Le grand projet du nouveau musée juif de Belgique
Agrandi, rénové dans une architecture contemporaine et dépouillée, le nouveau musée devrait ouvrir en 2025.

- Publié le 03-11-2020 à 09h11
- Mis à jour le 07-11-2020 à 10h05

Le Musée juif de Belgique est installé depuis 2002 (grâce à Jean Gol) à la rue des Minimes, près du Sablon, à Bruxelles. Ce bâtiment de 1901 fut longtemps une école allemande dépendant de l'Allemagne. En quelques années, le musée a largement montré sa nécessité et sa qualité par une suite d'expositions passionnantes, comme celle si belle sur Stéphane Mandelbaum.
Mais ses locaux n'étaient pas adaptés. Le bâtiment à front de rue se délabrait, il manquait un auditorium et une cafétéria, etc. Depuis dix ans, on parlait d'une rénovation-agrandissement. C'est maintenant en route.
Un premier projet avait été choisi en 2011 déjà mais, explique le musée, « le musée et le cabinet d'architectes choisi à l'époque (Matador) se sont séparés d'un commun accord car une vision commune n'a pu être trouvée. Nous avons ensuite accordé une délégation de maîtrise d'ouvrage à Beliris qui s'est occupé de lancer l'appel d'offre européen » (Beliris est le mécanisme public fédéral d'aide au rayonnement de Bruxelles).
Un nouveau concours fut organisé, avec 28 candidatures et le choix final portant sur l'association Tab Architects (un bureau gantois dont les jeunes associés ont travaillé précédemment chez Stéphane Beel), Barozzi Vega (bureau de Barcelone qui a entre autres musées réalisé le nouveau musée des Beaux-Arts de Lausanne dont nous avons parlé en août dernier), et Barbara Van der Wee spécialiste de l'Art Nouveau et de l'Art Deco qui supervisera l'aspect patrimonial.
Un projet de sept millions d'euros payés par Beliris, la Communauté française et le musée lui-même. Les travaux devraient commencer en 2023 et se terminer pour 2025 avec une scénographie de Christophe Gaeta.
Un belvédère
Le projet primé maintient la façade néo-classique mais y ajoute -signature visuelle- un « belvédère » visible de loin, à l'architecture très épurée, avec une salle polyvalente (un auditoire de 250 places) et une loggia-terrasse offrant des beaux panoramas sur Bruxelles, le Palais de Justice et les Marolles.

Au rez-de-chaussée, la façade s'ouvrira davantage sur le quartier avec de grandes vitrines rappelant les anciennes vitrines de magasins de ce bâtiment. On trouvera à ce niveau, la billetterie, la cafétéria, le patio, le book-shop. Le nouveau musée se veut résolument ouvert sur l'extérieur, accueillant pour tous, mais sans oublier la sécurité et le maintien d'un sas d'entrée (chacun se souvient du terrible attentat de 2014).

Le nouveau musée sera organisé sur six étages (contre cinq actuellement) de 300 m2 chacun avec des espaces ouverts et dépouillés à l'opposé des espaces cloisonnés actuels.
Sous le bâtiment et le patio on trouvera une grande salle de 360 m2, polyvalente, pour les expositions temporaires, un espace partiellement visible depuis la rue.
L'expo permanente qui présente les cultures juives (les collections du musée sont très riches) sera répartie du 1er au 4e page avec une aménagement « sobre et souple ».

Pour Kristiaan Borret, le Bouwmeester bruxellois qui a supervisé le concours, « la nouvelle image donnée au musée s'inspire de l'architecture existante tout en convoquant l'imaginaire d'architectures lointaines : l'objet a une présence forte et mystérieuse à la fois. Il interpelle, suscite la curiosité, invite à la découverte, ce qui est particulièrement adéquat pour un musée de civilisation. Le dialogue entre l'existant et la nouvelle intervention n'est jamais univoque. »