Pedro Almodovar ouvre la 78e Mostra de Venise
Le plus vieux festival de cinéma au monde s'ouvre ce mercredi soir, avec "Madres paralelas" de Pedro Almodovar. Sur le Lido défileront également Jane Campion, Paolo Sorrentino, Pablo Larrain, Stéphane Brizé, Xavier Gianolli ou encore Paul Schrader.
- Publié le 01-09-2021 à 09h24
- Mis à jour le 02-09-2021 à 12h16

À peine eu le temps de se remettre d'un intense 74e Festival de Cannes, déplacé début juillet, que le petit monde du cinéma pose ce mercredi ses bagages sur le Lido, pour la 78e édition de la Mostra del cinema, le plus ancien festival de cinéma au monde. Si la fête s'annonce belle, le ton d'Alberto Barbera, dans son édito, est pourtant tout sauf triomphal. Miné par le reconfinement imposé un peu partout dans le monde à l'automne dernier, le directeur de la Mostra écrit d'emblée ne "plus avoir autant confiance" en l'avenir en raison de la crise du Covid… Laquelle s'invitera évidemment à nouveau sur le Lido. Est-ce par crainte d'être contaminées ? De nombreuses équipes de film se contenteront en tout cas cette année du strict minimum : tapis rouge et conférence de presse, mais pas d'interviews avec la presse internationale (la presse italienne sera sans doute un peu mieux lotie)…
"Encore plus qu'à l'habitude, la programmation de cette année reflète la vocation de la Mostra de donner la voix à une multitude de points de vue, de genres et d'aires cinématographiques", poursuit Alberto Barbera. Ce qu'on pourrait traduire par : moins de stars sur le tapis rouge et la présence de beaucoup de cinéastes peu connus dans les différentes sections… Avec, cette année, la création d'une nouvelle section compétitive aux côtés de la Compétition et des Orrizzonti, les Orizzonti Extra, où le prix du meilleur film sera décerné, non par des professionnels, mais par le public lui-même.
Le retour de Jane Campion pour Netflix
En multipliant les sections annexes (Cannes Première, Cinéma pour le climat, Cinéma de la plage…), Thierry Frémaux a attiré sur la Croisette un nombre impressionnant de films. Barbera a donc dû batailler pour concocter sa sélection 2021. Le programme de cette 78e Mostra, très cinéphile, n'en reste pas moins alléchant.D'ici au 11 septembre, la Compétition accueillera ainsi quelques jolis noms. À commencer par l'Espagnol Pedro Almodovar qui, après avoir offert à la Mostra l'année dernière son magnifique court métrage La Voix humaine avec Tilda Swinton, ouvrira ce mercredi soir le bal avec Madres Paralelas, qui marque ses retrouvailles avec Penélope Cruz et Rossy de Palma.
Parmi les autres films très attendus, on note évidemment le retour au cinéma de Jane Campion, qui dévoilera sur le Lido The Power of the Dog, son premier long métrage depuis Bright Star en 2009, une production Netflix emmenée par Benedict Cumberbatch et Kirsten Dunst. La Néo-Zélandaise est l'une des cinq femmes en Compétition (contre huit en 2020), avec notamment les Américaines Maggie Gyllenhaal (qui présente son premier film The Lost Daughter avec Olivia Colman et Dakota Johnson) et Ana Lily Amirpour (qui présente Mona Lisa and the Blood Moon, avec Kate Hudson).
Kristen Stewart en Lady Di
Autres candidats au Lion d'or, les Français Xavier Gianolli (Illusions perdues avec Cécile de France et Vincent Lacoste) et Stéphane Brisé (Un autre monde, qui réunit Vincent Lindon et Sandrine Kiberlain), le Mexicain Michel Franco (Sundown avec Tim Roth) et l'Américain Paul Schrader, qui dévoilera The Card Counter avec Oscar Isaac (qui partage également avec Jessica Chastain l'affiche de la série HBO Scènes de la vie conjugale, remake du classique de Bergman présenté hors Compétition).
Le Chilien Pablo Larrain fera, lui, à n'en pas douter couler beaucoup d'encre avec Spencer, évocation de la rupture entre Lady Di (campée par une Kristen Stewart mimétique) et le prince Charles.
Cette année, la présence italienne sera particulièrement forte, avec une vingtaine de longs métrages dans les différentes sections, dont cinq en Compétition. On attend évidemment beaucoup du nouveau Paolo Sorrentino, La Main de Dieu, portrait pour Netflix d'un jeune homme de 17 ans dans le Naples des années 1980, où le cinéaste retrouve son acteur fétiche Toni Servillo. Lequel sera omniprésent sur le Lido. On le verra également dans Qui rido io de Mario Martone (où il incarne le dramaturge et comédien napolitain Eduardo Scarpetta) et, hors Compétition cette fois, dans Ariaferma de Leonardo di Costanzo.
