fut magistral sans bouleverser, son concerto, tout aussi magistral, fut une euphorie.
Lutoslawski, Concerto
- Samedi 29 mai, 21h45