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Mort à Venise, Richard Wagner avait une dernière volonté: malgré les efforts de sa famille, celle-ci n'a pu être respectée que durant 30 ans

Morts emblématiques (5/5). Il est une fin dont personne ne réchappe. La mort, pourtant loin de sonner le glas d'un destin, a fait entrer certains artistes dans la légende. Le 13 février 1883, le plus allemand des compositeurs meurt dans la cité des Doges. La légende peut commencer.

Nicolas Blanmont
Richard Wagner photographié à Munich en 1871 par Franz Hanfstaengl.
Richard Wagner photographié à Munich en 1871 par Franz Hanfstaengl. ©Franz Hanfstaengl

Mort à Venise ? Oubliez Thomas Mann, qui n'écrira qu'en 1912 la nouvelle qui inspirera un film à Visconti et un opéra à Britten. Quand Richard Wagner, à quelques semaines de son septantième anniversaire, rend le dernier soupir, emporté à 69 ans par une crise d'angine de poitrine, au Palazzo Vendramin, sur le Grand Canal, il est là pour travailler.

La Venise du XIXe siècle n'a plus la renommée internationale qu'elle avait sous le gouvernement des Doges, et l'époque est révolue où les plus grands compositeurs italiens – de Monteverdi et Cavalli à Verdi, en passant par Rossini – y créaient leurs opéras. Mais le tourisme de masse est bien loin d'avoir été inventé, et la ville peut faire figure de belle endormie. Plus belle sans doute que Bayreuth, cette très modeste bourgade de l'est de la Bavière où le très volontariste compositeur avait, douze ans plus tôt, jeté les bases de ce qui deviendrait, après sa mort, un empire musical.

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