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Cuba, envers et contre tout

"Poussière dans le vent" est le nouveau roman de Leonardo Padura. L'écrivain cubain y met en scène des amis confrontés à un dilemme : partir ou rester. Dans son livre comme en entretien, il évoque son pays sans détours.

Marie-Anne Georges, à Paris
Cuba, envers et contre tout
©EFE

L'exil est au centre de Poussière dans le vent, le 13e roman de Leonardo Padura. Bien placé pour en parler, l'auteur cubain (La Havane, 1955) a vu nombre de ses compatriotes – et des membres de sa famille – quitter l'île. Pourquoi, lui, y est-il resté intimement attaché jusqu'à continuer d'y vivre ? "Ma décision de rester vivre à Cuba a plus à voir avec ma profession qu'avec la politique." Et l'écrivain d'insister sur le fait qu'il ne pourrait pas "parler de la réalité cubaine à partir d'un autre endroit qu'un quartier de Cuba – à La Havane, en l'occurrence. À partir de cet angle, je comprends comment les gens pensent, vivent. J'entends comment ils parlent et c'est leur langage que j'utilise pour écrire mes livres. Je vis toujours dans la maison où je suis né. J'appartiens à La Havane, je suis un homme de La Havane." Sans doute écoute-t-il aussi tout ce qui se dit dans les files (de 3, 4 ou 5 heures) qu'avec sa femme il fait pour acheter du yaourt, du poulet ou du papier hygiénique. Leonardo Padura est publié chez Tusquets, une maison d'édition espagnole, et touche donc ses droits d'auteur là-bas tout en payant ses impôts à Cuba comme indépendant.

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