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Marcel Theroux imagine des colons se réfugiant dans le grand Nord, dans l'espoir d'échapper au déclin de leur monde

Marcel Theroux imagine des colons se réfugiant dans le grand Nord, dans l'espoir d'échapper au déclin de leur monde
©Shutterstock

Sa réédition mérite d'être saluée (il est paru chez Plon en 2010), tant Au nord du monde (Far North, 2009) demeure un immense roman : des thématiques abordées à la manière dont elles sont portées, du souffle épique qui porte le texte à la richesse de la personnalité de Makepeace, la narratrice. Elle est la seule de sa famille à avoir survécu. Idéalistes fuyant l'argent, l'avidité, le train-train et la violence en quête d'un monde nouveau, ses parents, forts de leurs convictions, avaient choisi librement de quitter Chicago pour s'installer dans les steppes d'une Sibérie riche de promesses. Mais l'utopie a tourné court. "Peu à peu, avec le temps, il devenait clair que les colons avaient moins de choses en commun qu'ils le croyaient. L'absence au monde accroissait leurs différences." Shérif autoproclamé qui n'hésite jamais à dégainer, Makepeace veille désormais sur une ville fantôme. "En une moitié de vie ou presque, l'endroit était redevenu désert."

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