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"Les yeux de Mona" de Thomas Schlesser : faut-il lire le phénomène littéraire de la rentrée ?

L'historien d'art Thomas Schlesser offre un conte initiatique efficace pour redécouvrir l'histoire de l'art.

Thomas Schlesser
Thomas Schlesser ©Roberto Frankenberg

"Tout devint sombre. Ce fut comme un habit de deuil." Rien de particulier, pourtant, ne s'était passé. Mona "travaillait sagement à ses mathématiques" sur la table familiale. Elle avait dix ans. Elle était en train de retirer délicatement de son cou "un pendentif qui la gênait" et "sentit une ombre lourde s'abattre sur ses deux yeux, comme s'ils étaient punis d'être si bleus".

Cela durera une heure. Une heure de pénombre avant que la vue revienne et que les médecins, de longs mois durant, et tout au long du roman, s'interrogent sur les raisons de cette cécité momentanée et sur sa possible récurrence. Pour la sauver, offrir à sa vue et à sa mémoire ce qu'il y a de plus beau, Henry, le grand-père de Mona, ne se tourne pas vers les psychologues. Il prendra la main de sa petite-fille, traversera Paris et lui permettra de découvrir chaque semaine une œuvre : au Louvre, au Musée d'Orsay, à Beaubourg. Le roman est d'abord l'histoire d'une complicité grandissante entre un grand-père et sa petite-fille, portés par les merveilles de l'art.

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