Icon payantArticle réservé aux abonnés

Mirage, mon beau mirage

Avec la trajectoire d'un être banal en quête de tropicalité, Philippe Marczewski honore les vertus de la fiction et la truculence.

Mirage, mon beau mirage
©Shutterstock

Après nous avoir invités à sillonner Liège à sa suite dans Blues pour trois tombes et un fantôme (Inculte, 2019), un récit intime qui explorait la ville autant qu'il s'attachait à ses habitants, Philippe Marczewski nous plonge avec Un corps tropical dans une ample fiction où l'imagination est reine.

On y est embarqué à la suite d'un homme falot et sans identité, dont on sait simplement qu'il occupe un emploi subalterne sans grand intérêt, qu'il a dans sa vie "une femme chez qui il vit" et un bébé. Cette existence sans relief ne va pas le rester, sans que rien n'ait été prémédité. Un jour, le correcteur de documents officiels qu'il est reçoit pour mission de délivrer un pli confidentiel en mains propres à une certaine Mme Rovelli. Dont les bureaux jouxtent la piscine d'un parc tropical. Attiré par la promesse d'un moment de volupté et de langueur, il ne résiste pas à l'invitation de la chaleur et de l'eau. Bientôt, les livraisons se répètent au même rythme que ces moments hors du monde et du temps, avec une saveur atypique : "ces quelques heures que je volais à mes employeurs autant qu'à ma famille conservaient le goût pimenté du mensonge et de la dissimulation". Dans ce cocon où il peut s'abandonner à la délectable sensation de n'être qu'un bois flotté, il se découvre "envoûté", tout à son plaisir de jouir du "sentiment fugace de faire l'expérience de la liberté". Il a trouvé là l'espace d'une parenthèse de bien-être qui l'éloigne de son quotidien terne et de ses soucis.

Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.
Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...