Un avant-goût du futur AfricaMuseum

- Publié le 12-08-2018 à 17h09
- Mis à jour le 12-08-2018 à 17h10

Le Palais d'Egmont lève un coin du voile sur la présentation du futur musée.Le 8 décembre, après cinq ans de travaux, le musée d'Afrique centrale à Tervuren rouvrira ses portes sous le nouveau nom d'AfricaMuseum. Si on a déjà abondamment expliqué l'architecture du nouveau musée, son extension due à Stéphane Beel, le souterrain qui joindra le nouveau bâtiment à l'ancien, il restera à découvrir l'essentiel : la présentation des collections et expositions. Comment va-t-on concilier le patrimoine si riche, le passé (y compris colonial), avec les interrogations et l'art d'aujourd'hui ?
Le musée précise qu'il "soulève déjà un coin du voile sur la nouvelle approche du musée rénové" dans la petite mais belle exposition - gratuite - qui se tient tout l'été dans les ors du Palais d'Egmont à Bruxelles.
Ce "temple" de la diplomatie a une histoire aussi riche que celle du musée historique de Tervuren. Chaque été, une exposition s'y déroule. Elle permet au public de découvrir en même temps ce lieu des grandes rencontres diplomatiques.
Une vingtaine d'œuvres ont été disposées dans les couloirs, les escaliers et salles, mêlant le patrimoine à beaucoup d'œuvres contemporaines. Si le nouveau musée suit cette approche, ce sera de fait une vraie révolution, avec une présentation totalement "décolonisée", qui veut susciter le questionnement et le dialogue plus qu'imposer des réponses. On jugera le 8 décembre.
Dans la cour du Palais, on a placé l'ironique "Wir" d'Aimé Ntakiyica : un arrêt de bus comme les autres à Bruxelles, mais les publicités, les costumes photographiés et les destinations sont d'Afrique. L'œuvre s'intitule "Nous" ("Wir") car, dit l'artiste, " Qu 'est-ce qu'une culture européenne, qu'est-ce qu'une culture africaine, qu'est-ce qu'une culture nationale actuellement ?"
Le fauteuil de Mobutu
A côté de plusieurs œuvres présentées, le musée a eu la bonne idée de demander des commentaires à des personnalités extérieures. A côté d'un Chéri Samba, un tableau de Chéri Cherin, peint à la manière de peintres populaires, exprime "Le Chemin de l'exil" incessant entre Kinshasa et Brazzaville. L'écrivain In Koli Jean Bofane commente les regards "déterminés" de ces exilés. Notons que pour la rentrée littéraire, In Koli Jean Bofane publie un délicieux roman : "La Belle de Casa".
Les artistes belges Sarah Vanagt et Maarten Vanden Eynde apportent leur regard. Ce dernier a fait réaliser en malachite, par des artisans congolais de Ruashi, nos objets électroniques (laptop, smartphone, etc.) montrant que ceux-ci pillent les ressources du Congo.
Aimé Ntakiyica présente aussi son "Magritte". Il s'approprie son célèbre tableau "Le fils de l'homme" mais en fait un Africain.
Plus loin, sur un socle, est posé, "le fauteuil de Mobutu", satire de l'ex-président, avec un siège en peau de léopard sur une brouette, et réalisé par Iviart Izamba Zi Kianda.
Sammy Baloji et Aimé Mpane sont là aussi, parmi des objets aussi historiques que les zèbres et lion empaillés et de superbes masques Yaka, Lega et Pende.Guy Duplat
AfricaMuseum@egmontpalace, Palais d'Egmont, Petit Sablon, Bruxelles, jusqu'au 31 août, de 12 h à 18 h, fermé les samedis et dimanches et le 15 août.