Virginie Efira bouleverse le Lido
Rayonnante, Virginie Efira a été accueillie en star, dimanche soir, sur le tapis rouge de la Mostra. Accompagnée de Roshdy Zem (que l'on reverra en Compétition vendredi, où il dévoilera son propre film Les Miens), l'actrice franco-belge venait présenter Les Enfants des autres de Rebecca Zlotowski, un drame intime où elle se montre déchirante.
- Publié le 04-09-2022 à 21h27
- Mis à jour le 21-09-2022 à 21h17

Efira campe Rachel, 40 ans, prof de français dans un lycée parisien. Celle-ci adore son métier et ses élèves, mais, en ce moment, elle est distraite par les SMS reçus d'un certain "Ali guitare". À son cours de guitare, Rachel a en effet craqué sur Ali (Roschdy Zem), un brillant designer automobile, qui vit seul depuis sa séparation avec Alice (Chiara Mastroianni), la mère de sa petite fille de 4 ans et demi, Leila (craquante Callie Ferreira). Entre Rachel, la Juive, et Ali, l'Arabe, le courant passe immédiatement et, rapidement, les voilà en couple. Rachel demande à rencontrer Leila, dont elle tombe immédiatement sous le charme. Face à cette petite fille pleine de vie, à laquelle elle s'attache de plus en plus, la quadragénaire commence à réfléchir aux choix qu'elle a faits dans sa vie et au fait de ne pas avoir d'enfant. D'autant que son gynécologue, M. Wiseman (le cinéaste américain Frederick Wiseman, en Compétition vendredi avec Un couple, savoureux dans ce rôle inattendu !), lui dit que le temps presse et que ses chances de devenir mère un jour sont minimes…
Drame banal et déchirant
En 2016, Rebecca Zlotowski (Belle épine, Grand central) était venue présenter sur le Lido le très étrange Planétarium, avec Natalie Portman et Lily Rose-Depp. Après Une fille facile, dévoilé à Cannes en 2019, mais resté inédit chez nous, la cinéaste française est de retour à Venise, en Compétition cette fois, avec un nouveau portrait de femme qui a cueilli les festivaliers.
Son film, Zlotowski dit l'avoir voulu comme une "lettre d'amour aux femmes qui n'ont pas d'enfant". Mère sur le tard il y a peu, la réalisatrice de 42 ans aborde, ici, un sujet aussi personnel qu'universel, qui touche de très nombreuses personnes et n'a pourtant quasiment jamais été traité au cinéma. Refusant toute forme de spectaculaire, Les Enfants des autres reste toujours du côté de la vie quotidienne. Les scènes sont simples, souvent anodines : un repas en famille, la petite à aller chercher au judo, des vacances en Camargue… Mais c'est au cœur de cette banalité que se noue le drame intime de l'héroïne. Dans une réflexion innocente de la petite Leila, mais pourtant terriblement blessante. Dans un mot maladroit de son amoureux, qui la fait se sentir étrangère à sa vie et à celle de sa fille. Alors que, comme elle le dit : "C'est aussi ma vie à moi…"
Si l'on vibre sans cesse face à la douleur de cette femme, c'est aussi grâce à la performance de Virginie Efira. Ou plutôt à l'absence de performance… Toujours aussi naturelle, épatante de justesse, l'actrice impressionne par sa retenue, par son intériorité pour nous faire vivre ce drame banal et déchirant.
Avec ce rôle bouleversant, Efira fait en tout cas partie des favorites pour la Coupe Volpi de la meilleure actrice !
