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Quel est le livre le plus misogyne de l'Histoire?

Écrit par un moine dominicain, le "Marteau des sorcières" est devenu pendant deux siècles le manuel des juges lors de la chasse aux sorcières.

Jan Luyken (Domaine public).
Comme Anneken Hendriks à Amsterdam en 1571, de nombreuses femmes ont été brûlées après avoir été accusées de sorcellerie. ©Jan Luyken (Domaine public).

Rome, le 5 décembre 1484. À la demande de l'inquisiteur Heinrich Kramer Institoris, le pape Innocent VIII proclame la bulle Summis desiderantes affectibus. En clair, la sorcellerie est désormais officiellement vue comme "un crime de lèse-majesté".

Innsbruck, février 1486. Heinrich Institoris fait grise mine. Après des mois dans la région, le moine dominicain originaire de Sélestat lance une enquête contre une cinquantaine de suspects. En majorité des femmes. Ses poursuites sont stoppées nettes par l'évêque du coin qui ira même jusqu'à chasser l'inquisiteur de la ville. "Ça s'est mal passé", confirme Franck Mercier, professeur d'histoire médiévale à l'université de Rennes-2 qui a travaillé sur la chasse aux sorcières. "Le Malleus Maleficarum a été le produit d'un échec."

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