McConaughey: "Ne plus être amoureux est aussi miraculeux que de tomber amoureux"

Difficile d'imaginer que l'espèce d'homme des bois qui se tient devant nous, barbe et cheveux peu soignés, fait fantasmer une bonne partie de la planète.

Envoyé spécial en France, Patrick Laurent

Difficile d'imaginer que l'espèce d'homme des bois qui se tient devant nous, barbe et cheveux peu soignés, fait fantasmer une bonne partie de la planète. 

Et s'est imposé depuis quelques années comme l'acteur hollywoodien le plus tendance du moment, l'homme qui transforme tous ses projets en Oscars (Dallas Buyers Club), en succès (Interstellar, Le loup de Wolf Street, avec une scène de chant tribal devenue culte) ou en sélections cannoises (Mud, Paperboy, et maintenant La forêt des songes). Matthew McConaughey, c'est une évidence, ne se préoccupe pas des apparences. Pas plus qu'il ne s'offusque des huées qui ont ponctué la projection du film de Gus Van Sant. "Tout le monde a le droit de siffler un film", lâche-t-il placidement.

"Pour moi, ce fut un voyage incroyable, poursuit-il toujours aussi zen. Je suis presque entré en lévitation (cela ne nous étonne pas une seule seconde, ndlr). Mon personnage a beaucoup à apprendre. En quelque sorte, il meurt pour ressusciter."

De fait, le professeur universitaire qu'il incarne dans La forêt des songes se rend au japon pour se suicider dans "l'endroit idéal pour mourir", la forêt d'Aokigahara. Dans l'espoir de rejoindre sa femme avec laquelle il se disputait pourtant beaucoup.

"Je connais beaucoup de couples qui traversent des moments difficiles et qu'une tragédie rapproche. On ne peut pas réparer une relation amoureuse, mais bien trouver une nouvelle forme d'amour. Ce film propose donc une exploration vers l'extérieur et l'intérieur. Mon personnage ne sait pas qui il est ni quoi faire. C'est frustrant. Arthur hésite. Il essaie de se suicider mais il trouve en fait la vie. C'est une histoire qui affirme la vie, après un voyage très pénible. Il finit par prendre conscience de qui il est et il devient plus complet, même si sa femme n'est plus là. Pour moi, ne plus être amoureux est aussi miraculeux que de tomber amoureux."

Là, les aspirines s'imposent. Voire un petit cours accéléré de philosophie hollywoodienne avec Jean-Claude Van Damme. Mais pas le temps d'appeler JCVD : il faut rester "aware" car Matthew McConaughey se sent d'humeur à poursuivre son analyse en profondeur du long métrage. "Ce film m'a surtout rappelé qu'il ne fallait pas attendre une tragédie pour pardonner à quelqu'un ou à soi-même. Nous ne sommes sur Terre que pour une durée déterminée."

C'est sûr. Mais en regardant La forêt des songes, le temps paraît tout de suite nettement plus long…

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