"Dune" enfin dévoilé
Hors Compétition, Venise s'est également offert quelques belles cartouches. À commencer par l'avant-première mondiale, attendue depuis de nombreux mois, de Dune, l'adaptation du classique de Frank Herbert signée par le Québécois Denis Villeneuve (déjà auteur de Blade Runner 2049), avec Thimothée Chalamet. Tandis que Ridley Scott dévoilera The Last Duel, qui oppose Matt Damon et Adam Driver dans la France médiévale, et que le Texan David Gordon Green présentera Halloween Kills, le second volet de sa trilogie prolongeant la saga horrifique lancée en 1978 par John Carpenter. Quarante-trois ans plus tard, Jamie Lee Curtis (qui recevra, comme Roberto Benigni, un Lion d'or d'honneur) combat toujours le maléfique Michael Myers… Quand Yvan Attal retrouve, lui, sa femme Charlotte Gainsbourg pour Les Choses humaines, d'après le roman de Karine Tuil.
Enfin, dans la très riche programmation documentaire, la musique sera très présente, avec des films sur Led Zeppelin, l'Hallelujah de Leonard Cohen, le chanteur italien Fabrizio De André, le chef d'orchestre Ezio Bosso, mais aussi un portrait de l'immense compositeur de musiques de films Ennio Morricone réalisé par Giuseppe Tornatore (Cinema Paradiso). Tandis que dans Django & Django de Luca Rea, Quentin Tarantino fera part de sa fascination pour les westerns de Sergio Corbucci, dont le Django (1966) lui inspira Django Unchained en 2012.
Les Belges quasi absents du Lido
Après une année cannoise exceptionnelle, avec pas moins de cinq films belges majoritaires et quatre minoritaires présents dans les différentes sections (dont Les Intranquilles de Joachim Lafosse en Compétition et Mon légionnaire de Rachel Lang en clôture de la Quinzaine des réalisateurs), la moisson vénitienne est nettement plus modeste. Aucun film belge ne concourra en effet sur le Lido lors de la 78e Mostra del Cinema.
On ne retrouve au programme que quatre productions minoritaires : Freaks Out de l'Italien Gabriele Mainetti en Compétition, le documentaire de Giuseppe Tornatore consacré à Ennio Morricone hors Compétition, Ma nuit de la Française Antoinette Boulat aux Orizzonti Extra et enfin Madeleine Collins du Français Antoine Barraud. Présenté en Compétition de la 18e Settimana della Critica, ce thriller intime est porté par Virginie Efira. À l'affiche mercredi prochain de Benedetta de Paul Verhoeven, l'actrice belgo-française sera présente sur le Lido en tant que membre du jury de Bong Joon-ho pour décerner le successeur de Nomadland de Chloé Zhao au Lion d'or. On lira son interview, ce jeudi, dans La Libre
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21 films pour un Lion d'or
America Latina (Italie) de Damiano et Fabio D'Innocenzo
La Caja (The Box) (Mexique) de Lorenzo Vigas
Il Buco (Italie/France/Allemagne) de Michelangelo Frammartino
Captain Volkonogov Escaped (Russie/France) de Natasha Merkulova et Aleksey Chupov
The Card Counter (États-Unis) de Paul Shrader
È stata la manio di Dio (La Main de Dieu) (Italie), de Paolo Sorrentino
L'Événement (France) d'Audrey Diwan
Freaks Out (Italie/Belgique) de Gabriele Mainetti
Illusions perdues (France) de Xavier Gianolli
Leave no Trace (Pologne) de Jan P. Matuszynski
The Lost Daughter (États-Unis) de Maggie Gyllenhaal Premier film
Madres Paralelas (Espagne) de Pedro Almodóvar Film d'ouverture
Mona Lisa and the Blood Moon (États-Unis) d'Ana Lily Amirpour
Official Competition (Argentine) de Mariano Cohn et Gaston Duprat
On the Job : The Missing 8 (Philippines) d'Erik Matti
The Power of the Dog (Nouvelle-Zélande/Australie) de Jane Campion
Qui rido io (Italie/Espagne) de Mario Martone
Reflection (Ukraine), de Valentin Vasyanovych
Spencer (Allemagne/Grande-Bretagne) de Pablo Larrain
Sundown (Mexique) de Michel Franco
Un autre monde (France) de Stéphane Brisé
