Lil' Wayne, bouffon quatre étoiles

Le petit Carter était de retour à Forest National jeudi soir. Presque aussi brillant que ses canines.

Nicolas Capart
Lil' Wayne, bouffon quatre étoiles
©AP

Si nous avions pris le train en marche, cela fait 5 ans que nous suivons le fabuleux destin de Dwayne Michael Carter, Jr. C'est en 2008 que le dénommé Lil' Wayne voit sa carrière décoller avec la sortie de "Tha Carter III", énorme album qui avait trusté plus d'un podium cette année-là. Un disque où l'autoproclamé meilleur MC du globe trempait son flow nasillard dans des encres hip hop, soul, r'n'b ou pop avec le même doigté. Une plaque traversée d'autant de ballades romantiques - "Tie my Hands", "Shoot Me Down" - que d'hymnes taillés pour les clubs - "Lollipop", "A Milli" - qui fit l'unanimité.

D'un coup, l'ego-trip se justifiait. Mais les choses allaient se compliquer. L'année 2010 amorce sa chute. Le gourou de la machine à tubes Young Money se plante avec "Rebirth", album hip-rock dégoulinant de guitares et d'autotune. Dans la foulée, il file vers la prison pour de sombres histoires de drogue et de possession d'armes. Huit mois derrière les barreaux durant lesquels "I Am Not a Human Being" viendra orner les rayons des disquaires dans l'indifférence. Le maître, qui jadis lançait les carrières de Drake ou de Nicki Minaj, était dépassé par ses ouailles et tombait de son trône. "Tha Carter IV" en 2011 lui permettait d'y remettre un pied et, le 27 septembre 2012, le rappeur de Louisiane dépassait Elvis au Billboard, devenant avec 109 tubes entrés l'artiste masculin le plus plébiscité depuis l'invention de ce classement. Une victoire qui requinque le bonhomme et lui inspire un "I Am Not a Human Being II" de meilleure qualité.

Excitation donc à l'idée d'enfin découvrir Lil'Wayne sur scène. Crainte aussi, de peur de déchanter. Pourtant, l'apéritif corsé du très bon Mac Miller n'a fait qu'aiguiser notre soif. Et, après le retard de rigueur, enfin il était devant nous. Tous tatouages au vent, les yeux planqués sous ses Ray-Ban et du 24-carats à la place des dents. Puis tous les tubes y sont passés, pas toujours en entier c'est vrai. Avec un son toujours limite à Forest, il faut bien l'avouer. Un concert en dents de scie certes, mais dont les nombreux pics nous ont tout fait oublier. Sans faire d'heures sup' ni de fioritures, Lilou nous a prouvé qu'il n'avait pas volé feu son statut de Best Rapper Alive déchu.

Vivement l'épisode 5, que l'empire contre-attaque.

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